URGENCE COLOMBIE : AIDEZ-NOS EQUIPES A AGIR EN URGENCE

Colombie

© Quentin Top

Près de 9 millions

de personnes ont besoin d’aide humanitaire.

Plus de 5 millions

de personnes déplacées internes.

Plus de 1,6 millions

de personnes touchées par la violence et le conflit armé.

+ 300 %

du nombre d’enfants recrutés et utilisés par des groupes armés en Colombie en cinq ans.

Face aux urgences, Médecins du Monde mène divers programmes d’aide humanitaire. Découvrez nos actions en Colombie ci-dessous.

LA SITUATION HUMANITAIRE EN COLOMBIE

En Colombie, après des décennies de conflit entre l’État et les différents groupes armés et malgré la signature des accords de paix en 2016, des conflits internes perdurent. Les droits des populations civiles, notamment en zone rurale, sont toujours menacés et bafoués par différents groupes armés. Ces dernières années, les catastrophes naturelles et climatiques et les flux migratoires mixtes n’ont fait qu’amplifier ces difficultés, en particulier dans les zones géographiques reculées où l’État est peu voire pas présent et où l’accès humanitaire reste encore un défi.

  • DES CONFLITS AUX TROP NOMBREUSES VICTIMES

    En 2025, la situation humanitaire en Colombie s’est fortement aggravée. Les affrontements entre groupes armés se sont intensifiés dans les départements de Cauca, Nariño, Chocó, Valle del Cauca et le Catatumbo. Les violences contre les civils ont augmenté : au moins 85 550 personnes ont été affectées par des menaces, disparitions et violences ciblées entre janvier et août 2025.  

    Par ailleurs, les déplacements forcés sont en hausse. Les confinements, l’usage de mines antipersonnel et d’explosifs et les attaques contre des infrastructures civiles atteignent des niveaux préoccupants, faisant de 2025 l’une des années les plus critiques de la dernière décennie. En tout, plus de 1,6million de personnes ont été touchées par la violence et le conflit armé en 2025, soit trois fois plus qu’en 2024.  

    À ce panorama s’ajoute la réduction de l’espace humanitaire, due à la fois aux restrictions imposées par des groupes armés illégaux et à la baisse des financements de la coopération internationale. 

  • LA PRÉCARITÉ DES POPULATIONS RECULÉES

    Même si plus de 95 % de la population est affiliée au système de santé de la sécurité sociale colombienne, les services de santé sont souvent inaccessibles en raison de conditions géographiques complexes, du manque d’infrastructures adéquates, de la pénurie de personnel de santé et de la présence de groupes armés dans les territoires.  

    Ainsi, dans les zones rurales isolées des départements de Putumayo, Amazonas, Nariño, du Cauca, du Valle del Cauca et du Chocó, le premier centre de santé est parfois à plusieurs heures de marche ou de pirogue. 

    En mars 2025, le gouvernement colombien a adopté un plan national de santé rurale, reconnaissant de manière officielle les fortes inégalités d’accès à la santé dans les zones rurales et reculées. Intégrant une approche interculturelle, ce plan vise à réduire ces inégalités territoriales et tant sa mise en œuvre que sa continuité représentent un enjeu majeur à l’approche des élections présidentielles en 2026. 

  • LES FEMMES ET MINORITÉS SEXUELLES, PREMIÈRES VICTIMES DU CONFLIT

    Selon l’organisation colombienne Codhes (Comité pour les droits humains et les déplacements), 97 % des cas de violences sexuelles dans le contexte des conflits armés et des déplacements forcés restent impunis. Les acteurs armés utilisent la violence sexuelle pour intimider la population et les membres d’autres groupes avec lesquels ils sont en conflit, et déposer une plainte formelle dans ce contexte est souvent très difficile. Les femmes et les jeunes filles, notamment afrodescendantes et indigènes, sont les premières victimes. 

    Par ailleurs, l’absence de reconnaissance et de protection juridique des droits des personnes LGBTIQ+ peut constituer un obstacle à l’expression ouverte et libre de leur identité de genre et de leur orientation sexuelle, ce qui rend plus difficile une réponse adéquate à leurs besoins en matière de santé. 

  • DÉPÉNALISATION DE L’AVORTEMENT

    En Colombie, l’avortement a été dépénalisé en 2022 jusqu’à 24 semaines de grossesse. Malgré cette décision historique, l’accès à l’IVG reste entravé par de nombreux obstacles.  

    Parmi les principales difficultés, on note une méconnaissance du cadre juridique et une interprétation restrictive de celui-ci par les autorités. Le personnel de santé manque également de formation technique, juridique et en matière de droits de l’homme. De plus, la forte stigmatisation sociale, le manque d’information et le déficit d’infrastructures offrant ce service compliquent encore davantage l’accès à l’IVG. 

  • CRISE MIGRATOIRE VÉNÉZUÉLIENNE

    La Colombie demeure en 2025 le premier pays d’accueil de la population migrante vénézuélienne, avec plus de 1,9 millions de Vénézuéliens disposant d’un permis de protection temporaire, mais leurs besoins de protection et d’accès à la santé sont entravés par la précarisation du système colombien. 

