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Les Missions

Nos Missions

Toulouse

Depuis 1992, Médecins du Monde Midi-Pyrénées assure deux sorties de rue par semaine à Toulouse, en partenariat avec le GAF, une association d’anciens SDF. Centre d’Accueil de Soins et d’Orientation - 5 bd de Bonrepos - Tél : 05-61-63-78-78

Mobilisation

09/01/2008 Les tentes des SDF à Paris : le métissage fécond du secteur associatif > Par Dr Pierre Micheletti

Durant l’hiver 2005, Médecins du Monde, à l’initiative de sa mission SDF de Paris, initie une opération visant à mettre en exergue la situation des sans-abri de la capitale. Elle repose sur la mise à disposition de quelques centaines de tentes à des personnes repérées par nos équipes sur le territoire de la ville.

Presse

26/11/2008 L'Etat veut-il réduire au silence les associations ?

Médecins du Monde continue de dénoncer la politique saisonnière et partiellement efficace vis-à-vis des personnes à la rue et poursuit son action de protection des sans-abri en installant des tentes partout où cela est nécessaire.

10/08/2007 Sans-abri : évacuation des tentes

Paris, le 10 août 2007 - Depuis une semaine, la police retire les tentes distribuées par MDM à des personnes sans abri dans la capitale, sous le Pont Marie, mais aussi dans les 14ème et 18ème arrondissements.

15/06/2007 MDM / SDF : menaces d'évacuation des tentes

Sans-abri : à l’approche de l’été, les pouvoirs publics continuent de privilégier l’évacuation des tentes sans proposer de solutions, malgré les engagements pris. Depuis quelques jours, les personnes vivant sous les tentes dont celles distribuées par Médecins du Monde font état de pressions pour qu’elles évacuent les tentes...

19/12/2006 A défaut d'un toit une toile de tente - 21 décembre 2005 - 21 décembre 2006

19 décembre 2006 - L'association a distribué en un an, près de 400 tentes essentiellement aux personnes sans-abri refusant de se rendre dans des centres d'hébergement d'urgence, non adaptés à leurs besoins (durée de séjour, intimité, sécurité, hygiène, sexe, couples...).

10/01/2007 Sans-abri : réaction au plan gouvernemental

Paris, le 9 janvier 2007 - Voici un an, Médecins du Monde a lancé l'opération « A défaut d'un toit, une toile de tente », destinée à apporter protection et visibilité aux sans-abri auprès de l'opinion publique et des décideurs politiques.

Témoignage

Maraude de nuit à Strasbourg

Deux soirs par semaine, à bord d'une ambulance, les bénévoles de MdM vont à la rencontre des personnes SDF, dormant dans la rue. L'opération se déroule en liaison étroite avec le 115 qui signale les lieux et quartiers où les personnes se trouvent.

Un soir auprès des sans-abri - Paris, 15 décembre 2006

Les équipes de MdM ont distribué 400 tentes aux sans-abri de la capitale depuis le 21 décembre 2005.


Mission Sans abri et mal-logés

CHIFFRES

Nombre de sans-abris en France : 86 500 personnes (sourec Insee, 2001)
Nombre de mal-logés : 3,2 millions (source Fondation Abbé-Pierre, 2006)
Pathologie les plus fréquentes : Infections respiratoires, asthme, angoisse-stress-troubles somatiques, syndrome dépressif, affections dents-gencives, troubles de la fonction gastrique, syndromes dorsolombaire, parasitoses/candidoses, infections cutanées, hypertension artérielle...

Nombre de missions : 24
Nombre de bénévoles : 324
Bénéficiaires : 21.000
Contacts avec les SDF : environ 10 000, 17,8% des personnes vues dans les CASO sont des SDF et 43,4% vivent dans des logements précaires
Caractéristiques : des SDF reçus dans les CASO : 26% sont des femmes, 60% ont moins de 35 ans; 8,6% sont mineurs, 75% n'ont pas de droits ouverts à la couverture maladie
Sources de financement : Groupements Régionaux de Santé Publique, Conseils généraux, Conseils régionaux, Mairies…
Partenariats principaux : Fondation Abbé Pierrre, Secours catholique, Emmaüs, Crois-Rouge, Restos du Coeur, Samu social, le DAL, associations locales (la Péniche, les Amis de la rue, le Fournil, le GAF, Enfants du monde, Droit de l'homme, EMDH...)

Le droit au logement est un droit fondamental. Pourtant, de nombreuses personnes n’y ont toujours pas accès aujourd’hui. La France compte encore près de 3 261 600 personnes non ou très mal logées.

