Côte d'Ivoire

© Charly Kodjo

78,2 %

des femmes entre 15 et 49 ans n’utilisent pas de méthode moderne de contraception.

5  

femmes par jour découvrent qu’elles sont atteintes d’un cancer du col de l’utérus.

1 417  

femmes décédées des suites d’un cancer du col de l’utérus en 2020.

entre 12 et 18%  

de la mortalité maternelle est liée à des avortements non sécurisés.

En Côte d'Ivoire, Médecins du Monde mène divers programmes d'aide humanitaire. Découvrez nos actions et missions ci-dessous.

LA SITUATION HUMANITAIRE EN CÔTE D’IVOIRE

L’absence d’un cadre législatif spécifique, le manque de financement des produits contraceptifs, les ruptures de stock… de nombreuses barrières à une santé sexuelle et reproductive de qualité demeurent en Côté d’Ivoire. De plus, les personnes usagères de drogues, sont extrêmement vulnérables aux maladies infectieuses telles que le VIH, l’hépatite C ou la Turberculose et nécessitent d’être prises en charge et intégrées dans un parcours de soins adapté.

Droits et Santé sexuels et reproductifs

Réduction des risques

LES FEMMES AU COEUR DE L’INSÉCURITÉ

  • Un taux de mortalité maternelle alarmant

    La Côte d’Ivoire enregistre un taux de mortalité maternelle de 614 décès pour 100 000 naissances vivantes, dont 15 % à cause des complications liées aux avortements à risques. En d’autres termes, une à deux femmes meurent chaque jour en couches dans ce pays.

  • Entre grossesses précoces et avortements risqués

    Près d’un adolescent sur deux (45 %) n’utilise aucune méthode contraceptive lors de son premier rapport sexuel. Plus globalement, seulement 30 % des jeunes de 10 à 24 ans utilisent une méthode contraceptive moderne. De nombreuses grossesses sont enregistrées chaque année chez les élèves du niveau primaire et secondaire menant à une pratique élevée des avortements non sécurisés (75 % selon une étude menée en milieu scolaire en 2018).

     

    Or, malgré la signature et la ratification du protocole de Maputo, la loi demeure très restrictive en matière d’avortement en Côte d’Ivoire (depuis 2019, le code pénal ne l’autorise qu’en cas de viol), et le personnel soignant n’est pas formé à la prise en charge des grossesses non désirées, ce qui favorise le recours aux avortements non sécurisés.

  • La négligence du dépistage du cancer du col de l’utérus

    En Côte d’Ivoire, le cancer du col de l’utérus est le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes de 25 à 55 ans, avec 2 067 nouveaux cas notifiés en 2020. C’est également la deuxième cause de décès par cancer chez la femme.

     

    La mission exploratoire menée par Médecins du Monde à Abidjan en 2017 a mis en lumière plusieurs insuffisances dont : un manque de formation du personnel de santé, une sensibilisation insuffisante et/ou inadaptée, un faible accès au dépistage et au traitement.

LES PERSONNES USAGÈRES DE DROGUES ÉGALEMENT VULNÉRABLES

  • La prévention des maladies infectieuses

    Médecins du Monde a mené une étude en 2014 à Abidjan auprès de 450 usagers réguliers de cocaïne, d’héroïne et de crack. L’étude montre que les personnes usagères de drogues sont vulnérables aux maladies infectieuses du fait de leurs pratiques sexuelles à risque, de la consommation de drogues et de leurs conditions de vie précaires.

     

    Estimée à 9,8 % en 2014, la prévalence du VIH chez les personnes usagères de drogues est maintenant de 3,4 % à Abidjan (étude du Programme National de Lutte contre le Sida menée par le cabinet CECAF en 2019). Les infections sexuellement transmissibles sont particulièrement importantes parmi les personnes usagères de drogues, notamment la syphilis avec une prévalence de 9,3 %. De même, la prévalence de la tuberculose chez ces personnes est plus élevée que dans la population générale (selon l’étude du cabinet CECAF, 2,9 % l’ont contractée en 2019), ce qui mène à de nombreux cas de co-infection VIH/tuberculose. 12,1% des personnes usagères de drogues sont porteuses du virus de l’hépatite B.

