Philippines

© Lam Duc Hien

3,7 millions

de familles vivent dans des quartiers informels, principalement à Manille.

47 %

des nouveaux cas de VIH touchent les 15-24 ans.

35 %

taux de grossesses adolescentes (15-19 ans).

Face aux urgences, Médecins du Monde mène divers programmes d’aide humanitaire aux Philippines. Découvrez nos actions ci-dessous.

LA SITUATION HUMANITAIRE AUX PHILIPPINES

Les Philippines sont le pays le plus exposé au monde au risque de catastrophe naturelle, selon le World Risk Index : typhons, inondations, séismes et autres aléas tectoniques, aggravés par les effets du changement climatique. À Manille, près de 1,5 million de personnes vivent dans des zones particulièrement vulnérables, notamment face aux inondations, dans des quartiers marqués par la précarité de l’habitat, la densité urbaine et des conditions de vie dégradées.  

  • QUAND LES CONDITIONS DE VIE NUISENT À L’ÉTAT DE SANTÉ

    Près de 66 000 personnes meurent chaque année aux Philippines en raison de la pollution de l’air extérieur, cause d’accidents vasculaires cérébraux, de maladies cardiovasculaires, de cancers du poumon et de maladies respiratoires chroniques. Dans les quartiers de San Andres et de Tondo, à Manille, la plupart des habitants vivent dans des logements informels et des cabanes entassées sur des terrains de faible altitude qui étaient auparavant des marécages et qui restent aujourd’hui régulièrement inondés pendant la saison des pluies.

    Les populations de ces quartiers sont fréquemment confrontées à l’exclusion sociale, à labsence de système de soutien social, à des conditions de vie et de travail dangereuses, à la discrimination et à lisolement. De plus, les familles les plus pauvres ne sont pas systématiquement inscrites au système dassurance maladie philippin, ce qui les rend plus vulnérables en cas de maladie.

  • DES TAUX DE GROSSESSES ET DE VIOLENCES QUI BATTENT DES RECORDS

    Aux Philippines, de nombreuses femmes n’ont pas recours à des méthodes de contraception modernes, et l’avortement reste illégal, sans aucune exception. La situation est particulièrement alarmante chez les jeunes femmes : le nombre de mères adolescentes ayant entre 10 et 19 ans ne cesse d’augmenter. Le mariage précoce et forcé des enfants constitue à la fois une cause et une conséquence de ces grossesses. C’est aussi la cinquième raison la plus citée par les jeunes pour ne pas aller à l’école. De plus, 17,5 % des femmes philippines âgées de 15 à 49 ans ont subi une forme quelconque de violence physique, sexuelle et émotionnelle de la part de leur partenaire intime. Parmi les survivantes de violence liées au genre, deux sur cinq n’ont pas cherché à obtenir de l’aide. 

    Dans la région autonome musulmane de Bangsamoro, sur l’île de Mindanao, les populations sont exposées aux conflits et aux catastrophes naturelles, dans un contexte de transition politique et de conservatisme religieux musulman. Dans cette région, une femme mariée sur cinq ne reçoit pas les services dont elle a besoin en matière de planification familiale.  

  • L’INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE, DANGEREUSE CAR ILLÉGALE

    L’accès à l’IVG reste fortement restreint par le code pénal du pays. Cette criminalisation n’empêche pas les avortements, mais les rend dangereusement clandestins, faisant des complications liées aux avortements non sécurisés l’une des principales causes évitables de mortalité maternelle dans le pays.

    Le manque d’accès à des services sûrs, à une information fiable et à des soins post-avortement de qualité continue d’exposer les femmes, en particulier les plus vulnérables, à des risques majeurs pour leur santé et leur vie.

    Ainsi, on estime qu’aux Philippines, 70 femmes ont recours à un avortement chaque heure, 11 sont hospitalisées chaque heure pour des complications, et près de 1000 femmes meurent chaque année (soit environ trois femmes par jour) des suites d’un avortement pratiqué dans des conditions dangereuses.  

  • UNE EXPOSITION ÉLEVÉE AU VIH

    Les Philippines sont le pays où le nombre de cas de VIH augmente le plus rapidement au monde selon le classement dOnusida. Le nombre de cas a doublé en 2023, et près de la moitié des personnes contaminées ont entre 15 et 24 ans. La région du Grand Manille rassemble 80% des cas. 

  • DES CATASTROPHES NATURELLES À RÉPÉTITION QUI AGGRAVENT LES VULNÉRABILITÉS

    Environ 74 % de la population est exposée aux aléas naturels, qu’il s’agisse des typhons, des inondations, des glissements de terrain, des séismes ou des éruptions volcaniques. Chaque année, une vingtaine de typhons traverse l’archipel, provoquant destructions, déplacements de population et interruptions prolongées de l’accès aux services essentiels.  

