Russie

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1,4 million

de personnes infectées par le VIH

100 000  

nouveaux cas chaque année

43,2 %

des travailleurs du sexe à Moscou a au moins une IST

Face aux urgences, Médecins du monde mène divers programmes d'aide humanitaire. Découvrez nos actions et missions en Russie ci-dessous.

LE TRAVAIL DU SEXE EN RUSSIE

Des pratiques risquées

La Russie fait face à une épidémie croissante de VIH/SIDA. Le nombre de cas officiellement enregistrés dépasse 1,4 million, et augmente d’environ 10 % chaque année. L’épidémie touche particulièrement les travailleurs et travailleuses du sexe (TDS), qui risquent de contracter et de transmettre le VIH et les autres IST.

Des barrières d’accès aux soins

Ce risque accru s’explique en partie par la multiplicité des partenaires sexuels et par un recours irrégulier aux préservatifs.

La criminalisation du travail du sexe dans le pays est également un facteur de risque. Les personnes proposant des services sexuels tarifés sont ainsi contraintes de se cacher dans des lieux reculés, mais en s’isolant elles deviennent plus vulnérables.

Les TDS se heurtent à des barrières d’accès aux soins, notamment administratives mais aussi liées aux stigmatisations et aux discriminations. Alors même que les travailleurs du sexe sont parmi les populations les plus à risques, ce sont eux qui ont le moins accès aux services de prévention, de dépistage et de traitement du VIH.

Cette inégalité d’accès aux soins doit être palliée par une aide médicale en Russie.

L’impact du COVID-19 sur le travail du sexe

L’année 2020 a été marquée par la crise sanitaire et sociale provoquée par la pandémie du COVID-19 : de nouveaux besoins ont emergés parmi les TDS, mais des nouvelles solidarités sont néées et de nouvelles méthodes de travail ont été mises en place.

Parce que le travail du sexe n’est pas reconnu en Russie, les TDS n’ont pas bénéficié des mesures économiques et sociales d’urgence mises en place par l’Etat.

De plus, les mesures de confinement ont elles aussi eu des conséquences néfastes puisque les moyens de subsistance des TDS dépendent largement de leurs possibilités (et de celles de leurs clients) de se déplacer.

La baisse du nombre de clients a limité leur pouvoir de négociation envers ces derniers, les exposant ainsi davantage à des pratiques à risques. Les TDS ont également rencontré plus de barrières pour accéder à du matériel de prévention, à des tests VIH et aux soins de santé, y compris aux traitements antiviraux.

Les mères célibataires, les personnes transgenres et les personnes migrantes ont été particulièrement vulnérables pendant cette période.

Ces populations marginalisées doivent être accompagnées dans le cadre d’une mission humanitaire en Russie.

Face à l'extrême précarité dans laquelle se trouvent les TDS, Médecins du Monde a fourni une aide individuelle d'urgence dans le cadre de son action humanitaire en Russie

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Notre action humanitaire en Russie

L’objectif de Médecins du Monde et de ses partenaires Shagui (à Moscou), Silver Rose (à Saint-Pétersbourg) et Zerkalo (à Perm) a été de maintenir les services essentiels de prévention au VIH et aux IST et d’accompagnement pour l’accès aux traitements. L’autre objectif a été de limiter au maximum la marginalisation des TDS.

Malgré ce tsunami sanitaire, MdM et ses partenaires ont maintenu leurs activités, et mis en œuvre la prévention et la sensibilisation au COVID-19.

ACCOMPAGNER LES TRAVAILLEURS.EUSES DU SEXE

  • Travailler pour et avec les TDS

    Du matériel de protection, tels que des gants et des masques, a été distribué aux partenaires tandis que les messages de prévention et d’informations sur les gestes barrières ont été intégrés aux activités des TDS. (flyer conçu avec les TDS et diffusé sur leurs réseaux sociaux).

     

    Les activités et le parcours des usagers ont été adaptés pour minimiser les contacts physiques, que ce soit au centre d’accueil ou sur le terrain. Les séances « d’aller-vers » ont été renforcées pour soutenir ceux qui ne peuvent se déplacer.

     

    L’accompagnement des TDS pour l’initiation au traitement ARV après un dépistage positif du VIH a été maintenu.

  • Offrir une aide individuelle d’urgence

    De nouvelles activités ont aussi été mises en place dans le cadre de notre mission humanitaire en Russie. Face à l’extrême précarité dans laquelle se sont retrouvées des tds, Médecins du Monde a fourni une aide individuelle d’urgence à près de 180 personnes, en leur proposant une aide alimentaire et un hébergement pour 9 d’entre elles (dont 3 avec de jeunes enfants).

     

    D’autres services, comme la distribution de préservatifs, de lubrifiants, et d’équipements de protection individuelle ont été proposés avec le soutien de personnes-relais de la communauté. Des TDS ont également pu bénéficier d’un traitement ARV fourni à domicile.

  • Apporter un soutien psychosocial et juridique

    Médecins du Monde et ses partenaires ont également développé un soutien psychosocial et juridique en ligne et organisé des webinaires qui ont permis d’atteindre plus de personnes, et d’élargir l’impact géographique du projet.

     

    Cette période a ainsi confirmé la capacité de résilience des associations et de la communauté des TDS. Alors que les Centres Sida travaillaient avec des capacités limitées, diminuant le nombre de dépistages, reportant les consultations et la provision des traitements ARV, les organisations communautaires ont pris le relais et ont continué à fournir des services de prévention et de soutien.

  • Étudier la prévalence du VIH en Russie

    En avril 2019, Médecins du Monde, Shagui et l’Institut central russe de recherche en épidémiologie (CRIE) ont publié une enquête évaluant la prévalence du VIH et de cinq infections sexuellement transmissibles (IST) parmi les travailleuses et travailleurs du sexe à Moscou.

     

    L’étude a également permis d’identifier les facteurs associés au VIH / IST, d’évaluer les connaissances du participant sur le VIH, les IST et l’accès à la prévention et aux soins.

En 2020, nous avons :

  • soutenu 2 789 travailleurs du sexe à Moscou, avec plus de 4 600 contacts, tandis que plus de 2 000 contacts ont été recensés à Perm
  • effectué 312 séances d’aller-vers à Moscou et 48 à Perm
  • organisé 3 séminaires d’éducation aux droits, à la santé et à la santé sexuelle et reproductive, mais aussi 1 formation en leadership, 1 formation sur la prévention de la violence et 1 visite d’échanges de pratiques entre les projets

Plus de 20 travailleurs du sexe interviennent régulièrement sur les projets et ont lancé un groupe de soutien communautaire

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