NOS ACTIONS EN CÔTE D’IVOIRE

Mêlant sensibilisation et accès aux soins, Médecins du Monde répond aux besoins humanitaires en Côte d’Ivoire à différents niveaux.

SUR LE TERRAIN - En maraude avec Samuel

CÔTE D'IVOIRE - Droits et santé pour les usagers de drogues

AMÉLIORER L’ACCÈS À LA SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE

  • Un planning familial en faveur des adolescentes

    L’étude réalisée par Médecins du Monde en 2016 sur la question des déterminants socioculturels des grossesses non désirées a révélé que les services de santé sexuelle et reproductive proposés aux adolescents ne sont pas adaptés à leurs besoins. Les données issues d’une étude effectuée en avril 2019 ont montré que seules 30 % des jeunes filles (10-24 ans) sexuellement actives utilisent une méthode de contraception moderne dont le préservatif masculin pour 81% d’entre elles. 10,3% des jeunes filles interviewées lors d’une enquête ont été au moins une fois enceinte et 36,4% des grossesses se terminent par un avortement (pour 60 % d’entre elles, ce sont des avortements non sécurisés).

     

    Depuis 2017, Médecins du Monde a mené, en appui au système de santé public, un projet pour améliorer la prévention et la prise en charge des grossesses non désirées chez les jeunes et adolescents dans la région de la Nawa (Ouest du pays) selon une approche par les droits.

     

    Il s’est achevé en 2020. Afin de mieux faire comprendre les enjeux des avortements non sécurisés pour les femmes, Médecins du Monde a réalisé avec la société de production Wendigo un documentaire de 52 minutes sur cette thématique.

     

    Afin d’apporter des solutions à la problématique de l’accès des femmes, des jeunes filles et des adolescentes aux services de planification familiale, Médecins du Monde porte un plaidoyer national, et co-construit avec les acteurs locaux et internationaux pour la disponibilité et le financement des intrants de planification familiale. En tant que pilier de notre mission humanitaire en Côte d’Ivoire, ce plaidoyer met en exergue des problématiques de santé alarmantes.

  • Une approche innovante contre le cancer du col de l’utérus

    Depuis 2020, Médecins du Monde développe un projet de prévention, de dépistage et de prise en charge des lésions précancéreuses du col de l’utérus à Abidjan. Le projet a été co-construit avec l’ensemble des parties prenantes du projet, à la fois au niveau communautaire ; institutionnel en particulier le Programme National de Lutte contre le Cancer (PNLCa) ; et de la société civile. Ces acteurs et actrices du projet ont participé au choix de la zone d’intervention, à l’élaboration des stratégies, aux formations, etc.

     

    Quatre approches innovantes seront expérimentées :

    • La mise en œuvre d’une stratégie de dépistage organisée en communauté grâce à la réalisation de campagnes de santé communautaire à domicile plutôt que dans les centres de santé,
    • La proposition faite aux femmes de faire un auto-prélèvement, si elles le souhaitent, en alternative au prélèvement par un personnel de santé, pour que les femmes soient actrices de leur santé,
    • L’élaboration d’un algorithme de dépistage innovant recommandé par l’OMS avec une détection de l’HPV (Human Papilloma Virus) par PCR dans un premier temps, puis une recherche de lésions précancéreuses par IVA (Inspection Visuelle par l’Acide Acétique) pour les patientes positives au premier test,
    • Le traitement des lésions par la méthode de thermocoagulation comme alternative à la cryothérapie, plus onéreuse et plus difficile d’utilisation.
  • Bilan

    En 2021, nous avons :

