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Une précarité toujours plus importante en France

Consultation au CASO de Marseille. © Olivier Papegnies

Une précarité toujours plus importante en France

À l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, le 17 octobre, Médecins du Monde publie son 16ème rapport annuel sur l’accès aux droits et aux soins des plus démunis en France. Il témoigne des difficultés persistantes rencontrées par ces personnes pour accéder à leurs droits et se faire soigner.

Depuis plus de trente ans, Médecins du Monde dénonce les inégalités de santé qui touchent les personnes en situation de grande précarité en France. Cette année encore, nous constatons que les politiques publiques sont bien en-deçà des enjeux actuels. Dans l’État de droit qu’est la France, l’année 2015 a été marquée en particulier par une crise migratoire sans précédent illustrant des conditions d'accueil inadaptées et conduisant à la violation des droits fondamentaux de ces personnes comme son obligation de protection des demandeurs d'asile et des mineurs isolés non accompagnés.

Parallèlement, l’année 2015 connaît une multiplication des démantèlements de campements et autres bidonvilles, le plus souvent sans solution de relogement. Ces politiques renvoient ces populations dans le circuit de l’urgence sociale alors même que les dispositifs d’hébergements sont saturés.

Dans les 67 programmes menés par Médecins du Monde dans 34 villes françaises auprès des populations en situation de grande précarité et/ou d’exclusion, nos équipes rencontrent au quotidien ces personnes. 

Quelques chiffres, basés sur près de 40 000 consultations médicales et plus de 34 000 entretiens sociaux réalisés dans nos centres de soins, viennent illustrer cette situation. 
-    Près de 98 % des patients vivent en dessous du seuil de pauvreté. 
-    En 5 ans, le nombre de mineurs isolés rencontrés, vivant le plus souvent à la rue, a été multiplié par 5.
-    Plus de 88 % des personnes ne disposent d’aucune couverture maladie lorsqu’elles sont accueillies pour la première fois dans nos centres alors que près des ¾ d’entre elles pourraient théoriquement en bénéficier.
-    Plus de 90 % vivent en hébergement précaire : 60 % vivent chez des tiers, 9 % en squat et 20 % sont sans domicile fixe ou en hébergement d’urgence.
-    39 % présentent un retard de recours aux soins et 16 % déclarent avoir dû renoncer à des soins
-    Plus de 4 femmes enceintes sur 10 présentent un retard de suivi de grossesse et 17 % d’entre elles vivent à la rue.

Soucieux de ne pas opposer les précarités, nous continuons, sans discrimination, à mener des actions de proximité auprès des plus démunis et des personnes plus exposées à des risques sanitaires : les personnes à la rue, en squat ou en bidonville ; les migrants en transit, les personnes incarcérées ; les usagers de drogues, les travailleurs/travailleuses du sexe. Si ces personnes ne peuvent, quel qu’en soit le motif, faire la démarche de venir elles-mêmes dans ces structures fixes, nous prolongeons notre démarche en allant vers ces bénéficiaires pour lutter contre toute forme d’exclusion.

 

« Cette année, face aux réponses essentiellement sécuritaires et répressives du gouvernement et à la veille de fêter 30 ans d’actions de Médecins du Monde en France, nous réaffirmons à l’occasion de la publication de ce rapport que la solidarité doit être plus que jamais au cœur de nos politiques publiques et que la France ne doit pas oublier sa tradition de terre d’asile. Nous espérons que ce rapport contribuera à une prise de conscience de l’ensemble des acteurs concernés » conclut Yannick Le Bihan, directeur des missions France de Médecins du Monde. 

 

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