4 mois d’intervention d’urgence à Abidjan suite à la crise post-électorale.
Côte d'Ivoire
© Charly Kodjo
sont réfugiées dans le Nord du pays.
entre 15 et 49 ans n’utilisent pas de méthode moderne de contraception.
chaque jour d’un cancer du col de l’utérus.
Pour répondre à ces réalités, Médecins du Monde mène divers programmes de renforcement du système de santé en Côte d’Ivoire.
LA SITUATION HUMANITAIRE EN CÔTE D’IVOIRE
LA SITUATION HUMANITAIRE EN CÔTE D’IVOIRE
-
UN ACCÈS DIFFICILE À LA CONTRACEPTION ET À L’AVORTEMENT
L’absence d’un cadre législatif spécifique ou le manque de financement des produits contraceptifs générant des ruptures de stock sont autant de barrières à une santé sexuelle et reproductive de qualité en Côte d’Ivoire.
Ainsi, l’utilisation des méthodes contraceptives modernes reste limitée, avec seulement 18 % des femmes en union y ayant recours, tandis qu’une proportion importante de femmes ayant un besoin en planification familiale n’utilise aucune méthode.
De plus, la loi demeure très restrictive en matière d’avortement, ce qui favorise le recours aux avortements non sécurisés, à l’origine de 12 à 18 % de la mortalité maternelle. Ainsi, plus de six avortements sur dix sont réalisés dans des conditions à haut risque.
-
Un accès inégal au dépistage du cancer du col de l’utérus
Le cancer du col de l’utérus est le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes de 25 à 55 ans en Côte d’Ivoire. Chaque année, environ 2 300 nouveaux cas sont diagnostiqués et près de 1 400 femmes en meurent, soit en moyenne 3 à 4 décès par jour. Mais le dépistage et la prise en charge des lésions précancéreuses ne sont pas étendus à tout le territoire et la prise en charge des cancers avérés reste concentrée dans la capitale.
-
LES PERSONNES USAGÈRES DE DROGUES PARTICULIÈREMENT VULNÉRABLES
En Côte d’Ivoire, les usagers de drogues constituent une population particulièrement vulnérable, avec une prévalence du VIH plus de deux fois supérieure à celle de la population générale, et des niveaux de tuberculose eux aussi drastiquement plus élevés. La situation est d’autant plus alarmante qu’elle s’inscrit dans un contexte où 61,9 % des usagers ignorent leur statut sérologique.
-
Des besoins en santé accrus au nord du pays
Les départements de Téhini et de Doropo, dans la région du Bounkani, au nord-est de la Côte d’Ivoire, sont parmi les plus pauvres du pays. Ils sont fragilisés par un manque important de services de base, faute d’investissements publics pendant de nombreuses années. Ils sont également touchés par la crise sahélienne du fait de leur proximité géographique. La population réfugiée, venue du Burkina et du Mali voisins, était estimée à 82 786 personnes déplacées de force dans tout le nord du pays au 31 janvier 2026. La majorité des réfugiés vivent dans des familles d’accueil dans les zones de Tougbo, Doropo, Téhini, Bouko et Bouna, tandis que 2 sites de transit ont été construits par le gouvernement et accueillent environ 12 000 personnes. Cette situation accentue la pression sur les ressources disponibles et accroît le besoin en services de base.
Les structures sanitaires locales souffrent d’un manque de personnel, de ressources financières et d’équipements, mais aussi d’importants besoins dans la chaîne d’approvisionnement en médicaments.
NOS ACTIONS HUMANITAIRE EN CÔTE D’IVOIRE
Mêlant sensibilisation, prévention, dépistage, accès aux soins et soutien au système de santé, Médecins du Monde répond aux besoins humanitaires en Côte d’Ivoire à différents niveaux.
-
AMÉLIORER L’ACCÈS À LA SANTÉ SEXUELLE ET REPRODUCTIVE
Afin d’apporter des solutions aux difficultés d’accès des femmes, des jeunes filles et des adolescentes aux services de santé sexuelle et reproductive – y compris les soins liés à la contraception et à la prise en charge complète de la santé reproductive –, Médecins du Monde porte un plaidoyer au niveau national et intervient à San Pedro, Méagui et Abidjan, en partenariat avec les autorités locales et la société civile.
Les deux projets de prévention, de dépistage et de prise en charge des lésions précancéreuses du col de l’utérus se sont achevés en décembre 2025. La stratégie de dépistage du papillomavirus humain (HPV) par auto‑prélèvement, organisé en communauté, et le traitement immédiat des lésions précancéreuses par thermoablation ont été déployée dans les districts sanitaires de San Pedro, d’Abobo-Est et d’Abobo-Ouest.
