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I / LE TEST RAPIDE,un outil complémentaire et efficace

I / LE TEST RAPIDE,un outil complémentaire et efficace



TEST RAPIDE, DE QUOI PARLE-T-ON ?


Le test de dépistage rapide (TDR) du VIH est un test simple d’utilisation qui permet de connaître le statut sérologique d’une personne trois mois après la dernière prise de risque. Ce test est conçu pour donner un résultat dans un délai court (environ 30 minutes) après l’analyse de quelques gouttes de sang, salive, sérum ou plasma, selon le type de test utilisé. S’il est positif, un test de confirmation doit être effectué.


L’utilisation des tests rapides a été encouragée par l’OMS dès le début des années 1990 en zone d’endémie et/ou d’épidémie et elle a fait ses preuves dans de nombreux pays. L’utilisation de ces tests dans les pays développés (USA, Suisse, Pays Bas, Angleterre..) est plus récente. Les données de performance des TDR disponibles depuis 1999 montrent une bonne sensibilité et spécificité de ces tests sauf durant la période de séroconversion nécessitant donc de respecter un délai de trois mois entre le test et la prise de risque. En France, les TDR sont autorisés et utilisés depuis plusieurs années par les laboratoires français et les services de biologie des établissements de santé comme l’une des deux techniques de dépistage et doivent obligatoirement être associés à un test classique.


Le diagnostic biologique de l’infection par le VIH en France se décompose en deux phases :

- Une phase de dépistage : deux techniques de dépistage, dont l’une est obligatoirement un test ELISA, l’autre pouvant être par exemple un test rapide.

- Une phase de confirmation : toute analyse de dépistage positive doit être complétée par une confirmation sur le même prélèvement permettant d’éliminer les faux positifs. Si l’analyse de confirmation est positive, une seconde analyse de dépistage éliminant les erreurs d'identification de la personne doit être pratiquée.


Mais à l’heure actuelle, l'utilisation des TDR comme seul test de dépistage, doit entrer dans le cadre d’une recherche biomédicale. Or la recherche biomédicale ne permet pas d'inclure les bénéficiaires de l’Aide Médicale Etat (AME) 1. Les migrants en situation irrégulière consultant à Médecins du Monde ne peuvent donc pas accéder aux tests rapides, ce qui limite leur possibilité de dépistage.

Pourtant, en 2008 et 2009, dans le cadre de ses recommandations concernant le dépistage de l’infection par le VIH en France, la Haute Autorité de Santé (HAS) a proposé des orientations concernant l'utilisation des TDR pour certaines populations qui ne recourent pas ou insuffisamment au dispositif classique de dépistage. La HAS s’est également positionnée pour l’utilisation des TDR, à court terme et hors du cadre de la recherche biomédicale, en Guyane, qui fait face à une situation d’épidémie généralisée : « La mise en oeuvre de stratégies de dépistage volontaristes reposant entre autre sur des dispositifs spécifiques utilisant les TDR doivent être élaborés à court terme, en dehors du cadre de la recherche biomédicale, pour atteindre des groupes qui n’ont pas accès aux dispositifs classiques »2.


UN OUTIL COMPLÉMENTAIRE...


Le TDR n’a pas vocation à remplacer les tests de dépistage existants mais se révèle être un outil complémentaire particulièrement adapté aux populations les plus exposées et qui n’ont pas ou peu accès aux structures de soins et aux dispositifs de prévention tels que les centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG).


...de dépistage

Bien que l’activité de dépistage soit particulièrement importante en France, (5 millions de sérologies VIH réalisées en 20073, plaçant la France au deuxième rang des pays d’Europe de l’Ouest), 36 000 personnes en France sont aujourd’hui porteuses du virus du sida sans le savoir4. Par ailleurs, un nombre encore trop important de personnes infectées (33%) sont prises en charge tardivement et, de ce fait, accèdent au traitement antirétroviral lorsque l’infection est déjà avancée, au stade Sida ou avec un taux de CD4 < 200/mm3.

Selon le Conseil National du Sida (CNS), « la connaissance du statut favorise une prise en charge précoce ainsi qu’une modification des comportements vers des pratiques plus sures » et réduit ainsi les risques de transmission. Il est donc nécessaire de développer des stratégies de dépistage innovantes, intégrant entre autres les TDR, pour réduire le nombre de patients séropositifs qui s’ignorent.


... au plus proche des populations les plus exposées et les moins couvertes.

Les tests rapides, en facilitant l’accès au dépistage, pourraient permettre d’atteindre des personnes qui n’ont pas ou peu recours aux structures déjà existantes. En effet, certaines populations, dont les migrants en situation précaire, ne se rendent pas dans les structures classiques de dépistage, notamment les centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) par peur ou par méconnaissance des systèmes. Mais ils fréquentent des associations, médicalisées ou non, qui pourraient être des lieux de choix pour proposer un TDR et ainsi multiplier les occasions de se faire dépister.

Dans ses recommandations en santé publique, la Haute Autorité de Santé a reconnu la place des structures associatives au sein du dispositif de dépistage VIH, considérant notamment que «l’utilisation des TDR pouvait être envisagée dans des structures alternatives décentralisées au plus près de la population cible.»5


...et pouvant limiter le nombre de patients « perdus de vue »

Aujourd’hui, il faut parfois attendre plusieurs jours avant d’obtenir le résultat d’un test VIH. Conséquence : Un certain nombre de gens viennent faire le test mais ne reviennent pas chercher le résultat. D’autres ne se rendent pas à leurs rendez-vous hospitaliers pour le suivi de leur maladie. En 2006, le CNS rappelait que par rapport aux tests classiques « les test rapides permettent une récupération plus importante des résultats par les patients »6. La rapidité avec laquelle est délivré le résultat et surtout l’accompagnement du patient vers le système de soins si nécessaire (counselling, bonne prise en charge initiale conditionnant l’adhésion au traitement…), pourraient se révéler des atouts pour lutter contre ces phénomènes.






Depuis deux ans, Médecins du Monde Espagne utilise les tests rapides dans un grand nombre de missions mobiles qui vont au-devant de populations vulnérables et précaires, en particulier les personnes se prostituant et les usagers de drogues. Les tests rapides ne sont proposés qu’en deuxième intention, lorsque la personne indique qu’elle n’ira pas dans le dispositif classique. Cette proposition de tests rapides a permis de doubler au 1er trimestre 2009 le nombre de personnes réalisant un test de dépistage VIH.



1 L’AME offre, sous condition de ressources, pour une durée d’un an renouvelable, une couverture médicale gratuite aux personnes étrangères résidant en France depuis plus de trois mois et qui ne peuvent pas bénéficier de la CMU.

2 HAS, - Dépistage de l’infection par le VIH en France, Stratégies et dispositif de dépistage, Synthèse et recommandations octobre 2009

3 BEH 45-46 /1° décembre 2008

4 Prise en charge médicale des personnes infectées par le VIH, Recommandations du groupe d’experts sous la direction du professeur Yeni, Rapport 2008, page 10.

5 Groupe de travail de la HAS, «Dépistage de l’infection par le VIH en France – Stratégies et dispositifs de dépistage», Synthèse et recommandations, octobre 2009

6 Rapport sur l’évolution du dispositif de dépistage de l’infection par le VIH en France, CNS, novembre 2006

novembre 2009

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