Médecins du Monde intervient en Birmanie auprès des exclus des soins afin de leur apporter une aide humanitaire et un soutien médical © Sophie Brandstrom

Myanmar

220 000

personnes au Myanmar sont séropositives

70 %

des nouvelles infections au VIH concernent les populations les plus à risque

45 %

des personnes contaminées n’ont pas accès aux antirétroviraux

Urgence humanitaire au Myanmar (ex-Birmanie) : la nécessité d'une aide médicale

Des problématiques de santé alarmantes touchent des populations locales. L’épidémie du VIHinfo-icon et les risques liés à l’usage de drogue sont notamment des urgences à prendre en compte dans un plan d’aide médicale au Myanmar.

 

Le VIHinfo-icon, une épidémie qui touche les plus vulnérables au Myanmar

Le Myanmar connaît l’une des épidémies de VIHinfo-icon/SIDA les plus importantes d’Asie du Sud-Est. Parmi les 220 000 personnes vivant avec le virus, près de 126 500 personnes en besoin urgent d’antirétroviraux n’ont toujours pas accès aux traitements. L’isolement géographique, les capacités limitées des institutions publiques, une législation punitive et les discriminations sont autant d’obstacles dans la lutte contre le SIDA et le VIH au Myanmar.

Au Myanmar, un plan d’aide médicale doit être déployé selon deux axes : l’accès aux traitements et la sensibilisation des populations.

 

 

Les urgences humanitaires au Myanmar : Quand l’enfer de la drogue s’ajoute à l’épidémie

Le VIH touche particulièrement les personnes usagères de drogue par voie intraveineuse : au niveau national, 35 % d'entre elles sont infectées par le virus. Ces chiffres alarmants s’inscrivent dans une nécessité de mettre en œuvre un plan d’urgence humanitaire au Myanmar. Dans l’état rural du Kachin, au nord du Myanmar, l’accès aux services de prévention et de traitement de la maladie est d’autant plus difficile que les usagers de drogues font face à de nombreuses discriminations. Ils sont notamment discriminés par les communautés religieuses anti-drogues nommées « Pat Ja Saan », ces dernières organisant des camps de réhabilitation pour les usagers de drogues qui s’apparentent à de l’emprisonnement forcé, les forçant à un sevrage sans aucun accompagnement médical.

70% des nouvelles infections concernent les populations les plus à risque.

14,6 % des travailleurs du sexe (TdS) ainsi que 11,6 % des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) sont affectés par l’épidémie. Également très discriminées, ces personnes sont rarement prises en compte par les programmes de sensibilisation, de dépistage et de traitement.

La crise sanitaire et sociale provoquée par la pandémie de COVID-19 a davantage fragilisé ces populations-clés, qui souffrent au quotidien d’isolement, de stigmatisation et d’un accès limité aux infrastructures de santé. Par exemple, les restrictions et les mesures de confinement imposées par les autorités ont eu des conséquences néfastes sur les travailleurs du sexe, puisque leurs moyens de subsistance dépendent largement de leurs possibilités - et de celles de leurs clients - de se déplacer. Pour les personnes usagères de drogues, l’accès à leurs traitements ou au matériel de réduction des risques a également été compliqué.

Bénéficiaire souffrant de la tuberculose. © William Daniels
Bénéficiaire souffrant de la tuberculose. © William Daniels

L’aide humanitaire de médecins du monde au Myanmar

Dans le cadre de son plan d’aide médicale au Myanmar, Médecins du Monde a pour objectif de promouvoir un accès équitable à la santé et aux droits pour toutes et tous. Au Myanmar, nos programmes de réduction des risques proposent des services de prévention, de traitement et d’accompagnement des publics clés, tels que les travailleurs du sexe, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes à Yangon, et les personnes usagères de drogues par voie intraveineuse dans le Kachin.

Accompagner les travailleurs du sexe à Yangon

Médecins du Monde France intervient depuis 2000 auprès de la communauté des travailleurs du sexe et des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes à Yangon, au sud du Myanmar. Une mission humanitaire basée sur un travail collaboratif au Myanmar. A travers un réseau de pairs éducateurs à base communautaire, les activités de prévention du VIH menées par Médecins du Monde ont permis de soutenir des milliers d’individus potentiellement à risque d’infection. Les équipes ont également établi une clinique fixe où plus d’un millier de personnes sont reçues chaque année. En plus des opportunités de dépistage du VIHinfo-icon, de traitements et d’accompagnements, elles peuvent recevoir des conseils, et se faire dépister d’autres maladies, telles que la tuberculose ou les maladies sexuellement transmissibles.

