©Sebastien Duijndam

Côte d'Ivoire

78,2 %

des femmes entre 15 et 49 ans n'utilisent pas de méthode moderne de contraception

3

femmes par jour découvrent qu’elles sont atteintes d’un cancer du col de l’utérus

249 000

avortements sont pratiqués annuellement dans un cadre législatif très restrictif

La nécessité d'une action humanitaire en Côte d'Ivoire

La santé des femmes : urgence humanitaire en Côte d’Ivoire, un taux de mortalité maternelle parmi les plus élevés de l’Afrique de l’ouest

La Côte d’Ivoire enregistre un taux de mortalité maternelle de 614 décès pour 100 000 naissances vivantes (dont 15 % est dû aux complications liées aux avortements à risques). En d’autres termes, une à deux femmes meurent chaque jour en couches dans ce pays.

De nombreuses barrières à une santé sexuelle et reproductive de qualité demeurent, notamment l’absence d’un cadre législatif spécifique, le manque de financement des produits contraceptifs et les ruptures de stock.

 

Peu de contraception et des grossesses précoces : une aide médicale à déployer en Côte d’Ivoire

Lors du premier rapport sexuel, un peu moins d’un adolescent sur deux (45 %) n’utilise aucune méthode contraceptive. Plus globalement, seulement 30 % des jeunes et des adolescents (10-24 ans) utilisent une méthode contraceptive moderne. De nombreuses grossesses sont enregistrées chaque année chez les élèves du niveau primaire et secondaire menant à une pratique élevée des avortements non sécurisés (75 % selon une étude menée en milieu scolaire en 2018).

La loi demeure très restrictive en matière d’avortement en Côte d’Ivoire.

Or, malgré la signature et la ratification du protocole de Maputo, la loi demeure très restrictive en matière d’avortement en Côte d’Ivoire (depuis 2019, le code pénal ne l’autorise qu’en cas de viol), et le personnel soignant n’est pas formé à la prise en charge des grossesses non désirées, ce qui favorise le recours aux avortements non sécurisés.

 

Des lésions précancéreuses du col de l'utérus trop souvent négligées

« On enregistre une incidence d’environ 1 000 nouveaux cas par an du cancer du col de l’utérus avec une mortalité de 65 % en RCI » (mission exploratoire Médecins du Monde, 2017). La mission exploratoire menée par Médecins du Monde en 2017 a mis en lumière plusieurs insuffisances : manque de formation du personnel de santé, sensibilisation insuffisante et/ou inadaptée et faible accès au dépistage et aux traitements.

 

VIH, hépatites et tuberculose : une forte prévalence des maladies infectieuses, et une aide médicale qui doit être basée sur la sensibilisation et l'accès aux soins

Médecins du Monde a mené une étude en 2014 à Abidjan auprès de 450 consommateurs réguliers de cocaïne, d’héroïne et de crack. L’étude montre que les personnes usagères de drogues sont vulnérables aux maladies infectieuses du fait de leurs pratiques sexuelles à risque, de la consommation de drogues et de leurs conditions de vie précaires.

Estimée à 9,8 % en 2014, la prévalence du VIH chez les personnes usagères de drogues est maintenant de 3,4 % à Abidjan (étude du Programme National de Lutte contre le Sidainfo-icon menée par le cabinet CECAF en 2019). Les ISTinfo-icon sont particulièrement importantes parmi les personnes usagères de drogues, notamment la syphilis avec une prévalence de 9,3 %. De même, la prévalence de la tuberculose chez ces personnes est plus élevée que dans la population générale (selon l’étude du cabinet CECAF, 2,9 % l’ont contractée en 2019), ce qui mène à de nombreux cas de co-infection VIH/tuberculose. 12,1% des personnes usagères de drogues sont porteuses du virus de l’hépatite B.

L'aide humanitaire apportée par Médecins du Monde en Côte d'Ivoire se traduit notamment par du soin proposé aux femmes et enfants qui n'ont pas ou peu accès à la santé © Sébastien Duijndam
L'aide humanitaire apportée par Médecins du Monde en Côte d'Ivoire se traduit notamment par du soin proposé aux femmes et enfants qui n'ont pas ou peu accès à la santé © Sébastien Duijndam

Notre aide humanitaire en Côte d'Ivoire

L’étude réalisée par Médecins du Monde en 2016 sur la question des déterminants socioculturels des grossesses non désirées a révélé que les services de santé sexuelle et reproductive proposés aux adolescents ne sont pas adaptés à leurs besoins. Les données issues d'une étude effectuée en avril 2019 ont montré que seules 30 % des jeunes filles (10-24 ans) sexuellement actives utilisent une méthode de contraception moderne dont le préservatif masculin pour 81% d’entre elles. 10,3% des jeunes filles interviewées lors d’une enquête ont été au moins une fois enceinte et 36,4% des grossesses se terminent par un avortement (pour 60 % d’entre elles, ce sont des avortements non sécurisés).