L’initiative de MdM en 2006, consistant à distribuer plus de 400 tentes aux personnes sans abris, a été l'un des détonateurs du très actuel débat public sur cette problématique. Aujourd’hui encore et malgré les annonces gouvernementales, la grande majorité des patients vus par MdM France sont sans-abri ou demeurent dans des logements précaires.

Les populations victimes de l’exclusion sociale

(Angoulême, Ajaccio, Bordeaux, Calais, Grenoble, Le Havre, Lyon, Marseille, Metz, Montpellier, Nancy, Nantes, Nice, Paris, Poitiers, Réunion (St. Denis), Strasbourg, Toulouse, Valenciennes)

Activités:

Faire du logement un droit effectif et opposable

Depuis 1993, les équipes mobiles vont à la rencontre des personnes sans abri souvent fragiles et marginalisées qui peinent souvent à s’adresser aux structures de droit commun.
Les objectifs sont :

• repérer les personnes fragilisées nécessitant un accompagnement vers les structures médico-sociales
de droit commun et associatives susceptibles de les prendre en charge ;
• organiser des consultations médicales, de prévention et sociales ;
• informer les personnes sur leurs droits et les accompagner dans leurs démarches si nécessaire ;
• recevoir dans les centres de soins de MdM ceux qui ne bénéficient pas de droits ouverts en attendant
qu’ils recouvrent leurs droits à une couverture maladie.

A partir de sa mobilisation sur le terrain tout au long de l’année et dans toute la France, MdM témoigne des conséquences néfastes sur la santé du non ou mal logement et assure des veilles sociales dans le cadre de maraudes, des consultations médicales dans des centres d’hébergements, lits halte soins santé…

Les perspectives:

• Poursuivre nos actions de soins, de prévention et d’accompagnement ;

• Continuer l’action politique auprès des institutions pour répondre aux besoins des sans abri et développer les équipes mobiles institutionnelles ;

• Amorcer le désengagement des équipes bénévoles des structures lits halte soins santé qui entrent progressivement dans le droit commun.

Photo : Bruno FERT

Cette année, les Sans domicile fixe aimeraient bien vous laisser un autre souvenir. Parce qu'il n’y pas de santé sans toit, Médecins du Monde demande que les sans-abris aient un logement comme tout le monde.

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Faciliter la prise en charge des sans-abri

SANTÉ MENTALE / À Marseille, aller à la rencontre de personnes de la rue est indispensable car les dispositifs institutionnels ne proposent pas de prise en charge médico-psycho-sociale adaptée à leurs besoins.

Le logement et la santé sont des droits fondamentaux. Et ne pas avoir d’abri rend
malade. La vie dans la rue, la précarité, les retards dans la prise en charge médicale favorisent les infections, les traumatismes, les maladies du système digestif, respiratoires, dermatologiques, les pathologies neuropsychiatriques (dépendances,
schizophrénie), l’alcoolisme et les états dépressifs. La mission SDF de Marseille a été créée en 2003 après le décès d’une personne vivant dans la rue ; elle permet de
soigner une population exclue du système de santé faute de papiers, de logement, d’adresse fixe, de droits ouverts à une couverture maladie. La nouveauté de cette
mission a consisté à sortir du centre de soins pour aller à la rencontre de ces personnes, souvent trop fragilisées pour s'y rendre ellesmêmes. « Notre but n’est pas de les soigner dans la rue, explique Sophie Beau, coordinatrice locale de la
mission France, mais de leur faire prendre en considération des problèmes de santé qui ne sont pas leur priorité car ils sont dans une logique de survie au quotidien. »
Raymond Négrel, infirmier psychiatrique coresponsable de la mission, ajoute : « Il faut du temps pour tisser un lien entre eux et nous lors des maraudes. On essaie
de faire en sorte que la demande de prise en charge vienne d’eux. Cela n’est possible que lorsque la confiance est instaurée. Nous ne forçons jamais. »

UNE BATAILLE PERMANENTE

Parmi les exemples illustrant la difficulté d’accès aux soins, le cas de J., 24 ans, délirant et catatonique. Malgré une recommandation d’hospitalisation à la demande d’un tiers (HDT), le patient est sorti des urgences en pleine nuit, à 10 km du centreville. Notre équipe a ainsi perdu avec cet homme un contact difficilement noué durant un an de travail. Il y a encore, de la part des personnels médicaux, une stigmatisation et une méconnaissance de cette population et bien souvent l’incapacité à prendre en charge conjointement les problématiques médicales et sociales, pourtant complètement imbriquées. « C’est pour cela que nous faisons essentiellement le relais vers le centre d’accueil, de soins et d’orientation deMdM, qui est la structure la plus adaptée pour recevoir les gens. Elle permet une prise en charge globale : médicale, mais aussi psychologique et sociale, poursuit Sophie Beau. À Marseille, le chantier est immense. Nous cumulons les pénuries en termes d’accès aux droits et aux soins. On ne peut pas tout assumer à la place du service public. Il a fallu attendre cet été pour obtenir
l’ouverture de la première PASS médicalisée (Permanence d'accès aux soins de santé) à l’hôpital de La Conception alors que le dispositif est prévu dans les textes de loi depuis 1998 ! Nous travaillons aussi avec l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille pour mettre en place une prise en charge spécialisée de la psychiatrie dans la rue. »

