Bulgarie Roms SSR

Bulgarie

1 361 000  

personnes n’ont pas d’assurance maladie en Bulgarie, soit plus de 18,6 % de la population

23,8 %

de la population vit en dessous du seuil de pauvreté

133,96  

sur 100 000 femmes sont mortes des suites d’un cancer du col de l’utérus

Face aux urgences, Médecins du monde mène divers programmes d'aide humanitaire. Découvrez nos actions et missions en Bulgarie ci-dessous.

DES POPULATIONS DÉLAISSÉES

La stigmatisation des personnes vivant à la rue

En Bulgarie, la précarité et le manque d’accès aux soins touchent de nombreuses personnes. Bien qu’il n’existe pas de statistiques officielles sur le nombre de personnes sans domicile fixe, leur situation est bien réelle. Pourtant, dénigré par les habitants de la capitale, ciblé lors de campagnes politiques, l’existence du seul centre d’hébergement pour les personnes vivant à la rue de Sofia est menacé. D’autre part, la possession de papiers d’identité n’est pas un automatisme. En conséquence, certaines personnes n’existent simplement pas aux yeux de l’Etat et n’ont, de fait, pas accès aux services sociaux.

Les communautés roms particulièrement marginalisées

Les communautés Roms sont particulièrement impactées et vivent souvent dans des zones de concentration de la pauvreté. Malheureusement, la méfiance et le manque de dialogue entre les Roms et les institutions se traduisent par une faible participation communautaire à la vie publique et par conséquent l’absence de changements sociaux et économiques durables.

Selon un snapshot réalisé par Médecins du Monde en 2020 dans le quartier de Nadejda à Sliven, où vivent près de 11 000 personnes, 73 % des habitants n’ont pas d’accès aux salles de bain et 66 % n’ont pas de toilettes. D’autre part, plus d’un habitant de Nadeja sur cinq vit régulièrement à l’étranger, ce qui conduit de nombreux enfants à grandir sans soutien parental.

Cet état des lieux alarmant indique qu’une mission humanitaire en Bulgarie doit être déployée afin de venir en aide aux populations en danger.

Logements insalubres, manque d’approvisionnement en eau, absence de gestion des déchets et pollution…

DES HABITATS VECTEURS D’ÉPIDÉMIES

Quand l’insalubrité propage le COVID-19

Cette absence de dialogue et l’isolement qui en résulte ont un impact sur les questions de santé, mais aussi sur les autres facteurs de vulnérabilité liées à la ségrégation : logements insalubres et illégaux, manque d’approvisionnement régulier en eau, absence de gestion des déchets, pollution de l’air et des sols… Une insalubrité qui attire parasites et rongeurs, favorisant ainsi le développement de maladies vectorielles.

Alors que les habitants de Nadejda affrontent déjà de nombreux obstacles pour accéder aux droits et aux services de base, les autorités publiques n’ont rien mis en œuvre pour les aider à affronter la pandémie de COVID-19. Aucun soutien sanitaire ne leur a été accordé (les ambulances refusant de se rendre dans certaines parties du ghetto) pas plus qu’un approvisionnement régulie en eau régulier. À Nadejda, les informations sur le COVID-19 et sur les moyens de prévention ont cruellement manqué.

Un mineur du camp de Voenna Rampa © Olivier Papegnies

© Olivier Papegnies

Notre aide humanitaire en Bulgarie

DEUX ACTIONS PRIORITAIRES

  • Engager les communautés dans les combats sanitaires locaux

    Pour qu’ils deviennent acteurs du changement social et qu’ils soient en mesure d’exercer pleinement leur droit, Médecins du Monde exhorte les habitants de Nadeja à se mobiliser. Une démarche encourageant puisqu’une centaine de personnes ont souhaité s’investir sur les problèmes structurels rencontrés dans le ghetto, tels que l’alimentation en eau, le système des égouts et la gestion des déchets.

