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République Démocratique du Congo

© Luc Valigny

27 MILLIONS

de personnes ont besoin d’une aide humanitaire au Congo dont 1.7 millions dans le Tanganyika et 2.4 millions à Kinshasa.

5,7 MILLIONS

de déplacés internes.

522 803 PERSONNES

réfugiées / en demande d’asile.

Face aux urgences, Médecins du Monde mène divers programmes d'aide humanitaire. Découvrez nos actions et missions en République démocratique du Congo ci-dessous.

AIDE HUMANITAIRE AU CONGO : LA SITUATION ACTUELLE

La République Démocratique du Congo (RDC) connaît l’une des crises humanitaires les plus complexes et prolongées dans le monde. Cette crise prend différentes formes et les besoins humanitaires sont criants. Mouvements de population, insécurité alimentaire aiguë, malnutrition aiguë, épidémies, guerre civile, affrontements, conflits interethniques, non-respect des droits humains et problématiques de protection sont les éléments les plus préoccupants.

L’année 2022 a connu d’importantes tensions politiques avec une résurgence des conflits à l’Est du pays notamment avec la réémergence du groupe armé M23. Au contexte politique complexe s’ajoute une crise économique, sociale et humanitaire. La persistance des conflits armés et intercommunautaires a entraîné des conséquences lourdes dans le pays, particulièrement dans l’est. Parmi les 5,7 millions de personnes déplacées en RDC, près de 4 560 000 ont directement fui les violences, le conflit et les affrontements à l’est du pays, dont 2 millions depuis janvier 2022. C’est dans cette zone que se concentrent 97% des violences recensées en RDC. Cette insécurité vient s’ajouter aux problèmes existants, alourdissant le bilan humain.

La RDC prépare actuellement les élections présidentielles prévues en 2023, clés pour le développement du pays et symbole d’espoir pour les citoyens congolais. Au niveau socio-économique, malgré une croissance à la hausse et des efforts en termes de politiques publiques, la majorité de la population congolaise reste confrontée à la pauvreté, un taux de chômage élevé, surtout parmi les jeunes, et un accès limité aux services, infrastructures de base et institutions qui sont très précaires.

LES BESOINS EN ASSISTANCE HUMANITAIRE EN RDC

  • MALNUTRITION

    La situation de l’insécurité alimentaire est alarmante, le HRP fait état d’1 personne sur 4 souffrant d’insécurité alimentaire dans le pays. Le cluster nutrition lui, indique qu’environ 6,1 millions de personnes ont des besoins en soins nutritionnels, en particulier ceux qui ont fui les zones de conflit. Sur les 27 millions de personnes ayant besoin d’aide humanitaire au Congo, 27 millions personnes sont en état de crise alimentaire. Les indicateurs de la sécurité alimentaire, tels que la consommation alimentaire, le score de diversité alimentaire, les stratégies de survie basées sur la consommation alimentaire et celles basées sur les moyens d’existence sont désastreux.

  • SANTÉ PRIMAIRE

    Actuellement, environ 8,9 millions de personnes ont besoin de soins médicaux vitaux en RDC qui font face à des obstacles à l’accès aux services de santé en raison des difficultés de mouvement, du manque de systèmes d’accueil adaptés, ou du peu de soins spécialisés disponibles. On estime que 27% des structures sanitaires disposent des équipements essentiels et 20% seulement de médicaments essentiels. Dans le domaine de la santé, le renforcement des soins de santé primaires reste une problématique majeure. Par ailleurs, le pays reste confronté à des catastrophes naturelles et conflits, ainsi qu’à des épidémies, qui représentent un poids supplémentaire pour assurer la continuité de la fourniture de soins de santé de qualité.

  • DROITS, SANTÉ SEXUELS ET REPRODUCTIFS

    En 2022, le sous-cluster VBG estime que 7 346 885 personnes sont à risque de violences basées sur le genre (VBG) en RDC, soit une augmentation de 5% par rapport à 2021. Les violences basées sur le genre sont profondément enracinées dans les structures, normes et valeurs sociales et culturelles qui régissent la société, et sont exacerbés par l’insécurité provoquée par les conflits armés et intercommunautaires, les catastrophes naturelles, les mouvements de population ainsi que l’effondrement ou l’absence des mécanismes communautaires de protection.