Depuis 2017, Médecins du Monde a mené, en appui au système de santé public, un projet pour améliorer la prévention et la prise en charge des grossesses non désirées chez les jeunes et adolescents dans la région de la Nawa (Ouest du pays) selon une approche par les droits.

 

 

Afin d’apporter des solutions à la problématique de l’accès des femmes, des jeunes filles et des adolescentes aux services de planification familiale, Médecins du Monde porte un plaidoyer national, et co-construit avec les acteurs locaux et internationaux pour la disponibilité et le financement des intrants de planification familiale. En tant que pilier de notre action humanitaire en Côte d’Ivoire, ce plaidoyer met en exergue des problématiques de santé alarmantes.

En 2020, nous sommes allés à la rencontre des jeunes, et nous avons, dans le cadre de notre action humanitaire en Côte d’Ivoire :

 

  • appuyé la réalisation de 17 consultations foraines
  • effectué 510 visites à domicile auprès de jeunes vulnérables pour leur apporter un accompagnement psychosocial
  • diffusé 5 460 spots de radio de sensibilisation sur les DSSRinfo-icon
  • sensibilisé 2 501 adolescents et jeunes (dont 1 258 femmes et 1 243 hommes) sur leurs droits en SSRinfo-icon
  • suivi 81 cas de grossesses de jeunes et adolescentes

 

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© Sebastien Duijndam
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Femmes enceintes dans une salle d'attente d'un centre de santé géré par Médecins du Monde. © Sébastien Duijndam
Femmes enceintes dans une salle d'attente d'un centre de santé géré par Médecins du Monde. © Sébastien Duijndam

PERSONNES EXPOSÉES AUX RISQUES

Soigner les usagers de drogues : l'engagement et l'accompagnement de Médecins du Monde

Mission humanitaire Côte d'Ivoire : les jalons de notre plan santé

Mêlant sensibilisation et accès aux soins, notre aide médicale en Côte d’Ivoire est basée sur plusieurs problématiques de santé.

Covid-19 : apprendre les bons gestes

Dans le cadre de la pandémie, Médecins du Monde a mené des séances de sensibilisation sur les gestes barrières à destination des élèves et des ménages. Les acteurs du projet ont été dotés de moyens de protection individuelle, et les activités ont été réalisées dans le respect des gestes barrières, selon les recommandations de l’OMSinfo-icon et les directives du gouvernement ivoirien.

Dans ce cadre, Médecins du Monde a soutenu la réponse nationale à la pandémie par des interventions spécifiques auprès des personnes usagères de drogues à Abidjan. Notre organisation a mené des actions de sensibilisation et de prévention, distribué du matériel de protection sur 58 sites de consommations, apporté un appui alimentaire à 6 220 personnes usagères de drogues, et appuyé 22 structures sanitaires en équipements, matériels et consommables de prévention COVID.

 

En 2020

Nous avons :

  • Lancé une étude intitulée « recherche socio-anthropologique sur l’implémentation de partenariats par des ONGinfo-icon pour la mise en place d’actions humanitaires en santé au niveau local et national » en collaboration avec le LASDEL (laboratoire de recherche en sciences sociales) 
  • Mené une mission d’évaluation des besoins des centres de santé à Abobo Ouest (Abidjan) pour définir les centres de santé partenaires du projet 
  • Organisé un atelier de partage d’expériences avec les équipes du Burkina Faso pour définir la stratégie opérationnelle d’intervention de Médecins du Monde en Côte d’Ivoire 
  • Initié des partenariats avec les parties prenantes de la thématique, en particulier JHPIEGO et le PNLCa (Programme National de Lutte contre le Cancer)

 

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Soigner les lésions précancéreuses du col de l’utérus : une urgence humanitaire en Côte d’Ivoire

Depuis 2020, Médecins du Monde travaille sur un nouveau projet visant à prévenir, dépister et prendre en charge les lésions précancéreuses du col de l’utérus à Abidjan. L’épidémie de COVID-19 a retardé le début du projet qui a finalement commencé en fin d’année, et sera déployé en 2021. Quatre approches innovantes seront expérimentées : la mise en œuvre d’une stratégie de dépistage organisé, l’auto-prélèvement en alternative au prélèvement par un personnel de santé, le dépistage du HPVinfo-icon par PCR en alternative à l’IVA et le traitement des lésions par thermocoagulation en alternative à la cryothérapie.