    Le durcissement des politiques migratoires dans la région a profondément transformé les dynamiques en place. Alors que plus de 400000 personnes avaient traversé la frontière nord vers le Panama via le Darién en 2024, les flux se sont presque arrêtés en 2025, donnant lieu à un phénomène de migration inverse du nord vers le sud et à des changements constants de routes, parfois encore plus dangereuses. 

    La fermeture des frontières du Panama en juillet 2024 et le retrait des organisations internationales à Bajo Chiquito ont encore compliqué la situation. On estime qu’en milieu d’année 2025, seulement 13200 personnes ont traversé le pays, soit une baisse de 94% par rapport à 2024. 

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NOTRE AIDE HUMANITAIRE EN COLOMBIE

L’aide humanitaire de Médecins du Monde en Colombie a pour objectif de rendre effectif l’accès aux soins pour les populations affectées par les conflits tout en appuyant les structures locales et en renforçant le système de santé grâce à nos actions de plaidoyer.

  • LE CONSORTIUM HUMANITAIRE MIRE +

    Depuis les accords de paix, Médecins du Monde intervient en Colombie au sein du consortium Mire+ (mécanisme intersectoriel de réponse aux urgences) : avec deux autres ONG internationales, l’association propose une prise en charge en matière de santé, d’accès à l’eau et à l’hygiène, de protection, d’abri et de nourriture aux populations les plus touchées. 

    Dans ce cadre, l’action de Médecins du Monde se concentre sur les soins primaires d’urgence, notamment la médecine générale, la santé sexuelle et reproductive, la santé mentale et le soutien psychosocial.  

    L’idée est de se coordonner avec les autorités locales et d’impliquer les institutions existantes afin de relier la réponse d’urgence aux deux phases suivantes : le relèvement des populations touchées par la crise et le développement.  

  • METTRE UN TERME AUX VIOLENCES LIÉES AU GENRE ET GARANTIR L’ACCES A LA SANTE SEXUELLE ET REPRODUCTIVE

    Dans les établissements sanitaires de Nariño, Cauca, Valle del Cauca, Chocó, Médecins du Monde met l’accent sur la protection des victimes de violences sexuelles pour constituer des groupes d’autosupport et garantir une prise en charge globale. 

    Des ateliers destinés aux communautés, aux institutions de santé et aux dirigeants communautaires sont organisés sur des questions comme la violence domestique, la violence liée au genre, la violence sexuelle et les voies d’identification, d’accompagnement et de signalement.  

    Par ailleurs, tous les professionnels de santé des équipes en Colombie sont formés pour informer les bénéficiaires sur la procédure d’accès à l’IVG et les soins de suivi, pratiquent l’IVG médicamenteuse jusqu’à 12 semaines et orientent les patientes vers les services publics une fois ce délai passé.  

    De plus, Médecins du Monde maintient sa collaboration avec le mouvement Causa Justa, un collectif féministe militant pour les droits sexuels et reproductifs afin d’en prolonger les actions et de les accompagner dans la mise en œuvre effective du nouveau cadre réglementaire en Colombie. 

  • SOIGNER LES PERSONNES MIGRANTES

    Face aux changements brusques des flux migratoires et à l’ouverture de routes plus dangereuses dans le Darién, dès février 2025, Médecins du Monde a transformé son dispositif d’intervention fixe de Las Tecas en dispositifs semifixes et mobiles à Capurganá et Acandí, puis les a étendus vers la côte Pacifique.  

    Les populations rencontrées ont elles aussi évolué, avec une présence accrue de populations migrantes ayant vocation à s’installer sur place de manière durable et de communautés locales affectées par le conflit. Dans ce contexte, et face au retrait des acteurs humanitaires, les équipes de Médecins du Monde ont concentré leur action sur les soins de santé primaires, la santé sexuelle et reproductive, la santé mentale et l’accès effectif aux soins. L’association a notamment mis l’accent sur le travail avec les sagefemmes, l’amélioration de l’accès à l’eau et le renforcement de la coordination locale pour les soins et les évacuations. 

  • SOIGNER LES POPULATIONS ISOLÉES

    Dans la région Pacifique, Médecins du Monde intervient en partenariat avec une fondation italo-colombienne qui fournit des services de santé dans les zones prioritaires des départements d’Antioquia, Chocó et Cauca à bord d’un bateau-hôpital.  

    Des services de soins de santé primaires, de santé sexuelle, reproductive et mentale sont dispensés. Les équipes de Médecins du Monde mettent en place des maisons de santé interculturelles, renforcent les systèmes de suivi épidémiologique et assurent la formation d’agents de santé communautaires en lien avec les universités de médecine. 

Colombie : dans la jungle du conflit

  • 27 407

    bénéficiaires en 2025.

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bénéficiaires en 2025.

Colombie : notre combat pour les femmes

Historique
  • 1987

    Médecins du Monde commence à travailler avec les indiens Apaporis.

  • 1994

    Début d’un programme avec les enfants des rues. Fermeture en 2000.

  • 1997

    Intervention dans le département du Chocó affecté par le conflit armé. Fermeture en 2011.

  • 2003
    Fin du programme auprès des indiens, intervention dans le département du Meta affecté par le conflit armé.
  • 2010

    Début de l’intervention dans le Nariño.

  • 2016

    Accord de paix signé avec les FARC et début de réflexion sur l’adaptation des actions.