URGENCE COLOMBIE : AIDEZ-NOS EQUIPES A AGIR EN URGENCE

Tanzanie

© Chien-Chi Chang

57 %

des 300 000 personnes qui s’injectent des drogues vivent avec le virus de l’hépatite C en Tanzanie ; 

39 %

des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi des violences basées sur le genre

1/4  

des femmes sont enceintes avant l’âge de 19 ans en Tanzanie. 

Médecins du Monde met en œuvre divers programmes d’aide au développement en Tanzanie pour soutenir les populations. Découvrez nos actions ci-dessous.

LA SITUATION HUMANITAIRE EN TANZANIE

  • OBSTACLES À L'ACCÈS AUX SOINS DES PERSONNES USAGÈRES DE DROGUES

    La Tanzanie constitue un point de transit majeur pour le trafic d’héroïne en provenance d’Asie centrale, où l’usage de drogues s’est largement répandu. Le pays compte plus de 300 000 personnes usagères de drogues, dont environ un dixième consomme par injection. Malgré l’existence de services spécifiques de prévention et de prise en charge, plus d’un tiers des personnes qui s’injectent des drogues vivent avec le VIH et un quart avec l’hépatite C. Le coût élevé du dépistage et du traitement de l’hépatite C – par ailleurs longtemps peu disponibles dans le pays – constitue un obstacle majeur à l’accès aux soins pour la majorité des personnes concernées. 

    La stigmatisation et les discriminations, fréquentes tant au sein des services de santé que dans la société, représentent des barrières supplémentaires. Par ailleurs, le cadre juridique et le contexte politique répressif renforcent la marginalisation des individus et leur exclusion des dispositifs de soins. Des situations similaires sont observées dans les pays voisins, notamment au Rwanda et au Burundi. Malgré des besoins importants, l’offre de services de réduction des risques y demeure quasi inexistante. 

  • GROSSESSES PRÉCOCES, MORTALITÉ MATERNELLE

    En Tanzanie, les adolescentes et les jeunes femmes rencontrent des difficultés d’accès aux services de santé sexuelle et reproductive, ce qui se traduit par des comportements sexuels à risque et un taux élevé de grossesses non désirées chez les adolescentes. 

    Bien que la Tanzanie soit l’un des pays de la région où les contraceptifs modernes sont parmi les plus accessibles, elle figure également parmi ceux où leur utilisation reste faible. Parmi les femmes âgées de 15 à 49 ans, seules 31 % utilisent des méthodes contraceptives modernes. On estime qu’environ un tiers des décès maternels sont liés à des avortements pratiqués dans des conditions non sécurisées. Le pays a enregistré une réduction de cette mortalité, qui s’élève encore à 104 décès pour 100 000 naissances vivantes – les Objectifs de développement durable visant à le ramener en dessous de 70 d’ici 2030. 

    De plus, le taux de fécondité des adolescentes est d’environ 113 naissances pour 1 000 filles âgées de 15 à 19 ans, un niveau supérieur aux moyennes régionales. Les grossesses précoces sont plus fréquentes chez les adolescentes vivant en milieu rural, ayant un faible niveau d’éducation et issues de ménages défavorisés. Elles sont étroitement liées au mariage des enfants, près de 30 % des femmes âgées de 20 à 24 ans ayant été mariées avant l’âge de 18 ans. 

  • VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES

    Les grossesses précoces, la mortalité maternelle et les violences basées sur le genre constituent des problématiques interconnectées en Tanzanie, affectant de manière disproportionnée les adolescentes et les femmes les plus vulnérables, notamment celles issues de milieux défavorisés, vivant en zones rurales et ayant un faible niveau d’éducation. 

    En outre, les violences basées sur le genre et les violences sexuelles sont largement répandues et constituent à la fois des facteurs de risque et des conséquences des grossesses précoces ainsi que des mauvais indicateurs en matière de santé maternelle. 27 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans, et 12 % ont été victimes de violences sexuelles au cours de leur vie. 

    Les violences exercées par un partenaire intime révèlent des niveaux encore plus élevés, avec près de 39 % des femmes ayant été mariées ou en couple ayant subi des violences physiques, sexuelles ou émotionnelles, un taux supérieur à la moyenne mondiale.

© Agnes Varraine Leca

NOTRE ACTION HUMANITAIRE EN TANZANIE

En Tanzanie, Médecins du Monde fournit une assistance médicale aux groupes les plus vulnérables, notamment les personnes usagères de drogues, les travailleuses et travailleurs du sexe, les personnes LGBTQI+ et les adolescentes à risque. En partenariat avec des acteurs locaux, l’organisation propose des services de réduction des risques, facilite l’accès aux droits et apporte un soutien en santé sexuelle et reproductive aux personnes dans le besoin. 

La réduction des risques chez Médecins du Monde

  • RÉDUCTION DES RISQUES LIÉS À L'USAGE DE DROGUES

    Médecins du Monde intervient auprès des personnes usagères de drogues à Dar es Salaam afin de leur offrir un accès simplifié au dépistage et au traitement de l’hépatite C, et d’introduire des approches innovantes concernant les traitements de substitution aux opioïdes et les activités d’échange de seringues.

    De plus, le travail de l’association a permis de dépister les IST chez 369 bénéficiaires, dont 195 ont été testés positifs et traités, et 69 bénéficiaires ont complété les trois doses du vaccin contre l’hépatite B. 120 personnes, dont des éducateurs pairs, des infirmiers et d’autres prestataires de soins de santé, ont été formés à la réduction des risques, et 17, dont 9 éducateurs pairs, 6 professionnels de santé et 2 enseignants aux enjeux liés à la santé sexuelle et reproductive. 

    À la demande des autorités et des acteurs de la société civile, Médecins du Monde apporte également une assistance technique aux programmes de réduction des risques mis en œuvre par des organisations locales au Rwanda et au Burundi. L’association a ainsi soutenu le gouvernement du Burundi dans la mise en place d’une clinique spécialisée dans les traitements de substitution aux opioïdes, et a collaboré avec quatre acteurs de la société civile au Rwanda pour soutenir un projet de réduction des risques liés à l’usage de drogues. 

  • RENFORCEMENT DE L'ACCÈS AUX DROITS ET À LA SANTE SEXUELLE ET REPRODUCTIVE

    Médecins du Monde, en partenariat avec des acteurs locaux, intervient à Dar es Salaam et Dodoma afin d’améliorer l’accès aux droits et à la santé sexuelle et reproductive des adolescents, des jeunes, des populations vulnérables clés et des communautés mal desservies.

    L’association forme des enseignants et des éducateurs pairs, mène des activités de sensibilisation dans les écoles et les communautés, et organise des « cliniques jeunes du week-end » et des services mobiles offrant contraception, dépistage et traitement des IST ainsi que des conseils. Enfin, les équipes de Médecins du Monde forment les prestataires aux soins liés à l’avortement et au post-avortement et organisent des sessions de renforcement des capacités afin de réduire la stigmatisation. 

    85 352 adolescents et jeunes ont ainsi été concernés en 2025, 63 128 ont accédé à différents services de planification familiale et 4 504 ont été dépistés pour le VIH.  

  • 342 542

    bénéficiaires en 2025.

342 542

bénéficiaires en 2025.