     

    Au-delà des violences physiques ou sexuelles, il existe aussi des violences du quotidien, qui impactent largement les jeunes femmes et filles congolaises,. étant les principales victimes. Elles sont ainsi confrontées aux inégalités de genre, aux barrières socio-économiques et aux stéréotypes largement ancrés dans la société ; elles manquent d’accès à l’éducation, à l’information et par conséquent, à des services de santé. Le manque d’information sur les droits et santé sexuels et reproductifs menace directement le droit des femmes à disposer librement de leurs corps et de prendre des décisions éclairées. Ainsi, seulement 31% des femmes et des filles en RDC prennent elles-mêmes des décisions sur leur santé, y compris concernant le choix d’avoir un enfant ou non ou encore d’espacer les naissances avec des méthodes de contraception. Plus frappant encore, seulement 16% des femmes âgées de 15 à 49 ans en RDC utilisent une méthode moderne de contraception.

© Olivier Papegnies

L’ACTION HUMANITAIRE ET AIDE DE MÉDECINS DU MONDE EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Présent en RDC depuis 1994, MdM est intervenu dans diverses provinces (Kinshasa, Nord et Sud Kivu, Tanganyika).

À  Kinshasa depuis plus de 10 ans, MdM a mis en place un programme à destination des jeunes et adolescents de la capitale qui permet d’accroitre leur accès aux services de qualité en Santé Sexuelle et Reproductive et mène également un programme en santé et environnement pour sensibiliser les maraichers sur les risques liés à l’usage des pesticides, améliorer l’accès aux soins, veiller à la protection de ces travailleurs et inciter le passage au bio pesticides. A l’Est de la RDC, le réseau MdM a décidé de réorganiser sa répartition géographique afin de répondre à une couverture plus large des besoins sur l’ensemble du territoire.

UN PROGRAMME D'URGENCE HUMANITAIRE DANS LA PROVINCE DU TANGANYIKA

MdM-F est présente au Tanganyika depuis mai 2019 avec un bureau à Kalemie et un sous bureau à Nyunzu pour couvrir les besoins de santé de base des populations hôtes et des Personnes Déplacées Internes (PDI) affectées par les conflits intercommunautaires et d’autres crises dans la province. Le Tanganyika est caractérisé par une insécurité due aux conflits intercommunautaires, braquages entre miliciens et FARDC. Les groupes armés commettent fréquemment des violations du droit international. Les besoins humanitaires sont critiques et les capacités provinciales limitées en matière de santé, de nutrition et de protection dans un contexte sécuritaire préoccupant. Les difficultés structurelles sont nombreuses et freinent considérablement le développement des structures de santé qui sont très précaires, voire inexistantes.

  • Renforcement du système de santé en contexte d’urgence

    L’intervention de MdM vise à garantir l’accès gratuit aux Soins de Santé Primaires et aux soins nutritionnels à travers la dotation d’équipements et approvisionnement en médicaments et consommables médicaux.

     

    Le projet offre la gratuité des soins dans les 11 centres de santé (dont 3 centres de santé de référence) qu’il accompagne. Dans le Centre de Santé, les patients a des consultations curatives y compris la prise en charge du paludisme, de la Malnutrition Aigüe Sévère pour les enfants de moins de 5 ans et les Femmes Enceintes et Allaitantes, la prise en charge médicale et psychosociale en santé sexuelle et reproductive. En ce qui concerne les centres de santé de référence, ils prennent en charge des urgences vitales.

  • Appui nutritionnel pour les populations affectées par les conflits intercommunautaires

    L’insécurité alimentaire et la dénutrition sont généralisées et chroniques. Médecins du Monde concentre ses efforts dans la détection systématique des cas en milieu hospitalier et à travers la recherche active des cas dans la communauté via les Relais Communautaires et la prise en charge de ces cas dans les structures appuyées, toujours avec un système de référencement pour les cas les plus sévères.

  • Réponse aux épidémies

    Le Tanganyika a été touché par plusieurs épidémies de rougeole et cholera : au troisième trimestre 2022, toutes les zones de santé du Tanganyika étaient en épidémie de rougeole. Ces maladies restent une préoccupation majeure du fait des déplacements de populations, associés à l’impossibilité de conduire des campagnes de vaccination, la promiscuité et le manque d’installations en EAH qui facilitent la transmission de maladies. MdM conduit une veille épidémiologique et humanitaire et vise à renforcer ses interventions de Réponses Rapides.

  • BILAN

    En 2022, nous avons :

    • effectué 143 277 consultations,
    • pris en charge 1 941 enfants malnutris,
    • pris en charge 467 victimes de violences liées au genre,
    • permis à 7 145 femmes de bénéficier d’une méthode de contraception moderne.

