Rapport financier 2018

© Olivier Papegnies

Rapport financier 2018

Rapports institutionnels
Dans un monde en pleine mutation, où les crises se multiplient, changent de nature, se déplacent, identifier les besoins, les prioriser et choisir nos interventions au plus juste de nos moyens est une gageure que notre association relève tous les jours.

Choisir, c’est parfois renoncer.
C’est difficile et cela nous clive ; pourtant c’est bien dans la réalité d’un monde qui nous dépasse, que nous cherchons à révéler notre ambition d’humanité : garder à l’esprit nos idéaux, notre mandat social, et surtout bien agir avec et pour les femmes et les hommes en situation de vulnérabilité.

Dans ce monde ouvert, nous partageons les ressources avec nos associations soeurs, les autres Médecins du Monde, et nos partenaires sur le terrain en France et à l’International, pour plus d’équité, d’altérité, de résultats.

Dans ce monde où les désastres s’enchaînent, nous sommes tenus par nos engagements financiers passés et par ceux que nous signons aujourd’hui ; le devoir de réactivité ne peut ignorer ces contraintes.

Dans ce monde complexe où les « il n’y a qu’à », « il suffit de » ne sont plus de mise, il nous faut relever le niveau qualitatif de nos interventions.

Nous avons donc besoin d’appuis.

Nous devons ainsi investir financièrement dans des recherches et travaux en géopolitique, en anthropologie, en santé publique, en santé sexuelle et reproductive, en santé mentale et réduction des risques, en politique du médicament.

Nous devons mieux analyser nos pratiques médicales et de plaidoyer, évaluer les impacts de nos actions, l’accessibilité des bénéficiaires aux soins et aux systèmes des santé, le renforcement de leurs capacités d’agir, l’équité de genre, la justice sociale.

Nous avons aussi besoin d’outils : nous devons nous doter des moyens informatiques nécessaires à notre performance et aux exigences de nos donateurs et de nos bailleurs.
Dans ce monde social auquel nous appartenons, nous devons être attentifs à la façon dont nous organisons et rémunérons le travail. La classification des métiers et la refonte de la grille des salaires des salariés de droit français effectuée cette année, a un coût certain, mais ambitionne d’y répondre.

Dans ce monde dont nous rêvons nous devons avoir le pragmatisme de savoir ne dépenser qu’à hauteur de nos recettes : la générosité du public, les subventions publiques et privées, les cotisations…

Ce « point nodal » nous l’avons tous en tête, le sujet c’est choisir, décider et c’est en responsabilité que les décisions sont coconstruites, partagées.

Partager, c’est une conception du pouvoir où nos stratégies et nos dépenses s’élaborent dans un ajustement mutuel, où les délégations régionales, le groupe France, les groupes géopolitiques et thématiques, les bénévoles et les salariés formulent leurs visions selon des prismes différents qui doivent faire sens, faire projet.

Pour faire face à ces enjeux, nous tous, bénévoles et salariés, en France et dans le monde, nous devons d’être pertinents et efficaces, coconstruire et coréaliser en équité.

Tenir la barre des finances, c’est fermement vouloir garder le cap du projet associatif, en faisant la place à « la part de l’autre » et aux réalités d’un monde proche, lointain et changeant.