© Kristof Vadino

Les migrants et déplacés

28 000

migrants reçus dans nos centres de soins en France

 

52,9

millions de réfugiés et déplacés dans le monde en 2015

260 000

migrants soignés chaque année dans plus de 20 pays.

Une situation sanitaire précaire pour les personnes migrantes et déplacées

La pauvreté, la faim, les discriminations, la violence, la guerre, l’espoir d'une vie libre et d'un avenir pour leurs enfants : autant de raisons qui poussent une personne migrante, une famille, un mineur non accompagné à quitter un pays, des proches, tout un passé. Pourtant, le chemin de l’immigration est semé d’autres souffrances et l’arrivée dans le pays où l’on espérait un avenir meilleur est souvent synonyme de rejet, d’exclusion… Pour les demandeurs d’asile, les sans-papiers et les clandestins en situation irrégulière, l’accès aux soins est nettement restreint. Dans le cadre de la politique migratoire de certains pays, il se limite aux urgences vitales.

  • Ana, Honduras

    Ana, 27 ans

    "Je viens d’un petit village au Honduras. L’une de mes sœurs était partie s’installer à Tapachula, dans le Chiapas au Mexique. Je suis allée la rejoindre avec ma mère et ma fille. Nous avons dû traverser le fleuve Suchiate en radeau car nous n’avions pas de papiers. À Tapachula, la vie est plus tranquille et la situation économique meilleure qu’au Honduras. Je gagne correctement ma vie en travaillant dans un bar mais les gens pensent qu’on est des filles faciles. Comme je n’ai pas de titre de séjour et que les gens se méfient de moi, je n’ose pas aller chez le médecin."

  • Aboud

    Aboud, 23 ans

    « Je viens du Darfour, au Soudan du Nord. J'ai quitté l'enfer car c'est la guerre chez moi. Ils massacrent tout le monde et la famine est partout. Avant de partir, je croyais que la France, c'était le paradis. Je pensais qu'on pouvait avoir une maison facilement, qu’on pouvait travailler, faire des études... Je me rends compte que c'est dur, ce n'est pas du tout ce que j'avais imaginé mais bon... J'ai quitté l'enfer et ici, au moins, c'est la paix. »

  • Armelle, 27 ans

    « J’ai une fille de 9 ans qui est restée au Cameroun quand je suis venue vivre en France. Si je suis partie, c’est pour elle. Pour pouvoir l’envoyer à l’école. Aujourd’hui j’ai peur de tomber à nouveau enceinte. Je n’ai pas d’argent pour payer une consultation chez le gynécologue. J’ai entendu parler de plusieurs méthodes de contraception mais je n’ai pas confiance. Ca me fait peur. »

L'action humanitaire de Médecins du Monde : l'aide aux migrants dans leurs parcours de soins

L'ACTION HUMANITAIRE DE MÉDECINS DU MONDE : L'AIDE AUX PERSONNES MIGRANTES DANS LEURS PARCOURS DE SOINS

Lutter pour l’accès aux soins des plus vulnérables, c’est aussi militer pour le droit des migrants à la santé pendant leur parcours migratoire ou dans leur pays d’accueil. En France et ailleurs, en aidant ces populations à intégrer un parcours de soins classique, Médecins du Monde entend lutter contre la discrimination et leur permettre de mieux s’intégrer.

Agir dans les zones de transit en faveur des droits humains

Médecins du Monde intervient également dans les quartiers et dans les camps où transitent les personnes exilées à différentes étapes de leur périple. Nos équipes accompagnent les patients vers les structures de soins et les aident à faire valoir leurs droits en matière de couverture santé, en France comme en Algérie ou au Mexique.

L’association œuvre par ailleurs à améliorer les conditions de vie de ces personnes migrantes et déplacées. Nous plaidons pour que leur soient proposés des logements décents et un accès à l’hygiène. Nous militons pour que le droit d’asile soit une réalité et que les instances européennes sécurisent ces populations vulnérables.

Nous proposons des consultations médicales dans nos cliniques mobiles ou dans les centres de santé installés dans les camps, en Irak, à la frontière syrienne. Enfin, nous apportons à ces populations souvent traumatisées un soutien psychologique. Lorsque cela est nécessaire, un véritable suivi psychiatrique leur est proposé, comme c’est le cas pour les réfugiés syriens en Jordanie ou au Liban.

Médecins du Monde alerte sur le sans-abrisme des personnes exilées et migrantes à Paris et en Ile-de-France, et qui de ce fait ne bénéficient pas d'un accès à la santé
Médecins du Monde alerte sur le sans-abrisme des personnes exilées et migrantes à Paris et en Ile-de-France, et qui de ce fait ne bénéficient pas d'un accès à la santé
En Amérique Latine, Médecins du Monde déploie son action humanitaire afin de venir en aide aux personnes exilées sans accès aux soins © Reuters
En Amérique Latine, Médecins du Monde déploie son action humanitaire afin de venir en aide aux personnes exilées sans accès aux soins © Reuters

ACCUEIL DE MIGRANTS : LE PROJET MIGRANTS DROIT SANTÉ

Au total, 8 ONG (Médecins du Monde France, Allemagne, Belgique, Grèce, Espagne et Suède, accompagnées par la Slovene Philanthropy et Helsesenteret for papirlose migranter) sont impliquées dans ce programme. Elles soutiennent les autorités nationales de santé de 11 États membres de l’UE, à savoir :

  • La Grèce et l’Italie (ici-et-là-bas d’arrivée)
  • La Croatie, la Bulgarie et la Slovénie (ici-et-là-bas de transit dans les Balkans)
  • La France, l’Espagne, la Suède, la Belgique, la Norvège et l’Allemagne (ici-et-là-bas de destination).