UN PROGRAMME EN DROITS ET SANTÉ SEXUELS ET REPRODUCTIFS

Mobilisés depuis plus de 10 ans à Kinshasa sur des enjeux liés aux droits et santé sexuels et reproductifs (DSSR), MdM propose une approche intégrée d’intervention ayant pour objectif d’informer et de sensibiliser les jeunes et adolescent.e.s ; de renforcer les liens entre les personnels de santé, les jeunes, leurs familles et les leaders communautaires et religieux ; de proposer des services de santé adaptés et de qualité, tout en se mobilisant à travers nos plaidoyers pour la promotion des droits en matière de DSSR.

 

 

Ainsi, malgré la publication au Journal Officiel congolais du Protocole de Maputo, principal instrument juridique africain garantissant les droits et l’autonomie des femmes, MdM milite particulièrement pour l’application effective de l’article 14 alinéa C relatif à l’organisation des soins d’avortement médicalisé, en coalition avec les organisations de la société civile.

 

Le programme droits et santé sexuels et reproductifs a pour objectif de :

– Lutter contre la précarité des femmes : prévention et prise en charge des grossesses non-désirées ainsi que des infections sexuellement transmissibles (IST) en assurant l’accès à une information fiable, à des méthodes modernes de contraception, à des consultations médicales adaptées ou encore à des soins complets d’avortement ;

– Lutter contre les violences faites aux femmes et accompagner les survivant.e.s : à travers des sensibilisations et la mobilisation communautaire, les filles et femmes peuvent lutter contre les violences du quotidien, les stéréotypes largement ancrés dans la société et les tabous sur la sexualité. Elles sont informées et gagnent en autonomie. Les survivant.e.s de violences basées sur le genre sont soutenues et accompagnées avec une réponse médicale, juridique et psychosociale. Les victimes de violences sexuelles sont souvent rejetées par leurs communauté et par leurs propres familles, l’aide de MdM est d’autant plus précieuse pour ces femmes ;

– Lutter contre les inégalités de genre et les multiples barrières sociales, économiques, culturelles, au travers d’un meilleur accès à l’éducation et la mobilisation sur les enjeux de plaidoyer avec la société civile congolaise.
Ainsi, en étroite collaboration avec les acteurs locaux, dont Afia Mama, Lizadeel, ABEF et la Coalition de lutte Contre les Grossesses Non-Désirées, MdM déploie une stratégie sur 3 volets : médical, communautaire et plaidoyer.

  • Stratégie médicale

    MdM renforce les capacités des prestataires de santé de 4 centres de santé et de 2 maternités appuyés dans le cadre du programme DSSR, au travers de formations et de coaching réguliers. Nous soutenons aussi les structures avec l’approvisionnement d’intrants pharmaceutiques et d’équipements médicaux. Ce soutien technique, financier et logistique permet d’offrir des services de santé sexuels et reproductifs adaptés et de qualité, avec la prévention et la prise en charge des infections sexuellement transmissibles, l’offre de planification familiale, la prise en charge des violences basées sur le genre ou encore des soins complets d’avortement.

  • Stratégie communautaire

    MdM appuie un réseau de mobilisateurs communautaires et d’élèves champions, mobilisés lors de sensibilisations dans les zones urbaines de Kinshasa, autour des structures de santé partenaires, dans les écoles, auprès des leaders communautaires et religieux afin d’améliorer l’accès à l’information et aux droits SSR. Régulièrement, des cliniques mobiles sont organisées dans la ville de Kinshasa offrant un accès gratuit à des méthodes modernes de contraception et permettant de sensibiliser le plus grand nombre, tout en renforçant les liens entre les prestataires de santé impliqués, les mobilisateurs et les habitants des quartiers.

  • Stratégie de plaidoyer

    MdM apporte un appui technique et financier à la société civile congolaise et se mobilise, à travers ses campagnes de communication de masse et rendez-vous de plaidoyer auprès des autorités sanitaires et publiques, pour l’accès effectif aux soins complets d’avortement dans le cadre du Protocole de Maputo ou à la réduction des barrières liées à l’utilisation des méthodes modernes de contraception.

  • BILAN

    En 2022, nous avons :

    • réalisé 7 642 consultations en droits et santé sexuels et reproductifs,
    • soutenu 1 760 femmes et jeunes filles dans le cadre d’un avortement sécurisé,
    • accompagné médicalement 126 femmes et jeunes filles après des violences basées sur le genre,
    • distribué 200 000 contraceptifs lors de sensibilisations dans les communautés, les écoles et lors des cliniques mobiles,
    • formé et accompagné 93 prestataires de santé et 107 acteurs communautaires,
    • sensibilisé 494 129 habitant.e.s de Kinshasa aux droits et santé sexuels et reproductifs.
Articles
RDC : panser les blessures des survivantes de violences liées au genre
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UN PROGRAMME EN SANTÉ ENVIRONNEMENT

Le principe d’intervention de MdM repose sur deux objectifs stratégiques. D’une part mettre les personnes qui pratiquent ou sont soumises à des activités polluantes en capacité d’en réduire l’impact sur leur santé et celle de leur famille ; d’autre part mettre les personnes qui vivent dans un cadre de vie nocif et/ou inadapté en capacité d’en réduire l’impact sur leur santé et celle de leur famille, notamment dans les zones d’urbanisation intense.