Au total, 20 942 femmes ont été dépistées par test HPV, avec un taux d’adhésion à l’auto‑prélèvement supérieur à 98 % ; parmi elles, 4 462 ont été testées positives au HPV, avec des prévalences nettement plus élevées parmi les femmes vivant avec le VIH et les travailleuses du sexe ; 1 112 femmes ont été traitées pour des lésions précancéreuses, principalement par thermo‑coagulation ; 6 cas de cancer du col de l’utérus ont été détectés et pris en charge.
-
Renforcer l’accès aux soins et la prévention des grossesses à San Pedro
Pour renforcer l’offre de soins à San Pedro, Médecins du Monde a réhabilité deux centres de santé, en a équipé quatre et a renforcé les capacités de 74 prestataires de santé sur les soins complets de contraception.
La prévention et la prise en charge des grossesses non intentionnelles chez les adolescentes et jeunes filles ont également été accompagnées par l’association.
Ainsi, 169 personnes ont amélioré leurs connaissances sur les droits en santé sexuelle et reproductive et leurs représentations associées ; 13 325 ont été sensibilisées via 5 748 visites à domicile ; 958 jeunes ont été orientés vers les trois centres de soins partenaires ; et l’organisation de 11 réunions de coordination et 11 supervisions des activités ont été accompagnées dans deux districts.
-
AMÉLIORER L’ACCÈS AUX SOINS DES PERSONNES USAGÈRES DE DROGUES
De 2015 à 2023, Médecins du Monde a expérimenté trois modèles opérationnels en faveur de la réduction des risques liés à l’usage de drogues en Côte d’Ivoire : le modèle d’aller-vers, fondé sur la démarche communautaire ; le modèle intégré, afin de proposer une prise en charge adaptée dans les établissements sanitaires ; et le modèle dédié, avec des centres de prise en charge spécifiques. Ainsi, l’association a pu accompagner l’ouverture de deux centres et de soins en addictologie à Abidjan et à San Pedro, où sont délivrés notamment les produits de substitution aux opiacés.
Depuis, Médecins du Monde, qui reste partenaire technique des acteurs ivoiriens de la réduction des risques, déploie son expertise dans la région, au Togo et au Bénin.
-
Améliorer l’accès aux soins de santé primaires des populations hôtes et des demandeurs d’asile dans le nord-est du pays
Face aux déplacements de populations venues du Burkina Faso au nord-est de la Côte d’Ivoire, Médecins du Monde soutient 7 établissements de premier contact, 1 case de santé (site de réfugiés de Timalah) et 4 hôpitaux de référence dans les districts sanitaires de Bouna, Doropo et Téhini afin d’assurer des soins de santé primaires et la prise en charge des urgences vitales pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans.
L’association forme et accompagne les agents de santé afin d’améliorer la prise en charge maternelle et infantile et les violences liées au genre et fournit du matériel médico-technique et des médicaments pour lever la barrière financière d’accès aux soins.
Médecins du Monde accompagne également le ministère de la Santé pour répondre aux besoins de santé des 10 000 Ghanéens déplacées à la frontière après un incident communautaire en septembre 2025.
SUR LE TERRAIN - En maraude avec Samuel
CÔTE D'IVOIRE - Droits et santé pour les usagers de drogues
-
69 572
bénéficiaires en 2024.
bénéficiaires en 2024.
-
2011
-
2011
Projet d’appui aux urgences obstétricales dans le sud-ouest du pays.
-
2012
Partenariat pour la transition – appui à la gratuité ciblée dans le sud-ouest du pays.
-
2014
Etude auprès des usagers de drogues à Abidjan.
-
2014
Projet de renforcement du système de santé ivoirien.
-
2014
Préparation de réponse à l’épidémie Ebola dans le sud-ouest du pays.
-
2015
Ouverture d’un programme auprès des usagers de drogues à Abidjan.
-
2016
Étude sur les déterminants socio-culturels des grossesses non désirées auprès des jeunes.
-
2017
Étude communautaire sur la prévalence de la tuberculose et des facteurs associés chez les usagers de drogues à Abidjan.
Projet de prévention et de prise en charge des grossesses non désirées chez les jeunes en milieu scolaire à Soubré.
-
2018
Ouverture du premier centre d’accompagnement de soins en addictologie à Abidjan.
-
2020
Lancement d’un nouveau projet visant à prévenir, dépister et prendre en charge les lésions précancéreuses du col de l’utérus à Abidjan
-
2021
Extension du programme de réduction des risques dans les villes de Bouaké, Yamoussoukro et San Pedro.
-
2023
Ouverture d’une base à Doropo et démarrage du projet de renforcement du système de santé dans la région du Bounkani au Nord-Est de la Côte d’Ivoire.
-
2024
Ouverture d’une base à San Pedro avec deux nouveaux programmes en Droits et Santé Sexuels et Reproductifs
Seconde phase du projet de Renforcement du Système de Santé dans la région du Bounkani, au Nord-Est de la Côte d’Ivoire, avec extension du périmètre et l’ajout de 3 centres de santé soutenus.
Lancement d’un programme régional de Réduction des Risques auprès des personnes usagères de drogues au Togo et au Bénin.