La réduction des risques

Bénéficiaire souffrant de la tuberculose. © William Daniels

La réduction des risques

L’accès à la santé est un droit humain à vocation universelle. Pourtant, la désapprobation morale et la condamnation pénale de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre ou de certaines pratiques – comme l’usage de drogues, le travail du sexe –, réduisent l’exercice de ce droit pour les personnes qui ne veulent pas ou ne peuvent pas s’en défaire.

Pire, la stigmatisation et l’exclusion sociale multiplient les risques. Elles favorisent la transmission de maladies comme le VIHinfo-icon / sida et d’autres problèmes de santé, mais aussi les violences, la marginalité sociale et la précarité.

Quelques définitions pour mieux comprendre la Réduction des Risques

Qu'est-ce qu'une drogue ?

Les drogues sont des substances psychoactives capables de modifier les fonctions psychiques et/ou physiologiques d’un individu, à savoir l’humeur, la pensée, le comportement ou l’émotion ; et susceptibles de créer une dépendance psychologique ou physique.

Nous entendons par « drogues » les produits psychoactifs non autorisés (illicites, détournés, non-régulés). L’illégalité de l’usage de drogues génère pour les consommateurs des risques spécifiques au niveau sanitaire, juridique et social qui doivent être pris en compte dans une approche de santé globale. 

Quelques chiffres clés sur les drogues :

  • La répression des drogues en France représente un coût exorbitant de 2,4 milliards d’euros (soit 0,1% du PIB)
  • La France est le pays de l’UEinfo-icon ayant les plus forts niveaux de consommation : 1er pour le cannabis et 3e pour la cocaïne
  • A l’échelle mondiale le budget dépensé pour le contrôle des drogues est de 100 milliards de dollars. Une réorientation de 10% de ce montant permettrait de mettre fin aux épidémies de VIHinfo-icon et d’hépatite C chez les usagers de drogues.

Prise de traitement contre l'hépatite C en Georgie
Prise de traitement contre l'hépatite C en Georgie

 

Qu'est-ce que le travail du sexe ?

Médecins du Monde-France choisit de privilégier l’emploi des termes de « travail du sexe » et de « travailleuse et travailleur du sexe » pour désigner l’activité et les personnes qui l’exercent, quelles que soient les conditions de cet exercice. Cette terminologie renvoie aux personnes dont l’activité, choisie ou contrainte, se définit dans des échanges économico-sexuels dont les transactions économiques peuvent être explicites (prestations sexuelles contre de l’argent) ou implicites (services sexuels contre protection, logement, produits psychoactifs, aide à la migration...).

Qu’est-ce que la Réduction des Risques ? 

 

Association médicale de solidarité internationale, Médecins du Monde s’engage depuis près de 40 ans auprès de et avec les personnes usagères de drogues (UD), les travailleuses et travailleurs, du sexe (TdS) et les minorités sexuelles et de genre en suivant une approche pragmatique : plutôt que de (re)nier leurs pratiques et identités, nous construisons avec elles des solutions adaptées à leurs besoins pour améliorer leur santé. Cela induit des interventions de prévention, des traitements et des soins, un accompagnement psychosocial et des actions favorisant l’autonomie socio-économique auprès des personnes concernées. Cette approche est appelée réduction des risques (RdRinfo-icon). 

 

 

Concrètement, pourquoi faire de la Réduction des Risques ?

Considérer ces personnes comme des délinquantes ou délinquants, des malades ou des victimes ne conduit qu'à paralyser toute pensée novatrice apte à respecter leur existence, leur humanité et leur droit à être des citoyennes et des citoyens à part entière. 

La Réduction des Risques : une réponse de santé publique

Malgré de fortes oppositions morales dans certains contextes, la Réduction des Risques, d’abord illégale, s’est imposée comme une réponse de santé publique efficace et avantageuse en termes de coût. 

