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Mexique et Amérique Centrale

© Olivier Papegnies

2,2 millions

de personnes ont besoin d’aide humanitaire.

264 868 personnes

réfugiées.

345 000 personnes

déplacées internes.

450 000 personnes

migrent chaque année entre l’Amérique centrale et le Mexique.

Face aux urgences, Médecins du Monde mène divers programmes d'aide humanitaire. Découvrez nos actions et missions au Mexique et en Amérique Centrale ci-dessous.

L’URGENCE HUMANITAIRE AU MEXIQUE ET EN AMÉRIQUE CENTRALE

La crise migratoire, les conditions d’accueil déplorables et le taux très élevé de violences liées au genre dans la région Méso-américaine nécessitent le déploiement d’une action action humanitaire de grande ampleur.

Reportage : Crise migratoire au Mexique et en Amérique Centrale

  • 25 %

    des personnes migrantes sont des femmes.

  • 15 %

    sont des enfants ou des adolescents.

25 %

des personnes migrantes sont des femmes.

15 %

sont des enfants ou des adolescents.

Mexique : droits dans le mur

LES MIGRANTS AU COEUR DE L’INSÉCURITÉ

L’Amérique centrale et le Mexique, qui font partie de la région méso-américaine, sont considérés comme le corridor ayant le plus fort flux permanent de migrants en transit au niveau mondial.

 

Le Mexique connaît une dynamique migratoire complexe, avec des flux d’émigration, d’immigration et de transit.

 

Environ 450 000 personnes migrent chaque année entre l’Amérique centrale et le Mexique. Parmi ces personnes, de plus en plus de familles, de femmes et d’enfants fuient la pauvreté, la violence et l’insécurité liée au crime organisé, aux pratiques des gangs et de certains agents des forces de l’ordre.

 

La situation de violence généralisée et d’impunité qui prévaut dans la région méso-américaine vient ajouter des déplacements internes de populations à cette crise migratoire transnationale.

 

Depuis le début de l’année 2022, le nombre de réfugiés, de migrants et de rapatriés en transit par voie terrestre vers le nord de l’Amérique centrale a considérablement augmenté. Les personnes se déplacent principalement par des voies irrégulières et, en cours de route, se heurtent à des obstacles bureaucratiques, subissent des accidents et des blessures, sont victimes d’extorsion et de violences sexuelles ou disparaissent et sont séparées de leur famille.

 

Les services dans les villes frontalières sont limités, et ceux qui existent sont débordés. Les refuges fonctionnent souvent bien au-delà de leur capacité et accueillent des personnes pendant plus d’un mois, alors qu’ils ont été conçus pour héberger des personnes pendant seulement trois jours. Le manque de services met en danger les femmes et les enfants déjà vulnérables.

 

Les enfants seraient exposés à des risques d’abus sexuels, de recrutement par des gangs et de violence, et les femmes sont des cibles vulnérables des gangs criminels qui se livrent à la traite des êtres humains.

 

En outre, la violence continue de sévir au Mexique et dans les villes frontalières en particulier. 

 

L’année 2022 a été marquée par une aggravation de la crise des réfugiés au Mexique, avec une augmentation du flux de personnes ayant besoin de protection internationale et un nombre record de demandes d’asile dans le pays.

 

Alors que les politiques migratoires étaient déjà répressives en Méso-Amérique, le contrôle des frontières s’est encore durci. En 2019, les États-Unis ont exercé des pressions et obtenu la signature d’accords avec le Mexique, le Guatemala, le Salvador et le Honduras, visant à freiner la migration irrégulière. Ces dispositifs ont entraîné la fermeture des routes migratoires, l’augmentation des déportations et des détentions des demandeurs d’asile et la militarisation des frontières. Il en résulte une extrême vulnérabilité des personnes migrantes, sur leur route migratoire mais aussi lors de leur retour forcé.

  • DES CONDITIONS D’ACCUEIL DÉPLORABLES

    2022 a été l’année où le nombre d’arrestations de migrants transitant par le Mexique en situation « irrégulière » a été le plus élevé : 444 439 arrestations, soit 44 % de plus que l’année précédente.

     

    Les Vénézuéliens ont été la nationalité la plus déportée par les autorités migratoires mexicaines en 2022, avec 97 078 arrestations ; 2 127 % de plus que l’année précédente.

