Malgré l'adoption de la résolution Résolution 2286 des Nations unies sur la protection du personnel de santé dans les conflits armés il y a 5 ans, les attaques se multiplient et la menace reste forte © Olivier Papegnies

Adoption de la Résolution 2286 des Nations unies sur la protection du personnel de santé dans les conflits armés : 5 ans après

Le 3 mai 2016, était adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies, la résolution 2286 pour la protection du personnel de santé dans les conflits armés. Cinq ans après, ce texte peine encore à se traduire dans les faits.

Réaffirmant la pertinence du droit international humanitaire et appelant à renforcer sa mise en œuvre effective, la résolution 2286 devait permettre à celles et ceux qui portent secours aux victimes des conflits d’exercer leur mission de manière sûre et efficace. Aujourd’hui pourtant, les menaces qui pèsent sur les personnels de santé sont de plus en plus fortes et les enjeux de sécurité sur les terrains d’intervention n’ont jamais été aussi importants.

Que ce soit en Syrie, au Yémen, en République Démocratique du Congo (RDCinfo-icon) ou plus récemment en Éthiopie, des personnels humanitaires et de santé ainsi que des structures de soins continuent d’être attaqués.

 

Des attaques de personels humanitaires de plus en plus fréquentes

En syrie

Bombardement à Alep, en Syrie © Reuters
Bombardement à Alep, en Syrie © Reuters

En Syrie, où la guerre civile n’en finit pas, près de 500 attaques contre le personnel humanitaire et les établissements de santé ont été recensées au cours des cinq dernières années. Un tel bilan humain et matériel est d’autant plus à déplorer qu’à ce jour, aucune de ces attaques n’a fait l’objet de quelconques poursuites.

Seulement 58 % des hopitaux qui fonctionnent.

A l’heure actuelle, on estime que seuls 58 % des hôpitaux et 53 % des centres de soin de santé primaire sont réellement opérationnels dans le pays.

 

Au Yémen

Au Yémen, six années de conflit ont rendu la moitié des structures de santé du pays non-fonctionnelle, privant ainsi les populations civiles des soins dont ils auraient besoin.

 

Au Burkina Faso

Consultation dispensé par Médecins du Monde au camp de Mentao, au Burkina Faso © Mylène Zizzo
Consultation dispensé par Médecins du Monde au camp de Mentao, au Burkina Faso © Mylène Zizzo

Au Burkina Faso, 25 personnels soignants ont été tués depuis le début de l’année 2020 dans le nord du pays.

1,5 milion de personnes privées d'accès aux soins.

La situation sécuritaire est à tel point détériorée qu’elle affecte tout le système de santé du pays. Plus d’1,5 million le nombre de personnes se retrouvent ainsi totalement privées d’accès aux soins.

 

Pour un respect effectif du droit humanitaire international

Ces dernières années, Médecins du Monde a fait de la protection du personnel humanitaire et de santé l’une de ses priorités d’action. Nos équipes ont notamment contribué à faire de cette thématique un sujet central de la Conférence Nationale Humanitaire (CNH) de décembre 2020. Nos multiples campagnes de plaidoyer diffusées sur internet et dans les médias en sont également le reflet.

Le personnel humanitaire et de santé doit être protégé en tout temps et en toutes circonstances, y compris en dehors des situations de conflits armés. L’attaque du centre de santé de Kisenso en RDC en est l'une des preuves les plus effroyables.

Bien qu’engagée sur le sujet, la France doit poursuivre ses efforts diplomatiques pour améliorer la préservation de l’espace humanitaire. Les engagements pris en 2020 lors de la CNH doivent pour cela être mis en œuvre de manière effective.

 

 
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