    • Appuyé la réalisation d’un film documentaire sur les avortements non sécurisés,
    • Suivi 5 actions de plaidoyer sur le projet de loi sur la santé de la reproduction ; l’éducation complète à la sexualité ; la Coalition SR/PF, etc.
    • Effectué un dénombrement de la zone d’intervention qui a permis de recenser 6 802 femmes de 25 à 49 ans,
    • Dépisté 1 126 femmes par test HPV et 158 femmes par test IVA,
    • Formé 35 prestataires de santé et 25 Agents de Santé Communautaire (ASC),
    • Réhabilité et/ou construit et doté en intrants 3 structures de santé,
    • Réalisé 1 817 VAD,
    • Elaboré une analyse du cadre juridique et institutionnel du CCU en Côte d’Ivoire.
Articles 15.06.2022
Au Casa comme chez soi
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AMÉLIORER L’ACCÈS AUX SOINS DES PERSONNES USAGÈRES DE DROGUES

  • Faciliter la prévention et la prise en charge

    Depuis janvier 2015, à Abidjan, Médecins du Monde et des associations humanitaires partenaires locales mènent des actions de prévention et de réduction des risques (RdR) auprès des personnes usagères de drogues. L’objectif de ce programme et d’améliorer la prise en charge par le système sanitaire et l’accès aux soins de ces populations. Médecins du Monde s’attache à renforcer la capacité d’agir de ces personnes afin de développer des réponses adaptées et de combattre la stigmatisation, l’exclusion et la criminalisation qui constituent des barrières à l’accès aux soins.

     

    Ouvert en 2018, le Centre d’Accompagnement et de Soins en Addictologie (CASA) connait un véritable succès parmi les personnes usagères de drogues. Il propose une prise en charge holistique à base communautaire des personnes usagères de drogues. C’est dans ce centre qu’este dispensées, pour la première fois en Côte d’Ivoire, la méthone, un des traitements de substitution aux opiacés (TSO), à 15 personnes usagères de drogues actuellement.

     

    La troisième phase du projet (2021 – 2023) étend les interventions au Grand-Abidjan, à Yamoussoukro, Bouaké et San Pedro. Comme lors des phases précédentes, trois approches sont développées : le modèle d’aller-vers (outreach) directement sur les sites de consommation ; le modèle intégré qui consiste à renforcer les établissements sanitaires nationaux pour une prise en charge des personnes usagères de drogues adaptée à leurs besoins spécifiques ; et le modèle dédié qui consiste à créer ou renforcer des centres de prise en charge exclusivement dédiés aux personnes concernées.

  • Bilan

    En 2021, nous avons :

    • Formé 217 personnes,
    • Réalisé 4 402 tests VIH auprès de nouvelles personnes usagères de drogues,
    • Accompagné 41 personnes usagères de drogues dépistées positives au VIH et admises dans des services de soins,
    • Prélevé 976 échantillons de crachats pour suspicion de tuberculose,
    • Suivi 213 personnes usagères de drogues atteintes de la tuberculose,
    • Touché 5 527 personnes usagères de drogues par les interventions,
    • Proposé des traitements de substitution aux opiacés à 15 personnes usagères de drogues.
  • 7 004

    Bénéficiaires en 2021.

  • 2 681 223

    Budget 2021.

7 004

Bénéficiaires en 2021.

2 681 223

Budget 2021.

Historique
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    2011

    4 mois d’intervention d’urgence à Abidjan suite à la crise post-électorale.

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    2011

    Projet d’appui aux urgences obstétricales dans le sud-ouest du pays.

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    2012

    Partenariat pour la transition – appui à la gratuité ciblée dans le sud-ouest du pays.

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    2014

    Etude auprès des usagers de drogues à Abidjan.

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    2014

    Projet de renforcement du système de santé ivoirien.

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    2014

    Préparation de réponse à l’épidémie Ebola dans le sud-ouest du pays.