 

En 2020

nous avons contribué à la protection des laissés-pour-compte au Myanmar :

  • rencontre et accompagnement de 4 490 travailleuses et travailleurs du sexe et des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes

  • soutien de 1 076 personnes avec un traitement antirétroviral et des services d’accompagnement et de soins

  • distribution de plus de 361 000 préservatifs pour les populations les plus à risques à Yangon

 

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© William Daniels
© William Daniels

Dans le cadre de sa mission humanitaire au Myanmar, Médecins du Monde travaille aussi en synergie avec d’autres organisations et des groupes de soutien par les pairs. En 2020, de nombreuses campagnes de plaidoyer et de sensibilisation ont été organisées en ligne, lors de webinaires et sur les réseaux sociaux. L’engagement des équipes ? Apporter une assistance médicale au Myanmar, et améliorer le quotidien des populations clés affectées, pour qu’elles accèdent aux services de lutte contre le VIH, et exercent leurs droits. En partenariat avec l’association SWIM, Médecins du Monde a également organisé la distribution de bons d’achats alimentaires pour soutenir les travailleuses et les travailleurs du sexe les plus impactés économiquement par la crise sanitaire et sociale.

Aide médicale au Myanmar

accompagner les personnes usagères de drogues par injection

Dans l’État du Kachin, au nord du pays, Médecins du Monde intervient auprès des personnes usagères de drogues, particulièrement touchées par les maladies infectieuses. Dans certains lieux d'intervention, plus de la moitié des usagers de drogues par injection sont séropositifs, et parmi eux 70 % sont également affectés par le virus de l’hépatite C.

En 2020

tendre la main à celles et ceux qui subissent des discriminations :

  • 3 108 personnes usagères de drogues ont eu accès à des services de prévention

  • 2 141 personnes bénéficient d’un traitement antirétroviral

  • Plus de 4 millions d’aiguilles et de seringues ainsi que 673 386 de préservatifs distribués

  • Près de 2 650 personnes usagères de drogues ont accès à de la méthadone

  • 752 personnes bénéficient d’un traitement pour le virus de l’hépatite C

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Médecins du Monde développe une aide médicale au Myanmar qui porte sur la réduction des risques. L’association intervient dans trois Townships, ainsi qu’à travers des activités d’« aller-vers », soutenu par un réseau de travailleurs pairs. Ce modèle communautaire permet de proposer un large éventail de services aux usagers de drogues par injection : dépistage, conseil et traitement du VIH, soins de santé primaire, vaccination contre l’hépatite B et dépistage de l’hépatite C, dépistage et traitement des MST et de la tuberculose, orientation vers des services de soins et de soutien. Médecins du Monde propose aussi un accès au traitement de substitution par la méthadone. Du matériel de prévention est également distribué (préservatifs, seringues stériles, eau, tampons alcoolisés), et des ateliers d’éducation à la santé et au traitement antirétroviral sont proposés pour impliquer les usagers dans les actions de prévention.

En 2020, pour maintenir un accès aux services de santé malgré la pandémie de COVID-19, les mesures de confinement et les restrictions de déplacements, Médecins du Monde a renforcé ses sessions d’aller-vers et ses efforts de prévention. Les actions humanitaires ont ainsi pu se poursuivre au Myanmar. Les volontaires-pairs formés par Médecins du Monde ont ainsi poursuivi les activités de prévention directement dans les villages, tandis que des personnes-relais ont distribué du matériel de réduction des risques aux personnes usagères de drogues. Pendant cette période, les autorités ont également autorisé les associations telles que MdM à fournir des doses de méthadone à emporter à domicile pour des durées allant de 7 à 14 jours - contre une dose quotidienne habituellement - pour les personnes usagères de drogues. MdM se positionne pour que des traitements puissent être délivrés pour plusieurs jours aux usagers présentant des critères de stabilité, c’est-à-dire la majorité de la file active.

 

Mission humanitaire Myanmar : Budget

2 637 000 euros, avec le soutien du Fonds Mondial et de l'Agence Française de Développement.

 

Ils nous soutiennent

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme soutient Médecins du Monde
Historique
1994
Premier projet VIH dans l’État du Kachin. Activités de prévention auprès des usagers de drogue par injection.
2000
Ouverture d’un programme à Rangoun auprès des travailleurs du sexe.
2002
Ouverture du premier centre de prise en charge médicale. Délivrance de traitements antirétroviraux (ARV).
2006
Médecins du Monde obtient l’autorisation de délivrer de la méthadone.
2008
Cyclone Nargis : intervention d’urgence dans le delta de Pyapon. Amélioration de la prise en charge des mères et des enfants.
2013
Intervention auprès des déplacés du conflit indépendantiste dans le Kachin.
2014
Fin du programme auprès des déplacés dans le Kachin.
2016
Démarrage du programme en partenariat avec la Metta Development Foundation au Kachin.
2020
Renforcement des sessions d'"aller-vers" et des efforts de prévention face à la propagation du Covid-19

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