    Ainsi, à l’été 2020, lorsque l’accès à l’eau a été restreint à Nadejda, les habitants se sont mobilisés et ont obtenus la restauration de l’accès à l’eau potable, conscients de la nécessité de maintenir une bonne hygiène pour lutter contre le COVID-19. D’autre part, notre association travaille à renforcer les capacités d’agir des femmes qui ne bénéficient pas d’assurance santé. Nous améliorons notamment leur accès à des consultations gynécologiques ainsi qu’à des moyens de contraception.

  • Informer et prévenir en temps de covid-19

    Médecins du Monde s’est d’ailleurs empressé d’organiser de larges campagnes d’information via les réseaux sociaux et par le biais de personnes-relais à Nadeja, dès les premiers cas avérés de COVID-19. Pour lutter contre la propagation de l’épidémie, nous avons distribué des masques, des gels hydro alcooliques et des brochures d’information sur les risques et sur les gestes barrière. Une aide médicale en Bulgarie nécessaire et primordiale pour les populations locales.

En 2020

Nous avons éveillé les consciences quant à l’urgence humanitaire en Bulgarie :

  • En informant près de 17 000 personnes sur le COVID-19 et les gestes barrières via les réseaux sociaux et des personnes-relais dans la communauté,
  • En rencontrant près de 800 personnes (dont près de 400 jeunes) à travers des sessions de dialogue et de sensibilisation sur le COVID-19, les bonnes pratiques d’hygiène ou encore la santé mentale et psychosociale,
  • En soutenant le développement par les habitants d’un plan d’action pour demander autorités l’établissement d’un accès à l’eau potable régulier à Nadejda
Dans le camp de Voenna Rampa © Olivier Papegnies

© Olivier Papegnies

DEUX COMBATS À MENER

  • L’accueil des réfugiés

    Les urgences humanitaires en Bulgarie incluent l’accueil des réfugiés qui font face à des réactions violentes. En Bulgarie, la société civile porte un regard très négatif sur leur présence. En conséquence, les demandes d’asile vers la Bulgarie baissent considérablement (3500 demandes en 2020 contre 20 000 en 2015) et les centres de réfugiés sont à peine exploités au quart de leur capacité. Le travail d’accueil des réfugiés est donc une priorité de notre programme humanitaire.

  • La prévention des violences liées au genre

    Démarré en septembre 2018, le projet WE ACT concerne cinq pays européens dont la Bulgarie. Médecins du Monde France et Médecins du Monde Belgique sont partie prenante de ce projet humanitaire dont l’objectif est de combattre et de prévenir les violences liées au genre et de venir en assistance aux femmes et enfants migrants et réfugiés.

     

    Jusqu’à la fin de cette mission au premier trimestre 2020, Médecins du Monde a renforcé la coordination entre les ONG, les Nations Unies et les professionnels de santé dans les cinq pays concernés pour permettre une meilleure prise en charge des survivants des violences liées au genre parmi les populations migrantes.

    Des formations ont également été organisées pour sensibiliser les partenaires au fait que les femmes comme les hommes peuvent être victimes de viols (la loi Bulgare stipule qu’un viol ne peut concerner que les femmes), ou encore pour sensibiliser au respect de la confidentialité dans la prise en charge et le référencement de ces cas.

En 2019

Grâce à ce projet humanitaire Bulgarie, nous avons :

  • Transmis des clés de compréhension aux professionnels locaux,
  • Sensibilisé et formé 19 professionnels de santé, travailleurs sociaux et policiers sur les violences liées au genre, les droits des migrants et le référencement des cas,
  • Publié un rapport final avec tous les membres du projet WE-ACT en France, en Italie, en Bulgarie, en Belgique et en Croatie pour rendre compte des bonnes pratiques pour combattre et prévenir les violences liées au genre.
Historique
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    2004
    Début de l’intervention dans le ghetto de Nadejda
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    2009
    Action centrée sur l’hygiène, la vaccination et la sexualité.
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    2013
    Ouverture du centre d’information et d’orientation (CIO).
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    2014
    La mairie s’engage à financer les consultations médicales de planification familiale pour les femmes
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    2016
    Lancement du programme d’appui aux migrants dans les centres d’accueil et d’inscription.
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    2018
    Démarrage du programme d’appui à la prise en charge des femmes et enfants migrants victimes de violences
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