Côte d'ivoire

78,2 %

des femmes entre 15 et 49 ans n’utilisent pas de méthode moderne de contraception

3  

femmes par jour découvrent qu’elles sont atteintes d’un cancer du col de l’utérus

249 000  

avortements sont pratiqués annuellement dans un cadre législatif très restrictif

Face aux urgences, Médecins du monde mène divers programmes d'aide humanitaire. Découvrez nos actions et missions humanitaires ci-dessous.

COTEXTE HUMANITAIRE EN CÔTE D’IVOIRE

LES FEMMES AU COEUR DE L’INSÉCURITÉ

  • Un taux de mortalité maternelle alarmant

La Côte d’Ivoire enregistre un taux de mortalité maternelle de 614 décès pour 100 000 naissances vivantes, dont 15 % dues aux complications liées aux avortements à risques. En d’autres termes, une à deux femmes meurent chaque jour en couches dans ce pays.

De nombreuses barrières à une santé sexuelle et reproductive de qualité demeurent, notamment l’absence d’un cadre législatif spécifique, le manque de financement des produits contraceptifs et les ruptures de stock.

  • Entre grossesses précoces et avortements risqués

Près d’un adolescent sur deux (45 %) n’utilise aucune méthode contraceptive lors de son premier rapport sexuel. Plus globalement, seulement 30 % des jeunes de 10 à 24 ans utilisent une méthode contraceptive moderne. De nombreuses grossesses sont enregistrées chaque année chez les élèves du niveau primaire et secondaire menant à une pratique élevée des avortements non sécurisés (75 % selon une étude menée en milieu scolaire en 2018).

Or, malgré la signature et la ratification du protocole de Maputo, la loi demeure très restrictive en matière d’avortement en Côte d’Ivoire (depuis 2019, le code pénal ne l’autorise qu’en cas de viol), et le personnel soignant n’est pas formé à la prise en charge des grossesses non désirées, ce qui favorise le recours aux avortements non sécurisés.

  • La négligence du dépistage du cancer du col de l’utérus

« On enregistre une incidence d’environ 1 000 nouveaux cas par an du cancer du col de l’utérus avec une mortalité de 65 % en RCI » (mission exploratoire Médecins du Monde, 2017).

La mission exploratoire menée par Médecins du Monde en 2017 a mis en lumière plusieurs insuffisances pour faire face aux cancers du col de l’utérus. Le manque de formation du personnel de santé, les insuffisances en matière de sensibilisation ainsi que le faible accès au dépistage et aux traitements sont les principaux facteurs incriminés.

LES USAGER.E.S DE DROGUES ÉGALEMENT VULNÉRABLES

  • La prévention des maladies infectieuses

Médecins du Monde a mené une étude en 2014 à Abidjan auprès de 450 consommateurs réguliers de cocaïne, d’héroïne et de crack. L’étude montre que les personnes usagères de drogues sont vulnérables aux maladies infectieuses du fait de leurs pratiques sexuelles à risque, de la consommation de drogues et de leurs conditions de vie précaires.

Estimée à 9,8 % en 2014, la prévalence du VIH chez les personnes usagères de drogues est maintenant de 3,4 % à Abidjan (étude du Programme National de Lutte contre le Sida menée par le cabinet CECAF en 2019). Les infections sexuellement transmissibles sont particulièrement importantes parmi les personnes usagères de drogues, notamment la syphilis avec une prévalence de 9,3 %. De même, la prévalence de la tuberculose chez ces personnes est plus élevée que dans la population générale (selon l’étude du cabinet CECAF, 2,9 % l’ont contractée en 2019), ce qui mène à de nombreux cas de co-infection VIH/tuberculose. 12,1% des personnes usagères de drogues sont porteuses du virus de l’hépatite B.

© Olivier Papegnies

NOS ACTIONS EN CÔTE D’IVOIRE

Mêlant sensibilisation et accès aux soins, nous répondons aux besoins humanitaires en Côte d’Ivoire à différents niveaux.

AMÉLIORER L’ACCÈS À LA SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE

  • Un planning familial en faveur des adolescentes

    L’étude réalisée par Médecins du Monde en 2016 sur la question des déterminants socioculturels des grossesses non désirées a révélé que les services de santé sexuelle et reproductive proposés aux adolescents ne sont pas adaptés à leurs besoins. Les données issues d’une étude effectuée en avril 2019 ont montré que seules 30 % des jeunes filles (10-24 ans) sexuellement actives utilisent une méthode de contraception moderne dont le préservatif masculin pour 81% d’entre elles. 10,3% des jeunes filles interviewées lors d’une enquête ont été au moins une fois enceinte et 36,4% des grossesses se terminent par un avortement (pour 60 % d’entre elles, ce sont des avortements non sécurisés).

