Séance de sensibilisation en santé maternelle, néonatale et infantile.  © Raphael Blasselle

Rapport moral 2012

Rapports institutionnels
Un humanitaire en perpétuelle mutation.

L’année 2012 a été une année difficile mais qui peut être lue comme une année de transition : poursuite des révolutions arabes, aggravation des violences en Syrie, prise des villes du nord du Mali par des insurgés islamistes, élection en France et bien d’autres événements. Médecins du Monde, en s’adaptant à l’évolution de notre monde, continue de développer des projets ici et là-bas, en assumant une position aux plus près des populations Face à la crise syrienne, aux atteintes systématiques aux droits humains, au non-respect du droit international humanitaire, à l’acharnement sur les personnels soignants, MdM a développé différentes activités. A la frontière avec la Turquie,en collaboration avec des associations de soutien aux populations syriennes, nous avons participé à la mise en place d’un centre post-opératoire qui peut accepter jusqu’à une centaine de blessés. Au Liban, avec l’association libanaise Amel dans la vallée de la Bekaa, les médecins accueillent des réfugiés. De même dans le village de Kha, tout proche de la frontière syrienne, où une consultation ouverte dans un dispensaire nous permet de soigner les populations qui fuient les combats. En Jordanie, les équipes de Médecins du Monde sont présentes dans plusieurs camps de réfugiés. Quand l’armée française a installé un hôpital militaire dans un camp pendant l’été, nous avons affirmé qu’entretenir la confusion entre humanitaire et militaire était dangereux. En Syrie, dès que la situation sécuritaire nous l’a permis, des équipes du desk urgences de Médecins du Monde ont franchi la frontière pour participé à l’organisation d’un camp de déplacés internes syriens où 5 000 personnes vivent sous tente. Par ailleurs chaque fois que cela est possible, quand les groupes de médecins sont connus et identifiés, nous facilitons l’entrée en Syrie de matériels médicaux, de consommables et de médicaments. Dans le nord du Mali, dès le début de l’année, la prise de plusieurs villes par différents groupes insurgés et le coup d’Etat à Bamako a contraint Médecins du Monde à redéfinir sa stratégie. Nous avons fait le pari de maintenir à la fois nos activités dites de long terme, et de répondre aux urgences. Nous prenons ainsi en charge des réfugiés maliens ayant traversé la frontière burkinabée dans la zone de Djibo et appuyons les associations maliennes de migrants qui accueillent des déplacés. Une mission exploratoire par les équipes d’urgence a été réalisée dans la zone de Mopti. Reste qu’il faut sans cesse remettre l’ouvrage sur le métier afin que MdM soit capable d’intervenir sur les zones de crises et conflits en conservant sa spécificité et en accord avec ses principes.

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