Accès à l'eau
© Sébastien Duinjdam
Aujourd’hui, l’accès à l’eau potable dans le monde reste un enjeu majeur : des millions de personnes, notamment dans les régions en développement ou affectées par des crises humanitaires, n’ont toujours pas un accès sécurisé à l’eau. L’accès à l’eau en Afrique par exemple est particulièrement critique. De nombreuses communautés doivent parcourir de longues distances pour s’approvisionner.
Mais ce problème ne se limite pas aux pays du Sud. L’accès à l’eau en France peut être inégal, notamment pour les personnes sans domicile, en bidonvilles ou en situation d’exil.
La qualité de l’eau est également un défi majeur : une eau disponible ne signifie pas forcément qu’elle est propre à la consommation. C’est pourquoi la gestion durable de l’eau est essentielle pour garantir un accès à l’eau équitable et sécurisé que ce soit pour les communautés isolées, les camps de réfugiés ou encore dans les contextes de crise.
Le droit à l’accès à l’eau et à l’assainissement, un droit humain
Le droit à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est un droit humain car il conditionne directement la santé, la dignité et la vie même des individus. Sans eau potable, il est impossible d’assurer une hygiène de base, de prévenir les maladies hydriques ou simplement de vivre dans des conditions décentes.
C’est pourquoi, en 2010, l’ONU a reconnu l’accès à l’eau et à l’assainissement comme un droit fondamental, au même titre que le droit à la santé ou à l’éducation. Pourtant, des millions de personnes dans le monde sont encore privées de ce droit.
Les régions du monde les plus impactées par le manque d’accès à l’eau
Le manque d’eau potable affecte gravement certaines régions du monde, où l’accès à l’eau est limité ou inexistant. L’Afrique subsaharienne est l’une des zones les plus touchées : plus de 400 millions de personnes y vivent sans source d’eau potable sécurisée, aggravant la propagation de maladies hydriques.
Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA), la rareté des ressources en eau est exacerbée par les changements climatiques, les conflits armés et la surexploitation des nappes phréatiques. Des pays comme le Yémen, la Jordanie ou l’Algérie souffrent de stress hydrique extrême.
En Asie du Sud, notamment en Inde, au Pakistan et au Bangladesh, la pollution de l’eau et les inégalités d’accès touchent des millions de personnes, entraînant des risques sanitaires majeurs. Certaines zones d’Amérique latine, comme le nord du Mexique ou certaines régions du Brésil, subissent une dégradation des sources d’eau.
Même en France, l’accès à l’eau reste difficile pour les plus vulnérables.
Défendre ce droit, c’est agir pour la justice sociale et la santé publique, dans une perspective de solidarité internationale.
Manque d’accès à l’eau : une menace pour la santé des populations
Dans de nombreuses régions du monde, la pénurie d’eau affecte directement la santé des populations, en particulier dans les zones rurales et les pays en développement. L’accès à une eau propre et à des installations sanitaires sûres est essentiel pour prévenir de nombreuses maladies hydriques comme la dysenterie, le choléra ou la typhoïde.
Sans une hydratation suffisante, les risques de déshydratation aiguë, notamment chez les enfants et les personnes âgées, augmentent. Une eau de mauvaise qualité entraîne des infections digestives, des maladies de peau et une malnutrition chronique. L’utilisation d’une eau contaminée pour cuisiner ou se laver aggrave les risques d’épidémies et compromet la sécurité sanitaire des communautés.
Les changements climatiques, la croissance démographique et la mauvaise gestion des ressources aggravent la crise de l’eau à l’échelle mondiale. L’insécurité hydrique devient une source de conflits, de migrations forcées et de pressions sur les systèmes de santé publique.
Accès à l’eau : les actions de Médecins du Monde
Médecins du Monde intervient auprès de populations dont le manque d’accès à l’eau potable et le manque d’installation sanitaire ont des conséquences directes sur leur santé.
Dans des squats en France ou dans des zones dépourvues d’infrastructures de base à l’international, l’absence d’eau potable empêche le maintien d’une hygiène minimale : se laver les mains, nettoyer les ustensiles, se doucher ou laver les vêtements devient un défi quotidien. Le résultat : recrudescence de maladies de peau, gastro-entérites et propagation accélérée de maladies infectieuses.
À Mayotte, par exemple, des familles doivent parcourir plusieurs kilomètres pour accéder à un point d’eau, avec un impact lourd sur la santé des enfants et des femmes, souvent en première ligne. Par ailleurs, la corvée d’eau repose le plus souvent sur les femmes et les enfants, limitant leur accès à l’éducation ou à une activité économique.
L’impact est aussi psychologique, vivre sans accès à l’eau renforce le sentiment d’exclusion et d’indignité. Dans les bidonvilles en France, Médecins du Monde rencontre des familles contraintes d’utiliser de l’eau insalubre, avec des risques accrus pour les nourrissons et les personnes âgées. À l’international, comme en République démocratique du Congo ou au Yémen, le manque d’eau potable dans les structures de soins complique drastiquement le travail médical.
Le manque d’accès à l’eau potable, combiné à l’absence de gestion durable, renforce les inégalités et rend les populations privées de ce droit plus vulnérables aux crises sanitaires et au dérèglement climatique.