     

    Depuis 2017, Médecins du Monde a mené, en appui au système de santé public, un projet pour améliorer la prévention et la prise en charge des grossesses non désirées chez les jeunes et adolescents dans la région de la Nawa (Ouest du pays) selon une approche par les droits.

     

    Afin d’apporter des solutions à la problématique de l’accès des femmes, des jeunes filles et des adolescentes aux services de planification familiale, Médecins du Monde porte un plaidoyer national, et co-construit avec les acteurs locaux et internationaux pour la disponibilité et le financement des intrants de planification familiale. En tant que pilier de notre mission humanitaire en Côte d’Ivoire, ce plaidoyer met en exergue des problématiques de santé alarmantes.

  • Une approche innovante contre le cancer du col de l’utérus

    Depuis 2020, Médecins du Monde travaille sur un nouveau projet visant à prévenir, dépister et prendre en charge les lésions précancéreuses du col de l’utérus à Abidjan.

    L’épidémie de COVID-19 a retardé le début du projet qui a finalement commencé en 2021.

     

    Quatre approches innovantes seront expérimentées :

    – la mise en œuvre d’une stratégie de dépistage organisé,

    l’auto-prélèvement, en alternative au prélèvement par un personnel de santé,

    le dépistage du HPV par PCR en alternative à l’IVA

    – le traitement des lésions par thermocoagulation en alternative à la cryothérapie.

AMÉLIORER L’ACCÈS AUX SOINS DES PERSONNES USAGÈRES DE DROGUES

  • Faciliter la prévention et la prise en charge

    Depuis janvier 2015, à Abidjan, Médecins du Monde et des associations humanitaires partenaires locales mènent des actions de prévention et de réduction des risques (RdR) auprès des personnes usagères de drogues. L’objectif de ce programme est d’améliorer la prise en charge par le système sanitaire et l’accès aux soins de ces populations. Médecins du Monde s’attache à renforcer la capacité d’agir de ces personnes afin de développer des réponses adaptées et de combattre la stigmatisation, l’exclusion et la criminalisation qui constituent des barrières à l’accès aux soins.

     

    Ce projet d’aide médicale en Côte d’Ivoire (2018-2020) a notamment permis l’ouverture en août 2019 d’un Centre d’Accompagnement et de Soins en Addictologie (CASA) qui offre une prise en charge holistique aux personnes usagères de drogues. Le CASA propose différents services aux consommateurs de drogues, incluant un accueil, des services d’hygiène et de repos, des activités de sensibilisation, de la distribution d’outils de RdR, des dépistages, des consultations médicales, un accompagnement social, une prise en charge psychologique ainsi que des activités communautaires en parallèle des interventions d’aller-vers les populations (dépistage VIH, soins de santé primaires, référencements).

     

    En 2021, le programme s’est consolidé et dupliqué aux personnes usagères de drogues précaires du Grand Abidjan, de Yamoussoukro, Bouaké et San-Pédro.

AMÉLIORER LES RÉFLEXES FACE À LA PANDÉMIE

  • Covid-19 : sensibiliser aux bons gestes

    Dans le cadre de la pandémie, Médecins du Monde a mené des séances de sensibilisation sur les gestes barrières à destination des élèves et des ménages. Les acteurs du projet ont été dotés de moyens de protection individuelle et les activités ont été réalisées dans le respect des gestes barrières, selon les recommandations de l’OMS et les directives du gouvernement ivoirien.

     

    Dans ce cadre, Médecins du Monde a soutenu la réponse nationale à la pandémie par des interventions spécifiques auprès des personnes usagères de drogues à Abidjan. Notre organisation a mené des actions de sensibilisation et de prévention, distribué du matériel de protection sur 58 sites de consommations, apporté un appui alimentaire à 6 220 personnes usagères de drogues et appuyé 22 structures sanitaires en équipements, matériels et consommables de prévention COVID.

Historique
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    2011

    4 mois d’intervention d’urgence à Abidjan suite à la crise post-électorale.

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    2011

    Projet d’appui aux urgences obstétricales dans le sud-ouest du pays.

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    2012

    Partenariat pour la transition – appui à la gratuité ciblée dans le sud-ouest du pays.

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    2014

    Etude auprès des usagers de drogues à Abidjan.

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    2014

    Projet de renforcement du système de santé ivoirien.

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    2014

    Préparation de réponse à l’épidémie Ebola dans le sud-ouest du pays.

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