Rapport moral 2018

Une jeune fille dans un bidonvilles - (c) Olivier Papegnies pour MdM

Rapport moral 2018

Rapports institutionnels
Face aux enjeux de santé qui dans ces contextes injustes, violents, douloureux, ne cessent de se multiplier et de se complexifier, Médecins du Monde évolue, se réorganise et porte toujours obstinément ses combats, en France et dans le monde.

Comment raconter la nécessaire adaptation d’une ONGinfo-icon médicale dans un monde soumis à de puissantes forces contradictoires ? Un monde tiraillé entre un libéralisme débridé, producteur d’immenses richesses pour certains, et l’abandon de groupes entiers de populations, contraints de renouer avec des stratégies de survie d’un autre temps. En 2018, la scène internationale est marquée par le retour en force des autocrates. Par la montée de l’extrême-droite en Autriche, en Italie, en Bulgarie et la présence de gouvernements ultra nationalistes en Hongrie ou en Pologne. Trop souvent, le repli sur soi est revendiqué par les pouvoirs politiques qui s’appuient sur des mouvements ethniques et religieux ou sur la migration présentée comme une dangereuse invasion justifiant le rejet et l’érection de murs.

Pour la plupart des acteurs au pouvoir, la paix, la réduction de la fracture sociale ou la lutte contre le dérèglement climatique semblent secondaires. Certes, 2018 a vu la signature de l’accord de réconciliation entre l’Érythrée et l’Éthiopie, la dépénalisation de l’homosexualité et de l’adultère en Inde, la légalisation de l’avortement en Irlande ou la poursuite du groupe Lafarge pour crime contre l’humanité en Syrie. Certes, une prise de conscience politique et citoyenne émerge. Mais elle n’est pas encore suffisante pour infléchir les stratégies dominantes.

Année deux du quinquennat Macron, 2018 restera comme la consécration de la rupture du contrat social à la française. Entre ceux qui comptent et ceux de peu. Ceux qui valent et ceux qui coûtent. En 2018, 566 personnes sans abri (soit 1,5 personnes par jour) sont mortes dans les rues françaises. D’autres connaissent le dénuement absolu et l’errance. Et chacun improvise une survie quotidienne.

Né il y a bientôt quarante ans, Médecins du Monde ne peut envisager son avenir qu’en réaffirmant ses valeurs et son combat contre l’injustice sociale. Contre le non-accès aux soins des personnes vulnérables en tous lieux du monde.