 

C’est dans ce contexte qu’une réflexion autour d’une intervention à Kinshasa a été lancée au cours de l’année 2018. Elle s’est concrétisée grâce à une mission exploratoire menée fin 2019 au cours de laquelle il a été constaté :

– Les maraîcher.ère.s étaient fortement exposé.e.s aux pesticides chimiques qu’ils.elles utilisent sans indications dans 94% des cas ;

– Un manque d’équipements de protection individuelle adaptés ;

– D’importants risques d’intoxication associée aux industries chimiques pour les travailleurs et pour la population environnante avec un risque de développer des pathologies telles que : fatigue chronique, douleur au dos, infections cardiaques et respiratoires, cancers…

– Un faible niveau de connaissance des maraîcher.ère.s concernant les risques sanitaires auxquels ils.elles sont exposé.e.s

– Un accès très limité aux soins de santé primaire et manque de qualité des soins proposés

 

Le programme à 4 objectifs : renforcer les services de santé avec un accès amélioré et adapté à des soins de qualité, renforcer les capacités des personnes vulnérables, promouvoir des initiatives durables et favorables aux communautés et enfin à renforcer des actions collectives et du plaidoyer auprès des autorités locales pour prévenir les risques liés aux environnements nocifs. La stratégie repose sur trois volets : médical, communautaire et plaidoyer.

  • Stratégie médicale

    En améliorant les conditions de l’offre de soins dans les centres de santé proches des sites de maraîchage ciblés, en formant des prestataires de soins sur la prise en charge des maladies professionnelles liées au maraîchage, en approvisionnant ces centres en médicaments et équipements et en intégrant des dispositions du Programme National de la Santé au Travail pour la protection des maraîcher·e·s dans les centres de santé et sur leur lieu de travail.

  • Stratégie communautaire

    En évaluant les capacités des associations de maraïcher.ère.s appuyées, en renforçant les connaissances par la formation et l’accompagnement en agro-écologie, en dotant le site en matériel, équipements de protection, engrais et bio-pesticides, en sensibilisant les maraîcher.ères et les consommateur.trice.s sur la santé et l’environnement et en soutenant la mise en place d’une caisse de santé.

  • Stratégie de plaidoyer

    En renforçant les capacités des associations en technique de plaidoyer et sur la thématique santé environnement / pesticide, en réalisant un état de lieu du cadre légal en matière de gestion des pesticides pour affiner les axes de plaidoyer et en organisant des ateliers avec les officiels, lobbing Face to Face, mobilisation communautaire…

  • BILAN

    En 2022,

    • Formalisation de la collaboration avec Caritas Développement Kinshasa pour la mise en œuvre des activités du volet communautaire.
    • Identification de 14 associations des maraicher.e.s ont été identifiées.
    • Formation de 28 animateurs endogènes (AE), provenant de ces associations sur l’animateur de champ école avec les techniques de production agricole durable. Ces 28 AE ont accompagnés 280 maraichères et maraichers.
    • Mise en place d’un document stratégique pour la conduite d’un plaidoyer en faveur d’un environnement plus protecteur en rapport avec les pesticides.

     

De passage au siège : Patrick, mission RDC

  • 684 410

    Bénéficiaires en 2022.

684 410

Bénéficiaires en 2022.

Historique
  • 1994

    Programmes d’urgence dans les provinces du Kasaï, du Sud et du Nord-Kivu puis de Province Orientale. Fermeture en 1998.

  • 1999

    Ouverture d’un programme destiné aux enfants des rues à Kinshasa.

  • 2002

    Ouverture, dans la région du lac Tanganyika, d’un programme d’accès aux soins et de prise en charge du choléra. Fermeture en 2011.

  • 2003

    Ouverture d’un programme de lutte contre le sida à Goma, dans la province du Nord-Kivu. Fermeture en 2015.

  • 2008

    Ouverture d’un programme de santé mentale liée aux violences liées au genre au Nord-Kivu. Fermeture en 2013.

  • 2014

    Ouverture d’un programme de santé sexuelle et reproductive spécifique pour les adolescents de Kinshasa.