Une approche fondée sur les droits humains

La Réduction des Risques s’envisage d’une manière globale, en termes de répercussions sanitaires, sociales et économiques, aussi bien à un niveau individuel que dans l’ensemble de la société. 

La Réduction des Risques chez Médecins du Monde : nos principes d’intervention

Aller vers les personnes et construire un accompagnement à partir de leurs situations

La répression et la stigmatisation amènent les personnes à se cacher. Il est ainsi difficile de rentrer en contact avec elles. Il s’agit donc d’aller vers les personnes là où elles se trouvent, dans une posture d’acceptation et de respect des choix et modes de vie des individus rencontrés, et en s’assurant de la reconnaissance de leur expertise sur leur propre situation.

 

Une prise en charge globale et pluridisciplinaire

La réduction des risques repose sur une palette d’interventions qui se complètent et intègrent des composantes médico-psychosociales. 

 

Une démarche communautaire

Les programmes Réduction des Risques de Médecins du Monde requièrent la participation active des personnes concernées, aussi bien dans la définition de leurs besoins que dans la mise en œuvre des programmes et dans la construction du plaidoyer, qui s’appuient sur les compétences issues de l’expérience et du vécu. 

 

Un renforcement du « pouvoir d’agir »

L’association soutient les efforts de la personne pour amplifier ou retrouver sa capacité d’agir de manière autonome, de développer son estime d’elle-même et ses compétences psychosociales favorisant son contrôle sur sa santé.

 

Cadres d’intervention des programmes de Réduction des Risques liés aux usages de drogues et au travail du sexe

Quels sont les combats de Médecins du Monde pour la Réduction des Risques ?

Promouvoir la mise en œuvre de services holistiques dans une démarche communautaire 

Souvent méconnue, mal comprise et parfois même explicitement rejetée sur la base de croyances morales, la Réduction des Risques reste globalement très peu adoptée. Médecins du Monde promeut la généralisation d’une politique de Réduction des Risques communautaire, pragmatique, fondée sur les droits humains et le non-jugement, répondant à l’ensemble des besoins des personnes. 

 

Réformer les politiques qui criminalisent et sanctionnent les pratiques et modes de vie

Les lois, réglementations et politiques qui criminalisent, répriment, sanctionnent l’usage de drogues, le travail du sexe, les relations homosexuelles et la transition de genre sont autant de barrières à l’accès aux services de Réduction des Risques qui aggravent la vulnérabilité des personnes. Même lorsque ces services existent, la peur d'être arrêté et sanctionné écarte de fait les personnes des services adaptés. Témoin de ces violations des droits humains, Médecins du Monde milite pour la réforme des lois prohibitives, au profit d’approches fondées sur la santé publique et les droits humains. 

 

Améliorer l’accès à la prévention, au dépistage et au traitement de l’hépatite C

On estime à 71 millions le nombre de personnes vivant avec le virus de l’hépatite C dans le monde. Les usagères et usagers de drogues par voie intraveineuse sont particulièrement vulnérables à ce virus. Pourtant, malgré l’existence de diagnostics et de traitements efficaces disponibles en version générique à bas prix, la prise en charge de l’hépatite C reste inaccessible dans la plupart des pays à revenus faibles et intermédiaires. Médecins du Monde plaide pour l’amélioration de l’accès à des services de prévention et de traitements du VHCinfo-icon et un accès non discriminatoire pour les usagères et usagers de drogues. 

 

Lutter contre la stigmatisation et toutes formes de violences

Médecins du Monde dénonce toutes formes de violences motivées par les pratiques ou l’identité des personnes et affirme la nécessité de prendre en charge les conséquences de ces violences, tout en luttant contre les causes et en militant pour l’accès à la justice et aux droits. 

Nous soutenir

Donner

10 € pour l’achat d’un kit “safe injection”

S'engager

Je deviens bénévole.

S'informer

Je m'inscris à la newsletter.

Aller plus loin

 
Global loader