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A la faveur de l'été , le gouvernement coupe dans la santé mondiale

A la faveur de l'été , le gouvernement coupe dans la santé mondiale

La santé mondiale est-elle vraiment une priorité de l’aide française au développement ?

Le Collectif Santé 2015 avait interpellé François Hollande sur la politique de la France en matière de santé mondiale. Afin de lever certaines zones d’ombre du courrier de réponse, le Collectif a rencontré ses équipes en début de semaine. Si les discours se sont voulus rassurants, les coupes budgétaires pour la santé mondiale se confirment. La lutte contre le VIHinfo-icon/sida, la tuberculose et le paludisme, et la santé des femmes et des enfants au Sahel seraient directement touchées. La santé mondiale, une priorité de l’aide française au développement, vraiment ? 

La France amputera sa contribution pour 2015 au Fonds Mondial de lutte contre le VIHinfo-icon/sida, la tuberculose et le paludisme de 40 millions d’euros. Ces 40 millions de coupe s’ajoutent à une longue liste d’engagements annoncés mais non tenus :

27,5 millions d’euros ne sont toujours pas décaissés pour Gavi, l’alliance des vaccins ;

Plusieurs projets pour l’accès aux soins des enfants du Sahel ont été signés avec des Etats de la bande sahélienne mais la France cherche toujours comment les financer.

L’initiative Muskoka (engagement financier pour les droits sexuels et reproductifs, la santé materno-infantile dont la lutte contre la sous-nutrition) va prendre fin en 2015 et ne sera pas renouvelée.

Sur un budget annuel total de 600 millions, cela représente près de 15% de coupes sèches.

Par ailleurs, le 10 juillet dernier, lors de conférence des donateurs à New York, la France a promis un effort supplémentaire de 150 millions pour combattre l’épidémie Ebolainfo-icon et soutenir la reconstruction des pays affectés : peut-on y croire, au vu des coupes successives et du non-respect des engagements pris ?

Les 80 millions de coupe opérés sur 2015, montant infime au regard du budget de l’Etat, auront des répercussions bien réelles sur l’état de santé des populations les plus vulnérables. Nos organisations réfutent l’argument de politique de réduction budgétaire comme justification des coupes en matière de santé. Nous ne partageons pas non plus la stratégie d’une flexibilité des aides publiques en réaction à des situations spécifiques. Les fonds d’urgence existent pour cela.

Sous couvert d’économies à court terme, ce sont des dépenses plus importantes à venir et des vies qui sont en jeu. L’impact sur les populations avec lesquelles nous travaillons au quotidien sera, lui, clairement mesurable, dont notamment :

  • 416 000 personnes atteintes de tuberculose n’auront pas accès aux traitements
  • 875 000 enfants ne seront pas vaccinés
  • 50 000 enfants ne seront pas traités contre la malnutrition
  • 470 000 femmes n’auront pas accès à la planification familiale
  • 100 000 personnes séropositives qui seront privées de traitement et de suivi médical

Par ailleurs, le ministère des affaires étrangères n’a toujours pas répondu aux sollicitations de notre Collectif, signe que la santé et le développement ne sont plus des préoccupations du Quai d’Orsay.

Nos organisations appellent le gouvernement à respecter les promesses faites aux pays et populations affectées et à maintenir un engagement financier à la hauteur de ces enjeux. Il en va de sa crédibilité auprès des pays partenaires et sur la scène internationale mais également de son propre intérêt tant les questions sanitaires ne s’arrêtent pas aux frontières. 

http://www.collectifsante2015.fr/

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