© Olivier Papegnies

COVID-19, un virus qui se propage plus vite que la solidarité

Fin janvier, le monde a passé le cap des cent millions de personnes contaminées par le SARS COV2 et des deux millions de décès depuis le début de la pandémie. Depuis, le virus continue de parcourir la planète en infectant de plus en plus de personnes tandis que d’inquiétantes mutations se multiplient. La communauté internationale est confrontée à l’un des plus grands défis sanitaires jamais connus.

Pour réussir, les efforts doivent être massifs, globaux et immédiats. Hélas, les réponses apportées sont encore bien insuffisantes et de nombreuses opportunités d’agir ne sont pas saisies. COVAX, l’instrument mis en place par l’OMSinfo-icon pour distribuer équitablement les vaccins, est aujourd’hui empêché, faute de moyens, de lancer correctement ses campagnes de vaccination. Malgré les annonces récentes de l’OMSinfo-icon sur le déploiement de COVAX, les doses à destination de 145 pays et les financements pour déployer la vaccination dans ces pays, sont bien en dessous des besoins. Cette situation n’est pas acceptable. Il faut vacciner au plus vite l’ensemble de la population mondiale et cibler en priorité le personnel soignant en première ligne dans des Etats manquant de personnels de santé et de moyens.

Plus que jamais, cette pandémie nous rappelle à quel point la santé est un bien commun à toutes et tous. Elle nous met au défi, acteurs et actrices de la santé, de répondre sans oublier personne. 

La France et l’Union européenne se sont engagées très tôt dans la mobilisation d’une force internationale pour développer et rendre accessibles les produits COVID19. De fait, l’Union européenne et le gouvernement français peuvent et doivent jouer un rôle crucial dans la lutte contre la pandémie à l’échelle mondiale, auprès des populations les plus vulnérables. 

 

Nos organisations appellent ainsi notamment la France à fournir un effort exceptionnel pour prendre sa juste part dans le combat et pour ce faire, de : 

 

Débloquer une aide financière à la hauteur des besoins

L’initiative ACT Accelerator, dont la France est membre fondateur, dévoilait ces jours-ci les besoins financiers du dispositif. Il manque près de 28 milliards de dollars, dont près de la moitié est nécessaire immédiatement. A ce jour, la contribution française s’élève à 160 millions de dollars alors que d’autres contributeurs comme l’Allemagne ou le Canada ont déjà dégagé quatre fois plus et réfléchissent à renforcer leurs engagements. Les circonstances exceptionnelles de cette pandémie et les risques majeurs qu’elle engendre imposent un effort plus important de la France. Elle doit ici aussi appliquer le principe du “quoi qu’il en coûte”. Des ressources pourraient aisément être dégagées grâce à la loi de programmation sur les inégalités mondiales débattue en février au Parlement, en y inscrivant une cible de 15% de l’APD totale allouée à la santé, comme le demande le Collectif Santé Mondiale.

 

Rendre la distribution des vaccins plus équitable en faisant don de doses achetées par la France

C’est un système de vaccination mondiale à deux vitesses qui s’opère aujourd’hui. Les données sur les doses disponibles et les prévisions de vaccination indiquent que certains pays, parmi les plus pauvres, ne pourront recevoir des doses qu’en 2022. Si la France porte les principes d’une vaccination mondiale équitable, elle doit mettre à disposition une partie des doses de vaccins achetées pour les populations les plus à risque dans le reste du monde, comme les personnels soignants et les personnes vulnérables. 

 

Défendre la collaboration scientifique et le partage des connaissances

Emmanuel Macron a lui-même appelé à faire des vaccins un bien public mondial en demandant à la communauté internationale de s’extraire des lois du marché. Pour autant, les mécanismes de partage volontaire des connaissances n’ont aujourd’hui pas abouti. La France refuse cependant toujours de soutenir une demande de changement des règles de propriété intellectuelle en cours de négociation à l’OMC. Or, sans partage de connaissance et l’accélération du transfert de technologies, c’est la pénurie annoncée : les quelques laboratoires détenteurs des brevets n’ont pas, seuls, les capacités de production pour répondre à la demande mondiale de vaccins, traitements et tests. 

 

Mobiliser et soutenir tous les acteurs et actrices pour mettre en place ces activités

Les systèmes de santé des pays ciblés doivent être renforcés, pour soutenir leur capacité à déployer la vaccination, mais également être en mesure d’assurer une continuité des soins sur les autres maladies. Pendant la pandémie, les autres urgences sanitaires ne s’estompent pas. Pire, elles s’aggravent. Il faut absolument appuyer ces systèmes mais aussi les institutions internationales et les associations, sans qui un déploiement large de solutions n’est pas possible, en contribuant aux financements du pilier dédié et en mobilisant plus largement notre aide publique au développement.

 

Il est urgent d’agir, de briser les égoïsmes nationaux face à une pandémie sans frontières.

Action Contre la Faim 

Action Santé Mondiale 

AIDES

Coordination Sud 

Médecins du Monde 

ONE 

Solthis 

UAEM

 
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