Mexique et Amérique Centrale

450 000  

personnes migrent chaque année entre l’Amérique centrale et le Mexique

25 %

de ces migrants sont des femmes

15 %

sont des enfants ou des adolescents

Face aux urgences, Médecins du monde mène divers programmes d'aide humanitaire. Découvrez nos actions et missions au Mexique et en Amérique Centrale ci-dessous.

L’URGENCE HUMANITAIRE AU MEXIQUE ET EN AMÉRIQUE CENTRALE

UNE CRISE MIGRATOIRE DE GRANDE AMPLEUR

Les migrants au coeur de l’insécurité
L’Amérique centrale et le Mexique, faisant partie de la région méso-américaine, sont considérés comme le corridor ayant le plus fort flux permanent de migrants en transit au niveau mondial. Environ 450 000 personnes migrent chaque année entre l’Amérique centrale et le Mexique.

Parmi les centaines de milliers de personnes qui migrent chaque année entre l’Amérique centrale et le Mexique, de plus en plus de familles, de femmes et d’enfants fuient la pauvreté, la violence et l’insécurité liée au crime organisé, aux pratiques des gangs et de certains agents des forces de l’ordre.

La situation de violence généralisée et d’impunité qui prévaut dans la région méso-américaine vient ajouter des déplacements internes de populations à cette crise migratoire transnationale.

Alors que les politiques migratoires étaient déjà répressives en Méso-Amérique, le contrôle des frontières s’est encore durci. En 2019, les États-Unis ont exercé des pressions et obtenu la signature d’accords avec le Mexique, le Guatemala, le Salvador et le Honduras, visant à freiner la migration irrégulière. Ces dispositifs ont entraîné la fermeture des routes migratoires, l’augmentation des déportations et des détentions des demandeurs d’asile et la militarisation des frontières. Il en résulte une extrême vulnérabilité des personnes migrantes, sur leur route migratoire mais aussi lors de leur retour forcé. Cette crise migratoire de grande ampleur nécessite le déploiement d’une action humanitaire au Mexique.

Camps de migrants au Mexique © Olivier Papegnies

© Olivier Papegnies

Des personnes migrantes dans un camp à Tapachula au Mexique

Des conditions d’accueil déplorables
En janvier 2020, une caravane de migrants est arrivée du Mexique et a été contenue puis réprimée par la Garde nationale, la police militaire, la marine, la police fédérale ainsi que par des agents de l’Institut national des migrations. Ces derniers, issus d’une mesure d’atténuation de la pression américaine envers le Mexique, ont été déployés le long de la frontière sud des Etats-Unis. Ils ont demandé au gouvernement mexicain de reconnaître le contexte de crise générant des déplacements forcés dans la région. Il leur a également été demandé de respecter les droits humains des migrants et des personnes ayant besoin d’une protection internationale.

Par ailleurs, depuis juillet 2019, en raison des changements dans les politiques migratoires mexicaines découlant de l’accord avec les États-Unis, des milliers de migrants africains (estimés entre 3 500 et 5 000) et haïtiens ont été bloqués dans la ville de Tapachula. La majorité de cette population migrante se trouve dans une situation précaire avec des besoins d’aide humanitaire très importants.

Equipe de police à côté d'un camp de migrants au Mexique © Olivier Papegnies

© Olivier Papegnies

Une équipe de police à Tapachula au Mexique

La lenteur des démarches
En outre, le 24 mars 2020, en réponse à la crise sanitaire, le ministère mexicain de l’Intérieur (SeGob) a suspendu les délais des procédures administratives, y compris celles menées par l’INM et les processus de demande de statut de réfugié devant la Comar, laissant les personnes sans certitude juridique. Bien que les demandes d’asile continuent à être reçues, des courriels ont été mis en place pour le suivi des procédures, tandis que les entretiens se déroulent par téléphone.

Un système qui participe à accroître la perception de la lenteur des résolutions de la Comar. Placés dans une situation de grand désespoir, de nombreuses personnes ont même fait le choix d’abandonner leurs demandes.

La crise COVID-19 et ses répercussions
C’est dans un contexte humanitaire sensible que le Mexique doit faire face à la pandémie de COVID-19. Parce que les populations migrantes n’ont pas été considérées comme des groupes prioritaires face à l’urgence sanitaire, les obstacles pour accéder aux soins de santé physique et mentale se sont exacerbés.

Confrontés à la discrimination, aux barrières linguistiques pour ceux qui migrent d’un continent à l’autre, les migrants peinent à s’y retrouver dans le système complexe de santé publique du Mexique et se voient parfois refuser l’accès aux soins. Ces personnes ont besoin de prévention et de soins spécifiques et coordonnés, raison pour laquelle une aide médicale d’urgence doit être déployée au Mexique. Médecins du Monde s’est mobilisé pour apporter une réponse humanitaire au pays afin de lutter contre cette situation inédite.