    Ces crises à répétition frappent d’abord les populations vivant dans des habitats précaires, notamment dans les zones côtières, les plaines inondables et les quartiers informels urbains. Elles aggravent les risques sanitaires, perturbent l’accès aux soins de santé primaires, fragilisent les moyens de subsistance et exposent les communautés à des épidémies, à la malnutrition et à une détérioration durable de leur santé mentale. 

Philippines RDR

© Lam Duc Hien

NOTRE ACTION HUMANITAIRE AUX PHILIPPINES

Médecins du Monde cible des problématiques précises, touchant notamment à la gestion des déchets et à la prévention des grossesses non intentionnelles.

Santé environnement  –  Droits et santé sexuels et reproductifs

  • AUPRÈS DES RECYCLEURS DE DÉCHETS ÉLECTRONIQUES

    Médecins du Monde intervient à Manille, dans les quartiers de San Andres et Tondo, auprès des recycleurs informels de déchets électroniques et de leurs familles pour les protéger des risques liés aux déchets dangereux (métaux lourds, dont le plomb). Ces populations, souvent installées à proximité immédiate des sites de tri, de stockage ou de recyclage informel, sont confrontées à des risques élevés d’intoxication chronique, notamment chez les enfants et les travailleurs manipulant des déchets électroniques. 

    À travers un travail étroit avec les communautés, l’association participe au renforcement des systèmes de santé, notamment par la mise en place d’un poste de santé dans le « Barangay » 105, qui constitue un point d’ancrage essentiel pour la prévention, le dépistage, l’orientation et la promotion de la santé au plus près des habitants. 

    L’équipe mène également un travail de plaidoyer auprès des autorités locales pour la reconnaissance du rôle des travailleurs informels du secteur des déchets dans la gestion des ressources, ainsi que pour garantir la fourniture de services et l’allocation de ressources au niveau local pour faire face aux risques sanitaires liés à l’environnement. 

  • DONNER AUX JEUNES ACCÈS À LA SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE

    Depuis le début de l’année 2025, Médecins du Monde est présente sur l’île de Mindanao pour participer à une meilleure mise en œuvre du « dispositif minimum d’urgence pour la santé sexuelle et reproductive ». Il s’agit, en travaillant avec les communautés mais aussi avec les autorités locales et nationales, de prévenir les violences sexuelles, les grossesses non intentionnelles – en particulier chez les adolescentes – et d’améliorer l’accompagnement des victimes de violences. 

    L’association a également initié une évaluation participative des besoins, des services disponibles, des acteurs communautaires, des structures de gouvernance existant et des obstacles d’accès à la santé sexuelle et reproductive des jeunes dans les zones les plus touchées par les grossesses précoces. Elle servira de base à la future action de Médecins du Monde et nourrira les recommandations à destination des autorités régionales et locales. 

  • VENIR EN AIDE AUX VICTIMES DE CATASTROPHES

    À la suite du passage du supertyphon Uwan, qui a durement frappé la région de Bicol et en particulier la province de Catanduanes à la fin de l’année 2025, Médecins du Monde a déployé une réponse d’urgence centrée sur l’accès aux soins de santé primaires dans sept municipalités.

    Des cliniques mobiles ont été déployées dans les zones où les structures de santé avaient été endommagées ou rendues inopérantes, permettant d’assurer des consultations médicales, des services de santé sexuelle et reproductive, un accompagnement en santé mentale et soutien psychosocial, de fournir des médicaments gratuits et de proposer des activités de promotion de la santé et de prévention des maladies hydriques et vectorielles.  

    L’association a également soutenu six centres de santé ruraux avec des médicaments essentiels, des consommables et des kits de dépistage de la dengue, tout en renforçant les capacités des communautés grâce à des sessions de sensibilisation sur les premiers secours, l’hygiène, la prévention de la dengue, des maladies hydriques et les risques liés aux inondations.  

© Lam Duc Hien

  • 4 621

    bénéficiaires en 2025.

4 621

bénéficiaires en 2025.

Historique
  • 1996
    Intervention d’urgence suite au passage du typhon Rosing, dans les trois provinces de Quezon, Camarines Norte et Camarines Sur.
  • 1998
    Soins de santé primaires auprès des populations isolées des archipels de Camotes, Biri, Capul et San Antonio (Nord Samar).
  • 2012
    Ouverture du programme pilote de réduction des risques sanitaires et environnementaux dans le secteur informel du démantèlement des déchets électriques et électroniques.
  • 2013
    Intervention d’urgence sur l’île de Leyte suite au passage du typhon Haiyan.
  • 2014
    Fin de l’intervention d’urgence.
  • 2016
    Mise à l’échelle du programme de réduction des risques sanitaires et environnementaux.

Nos actions aux Philippines sont soutenues par