 

Nos unités mobiles identifient les lieux d’arrivées et de transit des personnes migrantes pour y délivrer des soins de santé primaire, comptant parmi les droits fondamentaux des migrants. Chaque migrant se voit alors attribuer un carnet de santé afin de faciliter les démarches médicales tout au long de son parcours (notamment pour la vaccination).

Quel que soit le pays d’origine des migrants, nous œuvrons à lutter contre la persécution des migrants qui fuient leur pays. Les droits des personnes migrantes s’inscrivent au cœur de nos actions visant à rendre l’accueil des migrants plus humain.

Nos équipes veillent également à sensibiliser ces populations à leurs droits à la santé afin de leur permettre d’accéder aux systèmes de soins nationaux. Les données que nous collectons lors des actions sont systématiquement partagées avec les autorités locales dans le but d’améliorer la prise en charge du flux migratoire.

Nos équipes veillent également à sensibiliser ces populations à leurs droits à la santé afin de leur permettre d’accéder aux systèmes de soins nationaux. Les données sur l’état de santé et les difficultés rencontrées par les personnes migrantes que nous collectons lors des actions sont systématiquement partagées avec les autorités locales dans le but d’améliorer la prise en charge des personnes dans leur parcours migratoire.

A la Villette, les migrants sont régulièrement expulsés de leurs campements © Reuters
A la Villette, les migrants sont régulièrement expulsés de leurs campements © Reuters

Qu’est-ce qu’une personne migrante ?

Bien que non défini dans le droit international, le terme « migrant » désigne couramment une personne qui quitte son pays d’origine dans le but de partir s’installer dans un pays étranger. Etant donnée la situation d’exil dans laquelle elle se trouve alors, on parle également de personne « exilée », expression moins chargée négativement.

Le terme « migrant » peut aussi désigner une personne qui effectue une migration interne, se déplaçant d’une région à une autre à l’intérieur d’un seul et même pays. On parle alors de « déplacé interne ».      

Quelle est la différence entre migrant et réfugié ?

Souvent employés sans distinction, les termes « migrant » et « réfugié » n’ont pourtant pas la même signification, ni la même valeur juridique.

Une personne est dite réfugiée lorsqu’elle se voit contrainte de fuir le pays dans lequel elle réside afin d’échapper aux persécutions ou conflits armés qu’elle y subit. Institué notamment par la Convention de Genève, à l’inverse de celui de migrant, le statut de réfugié est reconnu par le droit international. Cela permet d’assurer aux personnes qui en bénéficient, une certaine protection par le devoir qu’ont les Etats de garantir les droits fondamentaux de ces personnes et de considérer avec attention leurs demandes d’asile.

Lorsque la sécurité et l’intégrité physique de la personne ne sont en revanche pas considérées comme étant directement menacées, il est plus adapté de parler de personne migrante ou exilée. Même si les causes de départ et le voyage vers le pays d’accueil peuvent s’accompagner de souffrances et de dangers tout à fait comparables. Une personne peut ne pas avoir le statut administratif de réfugié parce qu’un État lui aura refusé cette protection, cela ne signifie pas pour autant que cette personne n’a pas été victime de persécutions ou ne risque pas des persécutions dans son pays.

Médecins du Monde s’engage sur la question migratoire en proposant son soutien sur plusieurs plans.

Migrantsinfo-icon : qu’est qu’une demande d’asile?

Toutes les personnes, migrantes, demandant l’asile, ou bénéficiant du statut de réfugié disposent d’un droit fondamental et humain : celui d’être protégé. Toutes les personnes, quel que soient leur pays, qui subissent ou craignent de subir des persécutions devraient pouvoir obtenir un statut de réfugié.

La procédure de demande d’asile doit permettre aux personnes, quel que soit leur parcours et route migratoire, de bénéficier de l’examen de leur demande et de bénéficier du statut de réfugié dans le pays de leur choix. Les personnes exilées peuvent être amenées à demander l’asile ou le séjour pour plusieurs raisons : pour des raisons économiques, pour rejoindre leur famille, pour régulariser leur situation de travailleur, pour fuir des persécutions, pour échapper à la guerre et aux violences…

L’aide aux personnes migrantes et aux demandeurs d’asile implique donc également des enjeux administratifs, qui diffèrent selon les personnes et leurs statuts administratifs, et suppose de la part de l’État des suivis spécifiques et adaptés à chaque situation. Toutes les personnes devraient pouvoir accéder librement aux procédures les concernant, qu’il s’agisse de régularisation, de protection subsidiaire ou de « regroupement familial ».

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