Droit à la contraception et à l’avortement : un combat urgent

Droit à la contraception et à l’avortement : un combat urgent

225 millions de femmes qui souhaiteraient éviter ou différer une grossesse n’ont toujours pas accès à la contraception. On estime que chaque année, 80 millions de femmes font face une grossesse non désirée. 22 millions d’entre elles prennent le risque d’un avortement non médicalisé : 47 000 y laissent la vie. Pourtant tous les moyens qui permettraient d’éviter ces décès sont disponibles et abordables.

Cette tribune a été publiée sur le blog animé par l'AFDinfo-icon "Idées pour le développement".


Médecins du Monde organise un colloque jeudi 3 mars 2016 à la Maison des Métallos (Paris) sur le thème "Droit à l'avortement, l'urgence d'un combat" Informations et inscriptions ici.


Un difficile accès à la contraception

En 2015, Médecins du Monde a mené avec le Lasdel 4 enquêtes socio-anthropologiques au Pérou, en RDCinfo-icon, au Burkina-Faso et en Palestine dans le but de documenter et d’analyser les déterminants des grossesses non désirées et des avortements.

De manière générale, les adolescentes ou les femmes non mariées rencontrent plus de difficultés pour accéder à la contraception soit du fait de l’inadaptation des services à leurs besoins ou de cadres législatifs restrictifs. En RDCinfo-icon ou au Pérou par exemple, les mineures font face à des barrières législatives et réglementaires entravant leur accès aux services de contraception. Au-delà des aspects réglementaires, les représentations du personnel soignant, influencées par les normes sociales, conditionnent négativement leur attitude vis-à-vis des adolescentes et des femmes non mariées en demande de contraception. Dans la bande de Gaza, « la sensibilisation des jeunes, c'est socialement non accepté. »

Les méthodes contraceptives sont massivement perçues comme « l’affaire des femmes en couple ». La promotion de la contraception auprès des jeunes serait une incitation à avoir des relations sexuelles, ce qui est socialement réprimé en-dehors du mariage. De même, dans plusieurs contextes, les soignants considèrent que certaines méthodes (ex. stérilet) ne peuvent être utilisées qu’après une première grossesse.

Aussi, si de plus en plus d’Etats intègrent l’accès à la contraception comme une priorité des politiques de santé nationales, ces efforts ne se traduisent pas toujours par la disponibilité des services et continuent d’exclure certaines catégories de femmes. Au Pérou, en Palestine ou au Burkina, les ruptures de stock de certaines méthodes contraceptives sont fréquentes et contraignent les femmes à arrêter ou changer de méthode sans anticipation, alternative ou à un prix dissuasif ; ce qui impacte la capacité des femmes à prévenir efficacement les grossesses.

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Anne Sinic

Chargée de plaidoyer pour la promotion de la santé et des droits sexuels et reproductifs

Sandrine Simon

Infirmière, spécialisée sur les questions de santé sexuelle et reproductive (SSRinfo-icon) et VIHinfo-icon

 
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