Depuis janvier 2015, Médecins du Monde et des associations humanitaires partenaires locales mènent des actions de prévention et de réduction des risques (RdR) auprès des personnes usagères de drogues à Abidjan afin d’améliorer leur prise en charge par le système sanitaire.

La prise en charge et l’accès aux soins est d’ailleurs une problématique s’inscrivant au cœur de la mission humanitaire menée en Côte d’Ivoire.

Médecins du Monde œuvre à renforcer la capacité d’agir de ces personnes, afin de développer des réponses adaptées, et de combattre la stigmatisation, l’exclusion et la criminalisation qui constituent des barrières à l’accès aux soins.

La deuxième phase de ce projet d’aide médicale en Côte d’Ivoire (2018-2020), a notamment permis l’ouverture en août 2019 d’un Centre d’Accompagnement et de Soins en Addictologie (CASA) offrant une prise en charge holistique aux personnes usagères de drogues. Le CASA offre donc à ce jour un panel d'activités à ces consommateurs de drogues, incluant un accueil, des services d’hygiène et de repos, des activités de sensibilisation, de la distribution d’outils de RdR, des dépistages, des consultations médicales, un accompagnement social, une prise en charge psychologique ainsi que des activités communautaires en parallèle des interventions d’aller-vers les populations (dépistage VIH, soins de santé primaires, référencements).

La phase 3, qui débutera en 2021, visera à consolider l’existant et à dupliquer une offre de soins adaptés, intégrés et accessibles pour les personnes usagères de drogues précaires du Grand Abidjan, de Yamoussoukro, Bouaké et San-Pédro.

 

 

 

 

En 2020 : quelques chiffres résumant notre mission humanitaire Côte d’Ivoire

Dans le cadre de notre mission humanitaire en Côte d’Ivoire, bon nombre de projets ont été menés, visant notamment à régler des problématiques de santé préoccupantes en Côte d’Ivoire.

 

En 2020

Nous avons :

  • sensibilisé 11 332 personnes usagères de drogues via les éducateurs pairs
  • reçu 7 760 personnes usagères de drogues en consultation dont  774 femmes
  • distribué 42 740 préservatifs et réalisé 8 003 dépistages du VIH
  • formé 153 acteurs médicaux et communautaires 
  • accompagné 39 femmes usagères de drogues durant leur grossesse jusqu’à leur accouchement
  • accompagné 43 personnes usagères de drogues dépistées positives au VIHinfo-icon et admises dans des services de soins
  • suivi 79 personnes usagères de drogues atteintes de la tuberculose

 

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Ils nous soutiennent

Initiative 5%, financée par le ministère français des Affaires étrangères soutient Médecins du Monde
Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme soutient Médecins du Monde
Historique
2011
4 mois d’intervention d’urgence à Abidjan suite à la crise post-électorale.
2011
Projet d’appui aux urgences obstétricales dans le sud-ouest du pays.
2012
Partenariat pour la transition – appui à la gratuité ciblée dans le sud-ouest du pays.
2014
Etude auprès des usagers de drogues à Abidjan.
2014
Projet de renforcement du système de santé ivoirien.
2014
Préparation de réponse à l’épidémie Ebola dans le sud-ouest du pays.
2015
Ouverture d’un programme auprès des usagers de drogues à Abidjan.
2016
Étude sur les déterminants socio-culturels des grossesses non désirées auprès des jeunes.
2017
Etude communautaire sur la prévalence de la tuberculose et des facteurs associés chez les usagers de drogues à Abidjan.
2017
Projet de prévention et de prise en charge des grossesses non désirées chez les jeunes en milieu scolaire à Soubré.
2018
2de phase du programme de RDR auprès des usagers de drogues à Abidjan et ouverture du Centre d’Accompagnement de Soins en Addictologie.
2020
Lancement d'un nouveau projet visant à prévenir, dépister et prendre en charge les lésions précancéreuses du col de l’utérus à Abidjan

Votre soutien

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110 € pour financer un kit chirurgical d’accouchement

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