Médecins du Monde victime d’un vol de Carte Bleue, la situation sous contrôle

« Voter pour l’inscription de l’IVG dans la Constitution, c’est garantir ce droit humain fondamental »

  • « Voter pour l’inscription de l’IVG dans la Constitution, c’est garantir ce droit humain fondamental »

Tribune parue dans Le monde le 27 février. 

Le 28 février, les sénateurs et les sénatrices prendront part à un vote historique au Palais du Luxembourg : pour ou contre renforcer la protection du droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en l’inscrivant dans la Constitution française. Il y a un an, ils ont fait un pas sans précédent en votant en faveur de cette initiative. L’heure est aujourd’hui à la concrétisation de leur engagement.

Les personnes qui cherchaient à contrer cette mesure, l’estimant inutile ou inopportune, ont vu leurs arguments largement déconstruits, avec pragmatisme, au profit d’argumentaires forts pour protéger les droits et la santé des personnes concernées par l’IVG. A ce titre, plus de 80 % des Françaises et des Français sont pour l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution. Ce choix doit être respecté.

Par ailleurs, le Conseil d’Etat et la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) ont tous deux souligné le fait que le cadre juridique actuel ne représente pas un rempart suffisant contre d’éventuelles remises en cause des modalités d’accès à l’IVG. Sur l’ensemble des interventions de Médecins du monde en France, nos équipes rencontrent des personnes en situation de précarité, pour qui ce soin de santé est essentiel. Il doit incontestablement être protégé. Voter pour l’inscription de l’IVG dans la Constitution, c’est renforcer notre cadre juridique et garantir ce droit humain fondamental.

Quant à la supposée absence de menaces sur le droit à l’IVG en France, il est impossible de nier la détermination de mouvements anti-choix et anti-droits qui ne manquent pas d’interpeller les élus à chaque débat sur tout sujet en lien avec l’éducation à la vie affective et sexuelle, à la contraception et à l’IVG notamment. Des mouvements qui n’hésitaient pas, il y a quelques mois, à mener des campagnes d’affichage contre l’avortement.

La résonance à l’international, simple symbole pour certains, n’en est pas moins puissante. Les symboles sont ce qui nous lie. Chez Médecins du monde, nous constatons la lutte sans relâche des Colombiennes, des Polonaises, des Congolaises et de toutes les femmes et leurs alliés pour défendre le droit à recourir librement à l’avortement. C’est une source d’inspiration allant bien au-delà des seules frontières de ces pays. Nous retrouvons d’ailleurs aujourd’hui le foulard vert, symbole de la lutte des Argentines pour le droit à l’avortement, arboré dans des rassemblements à travers le monde.

En votant pour, c’est un message d’espoir que les sénateurs enverront en France et dans le monde. A l’heure où le droit à l’avortement subit des régressions dans de nombreux pays, ce vote est indispensable. Nous comptons sur le Sénat pour ne pas manquer cette opportunité d’écrire l’histoire, et pour être l’allié des droits des femmes, le 28 février comme tous les autres jours.

Dr Florence Rigal (médecin et présidente de Médecins du Monde)