    De mars 2020 au 31 décembre 2022, les États-Unis ont effectué 2 548 284 déportations en vertu du titre 42. Pour la seule année 2022, la police des frontières américaine a procédé à 2 578 184 arrestations de migrants, dont 31 %, soit le plus grand nombre, étaient mexicains.

     

    Par ailleurs, au cours de l’année 2022 , en raison des modifications des politiques migratoires mexicaines résultant de l’accord avec les États-Unis, des milliers de migrants africains et principalement haïtiens (dont le nombre est estimé à environ 18 000) se sont retrouvés bloqués dans la ville de Tapachula. Le flux en provenance d’Amérique centrale n’a pas diminué non plus. La plupart de ces migrants sont dans une situation précaire et ont un grand besoin d’aide humanitaire.

  • AUGMENTATION DES VIOLENCES SEXUELLES LIÉES AU GENRE

    Le Mexique a connu une augmentation de diverses formes de violences sexistes contre les femmes et les filles : les chiffres officiels font état d’une hausse du nombre d’assassinats de femmes, comprenant des féminicides ainsi que des abus sexuels et des viols. En 2021, selon les chiffres officiels, quelques 3 751 femmes ont été assassinées et près de 100 000 ont disparu au Mexique.

     

    En outre, le pays a le taux de grossesse chez les adolescentes le plus élevé des pays de l’OCDE.

     

    Les femmes migrantes sont particulièrement confrontées à des besoins de santé liés à leur sexe, leur genre, leur sexualité et leur reproduction tant dans leur pays d’origine que pendant leur transit ou leur installation au Mexique. Ce contexte les expose à des besoins sanitaires spécifiques liés, entre autres, à la violence et aux violences sexuelles liées au genre, aux grossesses non désirées, aux infections sexuellement transmissibles (IST) et aux soins de santé maternelle.

  • L'IMPACT DU COVID SUR TOUS LES TYPES DE SOINS

    La pandémie de COVID-19 a eu un fort impact sur le système de santé, avec une dégradation générale de l’accès au droit à la santé dans le système public et un accès très limité pour les populations nécessitant des soins non-COVID-19, notamment les services de santé sexuelle et reproductive (SSR) et de prise en charge de violences liées au genre et domestiques. Dans le domaine de la santé mentale également, la pandémie a mis en évidence des besoins existants et en a exacerbé d’autres en raison des mesures mises en œuvre pour contrôler l’épidémie.

     

    De nombreux refuges pour migrants gérés par des organisations de la société civile (OSC) et des organisations religieuses, déjà surpeuplés de par l’augmentation du nombre de personnes exilées demandeuses d’asile ou en transit ont fermé leurs portes ou limité leurs entrées pendant la période de pandémie en 2020, ce qui a entraîné une augmentation du nombre de personnes à la rue pendant cette période. La réouverture en 2021 a été très lente et progressive et les services offerts ont perdu de leur qualité.

Equipe de police à côté d'un camp de migrants au Mexique © Olivier Papegnies

© Olivier Papegnies

Une équipe de police à Tapachula au Mexique

L’ACTION HUMANITAIRE DE NOTRE ASSOCIATION AU MEXIQUE ET EN AMÉRIQUE CENTRALE

 

Les associations Médecins du Monde France et Espagne mènent depuis 2016 une mission humanitaire au Mexique dans le but d’assurer l’accès aux soins et la protection des personnes migrantes et déplacées internes au Honduras, Guatemala, Salvador et au Mexique. Ce programme s’articule autour de trois axes principaux : le soutien aux institutions publiques, le renforcement des politiques de plaidoyer et l’apport d’une aide médicale au Mexique.

  • SOUTENIR LA CAPACITÉ D’AGIR DES INSTITUTIONS PUBLIQUES

    Médecins du Monde apporte une aide aux institutions publiques mexicaines afin d’améliorer leur réponse aux besoins de ces populations et des organisations de la société civile.

     

    L’objectif de notre ONG est également de promouvoir la participation de ces institutions dans le cycle des politiques publiques, et d’améliorer l’accompagnement psychosocial des populations concernées. Ce premier axe met en exergue un besoin de collaboration avec les autorités locales.