NOTRE ACTION HUMANITAIRE AU MEXIQUE ET EN AMÉRIQUE CENTRALE

Les associations Médecins du Monde France et Espagne mènent depuis 2016 une mission humanitaire au Mexique dans le but d’assurer l’accès aux soins et la protection des personnes migrantes et déplacées internes au Honduras, Guatemala, Salvador et au Mexique. Ce programme  s’articule autour de trois axes principaux : le soutien aux institutions publiques, le renforcement des politiques de plaidoyer et l’apport d’une aide médicale au Mexique.

3 AXES CENTRÉS AUTOUR D’UN MÊME OBJECTIF

  • Soutenir les capacités d’agir des institutions publiques

    Face aux urgences, Médecins du Monde apporte une aide aux institutions publiques mexicaines afin d’améliorer leur réponse aux besoins de ces populations et des organisations de la société civile. L’objectif de notre ONG est également de promouvoir la participation de ces institutions dans le cycle des politiques publiques, et d’améliorer l’accompagnement psychosocial des populations concernées. Ce premier axe met en exergue un besoin de collaboration avec les autorités locales.

  • Assurer la prise en charge médicale et psychologique

    Notre ONG intervient auprès des personnes les plus vulnérables, c’est-à-dire les enfants et adolescents non accompagnés, ou encore les personnes en situation de déplacement forcé accueillies au sein des programmes de nos partenaires.

  • Renforcer le plaidoyer

    À partir de recherches et de systématisations d’expérience, Médecins du Monde souhaite impulser la création ou la révision des politiques publiques portant sur l’accès aux soins pour les populations migrantes et déplacées internes. En tant qu’élément clé de notre action humanitaire au Mexique, ce plaidoyer vise à tirer la sonnette d’alarme, et à définir les priorités du plan d’action.

    Après trois années de mise en œuvre du programme, Médecins du Monde bénéficie d’accords de partenariat avec sept structures publiques, 11 associations civiles de type ONG et sept organisations sociales « de base », constituées de personnes migrantes expulsées et des parents de personnes migrantes disparues qui travaillent sur plusieurs étapes du parcours migratoire.

    En 2019, Médecins du Monde a également répondu aux besoins humanitaires des caravanes de migrants centro-américains, et de migrants africains bloqués en fournissant des moyens de réhydratation, d’hygiène, des médicaments et en mettant du personnel médical à disposition des entités en charge de la situation, notamment les refuges qui se sont vus surpassés par ces flux de population.

    Avec la pandémie et dans le cadre de son aide médicale au Mexique, Médecins du Monde a continué à fournir des soins médicaux à la population locale.

    Une réponse locale au COVID-19 à Tapachula a été planifiée pour atteindre les populations vulnérables, y compris les migrants, les sans-abris et autres populations vulnérables.

Sur le terrain, à Tapachula

À Tapachula, première grande ville et porte d’entrée des personnes migrantes au Sud du Mexique, notre équipe intervient sur deux segments prioritaires.

Rétablir l’accès aux soins pour les migrants :

  • en proposant des soins de santé primaire par notre équipe médicale
  • en distribuant du matériel de protection et en sensibilisant aux gestes barrières pour contenir la propagation du Covid-19
  • en appuyant les équipes sanitaires locales pour compléter la prise en charge des patients
  • en soutenant les structures sanitaires locales avec la distribution de matériel médical et médicaments.

Améliorer la prise en charge des migrants :

  • en appuyant les activités des associations locales pour la protection des exilés, le respect de leurs droits et l’amélioration des politiques d’accueil.

Ces actions sont menées avec l’espoir de :

  • Dispenser des soins de santé primaire à 1 400 personnes
  • Renforcer l’activité de 11 structures sanitaires locales pour offrir un meilleur accès aux soins et aux droits des personnes migrantes
  • Former les équipes de 7 associations locales en matière de droits pour améliorer les politiques d’accueil des réfugiés, leur protection et leur prise en charge administrative et sanitaire.
Historique
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    1998
    Programme d’accès aux soins des populations indigènes de Los Altos Chiapas, Mexique.
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    2004
    Intervention d’urgence suite à l’ouragan Stan, Mexique.
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    2007
    Intervention d’urgence auprès des victimes des inondations à Tabasco, Mexique.
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    2011
    Lancement du programme d’accès aux soins des travailleuses du sexe et employées domestiques immigrées, Mexique.
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    2016
    Ouverture du programme d’amélioration d’accès à la santé des personnes migrantes et expulsées, El Salvador – Guatemala – Honduras – Mexique.
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    2020
    distribution du matériel de protection et sensibilisation aux gestes barrières pour contenir la propagation de la Covid-19.

Crédit photos : Olivier Papegnies