Stéphanie Lelong - Extrait de "Médecins du Monde journal destiné aux donateurs" N°88

L'URGENCE EN FRANCE

Aider les SDF : une précieuse mission

« Nous avons rencontré Béatrice à la gare, lors d'une tournée. Elle était enceinte, mais elle ne savait pas exactement de combien et n'avait jamais été suivie. Ce qui m'a frappée, c'est qu'elle avait les bras tout griffés. Notre médecin a pensé qu'il s'agissait d'une malade mentale. En discutant avec Béatrice, je me suis rendue compte que c'était simplement sa façon d'exprimer son angoisse. Elle venait d'arriver à Poitiers, ne connaissait personne, n'avait pas de logement, pas de revenu, pas de papiers et elle attendait un bébé. Qui ne serait pas angoissé dans une telle situation ! C'est l'une des situations de détresse les plus grandes que j'ai jamais rencontrées. J'ai orienté Béatrice vers notre centre de soins. Avec la sage-femme et l'assistante sociale de la mission, nous l'avons remise d'aplomb. Récemment, elle est venue pour nous remercier. Elle avait un logement, un travail, des papiers, et elle tenait dans les bras un magnifique bébé. C'est avec des personnes comme elle que je mesure à quel point notre mission auprès des SDF est précieuse ! » Marie-Thérèse Raymond, psychologue, responsable de la mission auprès des SDF à Poitiers

« C'est l'une des situations de détresse les plus grandes que j'ai jamais rencontrées ! »

chiffres clés :
- en 1993 : 21 programmes de la Mission France, dont 1 seul programme mobile allant à la rencontre des plus exclus.
- en 2006 - 2007 : 80% des actions sont des programmes mobiles permettant aux équipes de soigner les plus démunis

Aller vers les plus marginalisés

« La plupart de nos missions répondent à une urgence sanitaire ! », martèle Nathalie Simonnot, responsable de la coordination Mission France. Les premiers centres de soins ont ainsi permis, dès 1986, de soigner une population en réel danger car elle était exclue de notre système de santé, faute de papiers, d'adresse fixe, de droits à jour… Et de mettre en lumière cette situation intolérable !
Aujourd'hui, grâce à cette dénonciation, des solutions de prise en charge médicale ont été mises en place par les pouvoirs publics. Même si elles sont incomplètes, elles ont amené la Mission France à se tourner vers des populations encore plus marginalisées… « Notre grande évolution a consisté à sortir des centres de soins pour aller vers les plus menacées et les plus exclus », souligne Nathalie Simonnot. Partout en France, ces actions mobiles se multiplient, au point de représenter désormais 80% des missions : tournées auprès des « SDF » et dans les squats pour réconforter ces populations marginales et orienter ceux qui en ont besoin vers des centres de soins ; missions auprès des toxicomanes et des prostituées pour réduire les risques de contamination ; présence dans les raves pour limiter les risques liés à la consommation de drogues ; interventions dans les camps de Roms pour assurer une continuité de soins ; actions dans les immeubles insalubres pour dénoncer les risques de saturnisme liés à la présence de peinture au plomb dégradée…
La Mission France se mobilise également dans l'urgence, lors de catastrophes comme les inondations dans le Gard ou l'explosion de l'usine AZF à Toulouse. « Dès le lendemain de l'explosion, nous avons monté une grande tente au cœur du Mirail, un quartier défavorisé où les dégâts étaient très importants », se souvient Pascale Estecahandy, alors déléguée régionale de Médecins du Monde. « Pendant 15 jours, nous avons accueilli de jour comme de nuit ceux qui étaient choqués, orientés les blessés vers les hôpitaux proches, pris en charge les enfants souffrant de psychotraumatisme, participé à des réunions de coordination avec les associations et les institutions également présentes sur le terrain, comme pour une mission d'urgence à l'étranger ! » Et comme à l'étranger, la Mission France sait également se désengager progressivement, lorsque l'urgence s'éloigne, en passant le relais à des partenaires locaux.
Philippe Granjon

Extrait de "Médecins du Monde journal destiné aux donateurs" N°81

Août 2008