Faire un don

La réduction des risques

Bénéficiaire souffrant de la tuberculose. © William Daniels

La réduction des risques

Médecins du Monde intervient depuis près de 30 ans auprès des populations à risques, en particulier les usagers de drogues et les personnes qui se prostituent, avec des projets de réduction des risques (RdRinfo-icon). C’est l’un de nos principaux combats. L’objectif est de réduire les risques liés à l’usage de substances psycho-actives et aux pratiques sexuelles, en apportant une réponse médicale, psychosociale et communautaire.

Comprendre la RdR

Premiers programmes d’échanges de seringues, services mobiles auprès des professionnelles du sexe, accès aux traitements de substitution aux opiacés, analyse de drogues, éducation aux risques liés à l’injection… Voilà quelques exemples de projets pilotes mis en place depuis 1986 par Médecins du Monde en France. L’approche de RdRinfo-icon est aujourd’hui reconnue au niveau mondial comme étant la méthode la plus efficace pour réduire la transmission du VIHinfo-icon dans ces groupes les plus à risques.

Des groupes stigmatisés

C’est pourquoi Médecins du Monde fait une priorité de rendre effectivement accessible les services de RdRinfo-icon à ces personnes. Autant de personnes qui sont généralement exclues des systèmes de santé en raison de ce qu’elles sont ou de ce qu’elles font. C’est en ce sens qu’elles sont plus vulnérables et à risque que d’autres : non pas parce que le virus est différent ou se transmet de façon différente, mais parce que leur statut social et légal les éloigne des programmes de prévention et de prise en charge. C’est cela qui les expose plus que d’autres à un risque d’infection par les virus du sida et des hépatites virales. Parfois, la relégation dont elles font l’objet va jusqu’à l’enfermement, la torture, voire la mort.

La réduction des risques repose sur le non-jugement de l’autre.

 

 
 
Une approche compréhensive

La RdRinfo-icon est ainsi une approche globale basée sur la compréhension des risques. Ils s’envisagent globalement en termes de répercussions sanitaires, sociales et économiques, et prennent en compte l’impact de la maladie sur les individus, dans les communautés et dans l’ensemble de la société. Une telle définition implique non seulement des interventions en matière de santé publique mais également des actions de plaidoyer permettant de modifier l’environnement politique et légal dans lequel vivent ces personnes.

Des pratiques participatives

La réduction des risques se veut pragmatique et humaine, elle repose sur le non-jugement de l’autre et l’acceptation des différentes pratiques et « modes de vie » des personnes rencontrées. Au-delà de leur pertinence en termes de santé publique, nos programmes de réduction des risques ont pour objectif de contribuer au développement d’une réponse communautaire. C’est-à-dire qu’ils visent le renforcement des capacités et l’autonomisation par la participation active des groupes bénéficiaires, à la fois pour définir les réponses de santé et pour lutter contre la stigmatisation et l’exclusion dont ils sont l’objet. Nous soutenons la création de groupes d’auto-support pour renforcer la société civile et la reconnaissance d’expertises issues de l’expérience. C’est en ce sens que les actions de RdRinfo-icon, via une réponse communautaire, permettent un changement social.

Des projets innovants et militants

Nos programmes de réduction des risques se sont d’abord développés en France, puis étendus dans le monde à partir de 1997. Nous sommes aujourd’hui présents en Asie, en Europe de l’Est et en Afrique, proposant une approche holistique de la RdRinfo-icon, principalement auprès des usagers de drogues mais également auprès des personnes qui se prostituent et des minorités sexuelles et de genre.

Médecins du Monde est ainsi un acteur clé de la RdRinfo-icon dans le monde, mettant à profit son expertise pour développer des réponses concrètes et de qualité mais aussi pour renforcer les capacités des acteurs nationaux afin de contribuer activement à diffuser la RdRinfo-icon.