  • RENFORCER LE PLAIDOYER

    Médecins du Monde souhaite impulser la création ou la révision de politiques publiques portant sur l’accès aux soins pour les populations migrantes et déplacées internes. En tant qu’élément clé de l’action humanitaire de notre association au Mexique, ce plaidoyer vise à tirer la sonnette d’alarme, et à définir les priorités du plan d’action.

     

    Après trois années de mise en œuvre du programme, Médecins du Monde bénéficie d’accords de partenariat avec sept structures publiques, 11 associations civiles de type ONG et sept organisations sociales « de base », constituées de personnes migrantes expulsées et des parents de personnes migrantes disparues qui travaillent sur plusieurs étapes du parcours migratoire.

     

    En 2021, Médecins du Monde a également répondu aux besoins humanitaires des caravanes de migrants centro-américains, et de migrants africains bloqués en fournissant des moyens de réhydratation, d’hygiène, des médicaments et en mettant du personnel médical à disposition des entités en charge de la situation, notamment les refuges qui se sont vus surpassés par ces flux de population.

  • ASSURER L'ACCÈS AU SOIN DES PERSONNES MIGRANTES

    Notre ONG intervient auprès des personnes les plus vulnérables, les enfants et adolescents non accompagnés, ou encore les personnes en situation de déplacement forcé accueillies au sein des programmes de nos partenaires.

     

    Médecins du Monde France et Espagne mènent depuis 2016 un programme régional dans le but d’assurer l’accès aux soins et la protection des personnes migrantes et déplacées internes au Honduras, Guatemala, Salvador et au Mexique. Dans le cadre de ce programme, Médecins du Monde intervient au Mexique, à Tapachula dans le Chiapas pour rétablir l’accès aux soins et améliorer la prise en charge des personnes migrantes.

     

    En effet, d’après l’Institut national des migrations, l’État du Chiapas était le lieu où se trouvait le plus grand nombre de migrants, avec 25 768 migrants en 2022.
    Les équipes fournissent des soins de santé primaire et mentale dans des abris qui hébergent des centaines de migrants, dans des logements pour demandeurs d’asile, ainsi qu’aux migrants en situation de rue.

     

    Pour compléter la prise en charge des patients, Médecins du Monde renforce l’activité de 11 structures sanitaires locales en appuyant les équipes et en assurant la distribution de matériel médical et médicaments.

  • PRISE EN CHARGE DES VIOLENCES SEXUELLES LIÉES GENRE

    En 2022 , avec la confirmation de nouveaux partenariats financiers avec l’UNHCR et l’Union Européenne, Médecins du Monde a pu renforcer l’accès aux soins aux populations migrantes survivantes de VLG à travers un programme de gestion intégrale des cas de survivantes de violence sexuelle et sexiste pour les demandeurs d’asile, les réfugiés et les bénéficiaires de la protection complémentaire.

     

    Médecins du Monde a ouvert une nouvelle base à Ciudad Juarez pour améliorer la prévention et la prise en charge de la violence liée au genre.

  • BILAN

    En 2022 , dans le cadre de la  mission humanitaire de notre association au Mexique, nous avons :

    • pris en charge 2611 personnes migrantes,
    • réalisé 453 consultations de santé primaire
    • pris en charge 550 victimes de VSBG,
    • réalisé 402 consultations de services psychosociaux,
    • soutenu la formation de 7 structures locales et 11 institutions publiques,
    • sensibilisé 900 personnes migrantes sur la VSBG.
Historique
  • 1998
    Programme d’accès aux soins des populations indigènes de Los Altos Chiapas, Mexique.
  • 2004
    Intervention d’urgence suite à l’ouragan Stan, Mexique.
  • 2007
    Intervention d’urgence auprès des victimes des inondations à Tabasco, Mexique.
  • 2011
    Lancement du programme d’accès aux soins des travailleuses du sexe et employées domestiques immigrées, Mexique.
  • 2016
    Ouverture du programme d’amélioration d’accès à la santé des personnes migrantes et expulsées, El Salvador – Guatemala – Honduras – Mexique.
  • 2020
    Distribution du matériel de protection et sensibilisation aux gestes barrières pour contenir la propagation de la Covid-19.