Nos combats

Médecins du Monde promeut une approche de RdRinfo-icon basée sur des éléments scientifiques qui ont également démontré leur plus-value en termes de coût et d’efficacité. Les Nations unies définissent 9 axes d’intervention dans le champ de la prévention et du traitement du VIHinfo-icon auprès des personnes usagères de drogues. Nous proposons un cadre d’intervention pluridisciplinaire plus large, reposant sur 12 axes.

Les 12 axes d’intervention dans la prévention et du traitement du VIH.

Au-delà d’une réponse de santé, Médecins du Monde inscrit ses combats autour de 4 axes politiques :

  1. Plaidoyer pour un accès au dépistage et au traitement des hépatites virales. Cet axe particulièrement fort est développé depuis 3 ans.

  2. Promotion du concept et des pratiques de RdRinfo-icon en Afrique où la prise en charge des usagers de drogues est quasi-inexistante (moins de 1 % d’entre eux bénéficient de services de santé adaptés à leur situation).

  3. Évolution du sens et des pratiques de RdRinfo-icon dans le monde. La RdRinfo-icon est encore beaucoup trop centrée sur la prévention du VIHinfo-icon en lien avec l’injection. Il est nécessaire de l’envisager de façon plus globale en allant au-delà du cadre de référence technique des agences nationales et internationales.

  4. Réforme des lois et réglementations nationales ainsi que des politiques internationales de criminalisation, de répression ou de contrôle sanctionnant les pratiques et les modes de vie de ces personnes au profit d’approches fondées sur la santé publique et les droits humains.

La lutte contre l’hépatite C

L’hépatite C (VHCinfo-icon) est qualifiée d’« épidémie silencieuse »  car malgré l’ampleur et la gravité de la contamination, le sujet est peu évoqué, et surtout peu connu. C’est parce que dans les pays à revenus faibles et intermédiaires, beaucoup des personnes usagères de drogues rencontrées dans nos programmes de RdRinfo-icon étaient infectés et n’avaient accès à aucun traitement, que nous menons depuis 2011 un plaidoyer fort sur l’hépatite C.

Prise de traitement contre l'hépatite C en Georgie
Un traitement inaccessible

Il n’existe à ce jour pas de vaccin contre l’hépatite C, en revanche des nouveaux traitements permettent de guérir en 12 à 24 semaines. Mais l’immense majorité des malades qui ont besoin de ces traitements n’y ont pas accès. Un des principaux obstacles est leur prix et le fait que très peu de ressources sont aujourd’hui dédiées à la prise en charge des hépatites dans les pays à revenus faibles et intermédiaires. Les laboratoires pharmaceutiques détiennent des brevets qui leur octroient des monopoles sur la commercialisation des traitements dont les laboratoires abusent pour imposer des prix exorbitants. Même dans les pays où des médicaments génériques pourraient être commercialisés, l’absence de programmes nationaux et de ressources disponibles pour la prise en charge des hépatites retarde l’enregistrement et la commercialisation des génériques.

Une lutte mondiale

Médecins du Monde a été à l’origine de la création en juillet 2012 d’une coalition mondiale de lutte contre l’hépatite C qui anime un réseau et développe des outils de plaidoyer. Le site web de la coalition est conçu comme un espace ouvert et participatif pour promouvoir le partage d’informations, de stratégies et d’outils de plaidoyer aux niveaux national, régional et international. Nos actions de plaidoyer ont permis d’obtenir un meilleur leadership de l’Organisation mondiale de la santé pour la lutte contre les hépatites virales. Médecins du Monde fait partie d’un groupe de travail de la société civile auprès de l’OMSinfo-icon et participe à l’élaboration des lignes directrices et à la définition de la stratégie sectorielle sur les hépatites virales.

Pour aller plus loin

Donner

10 € pour l’achat d’un kit “safe injection”

S'engager

Je deviens bénévole.

S'informer

Je m'inscris à la newsletter.