Médecins du Monde présente son 20e rapport de l'accès aux droits et aux soins

© Sébastien Duijndam

Médecins du Monde présente son 20e rapport de l'accès aux droits et aux soins

Depuis 20 ans, Médecins du Monde constate à travers ses différents programmes en France (59 en 2019) que l’accès aux droits et aux soins n’est pas effectif, voire se dégrade. Les personnes les plus précaires font face à de nombreux obstacles qui ne leur permettent pas de se soigner correctement : méconnaissance de leurs droits, complexité des démarches, logement précaire, stigmatisation... Ces inégalités constatées depuis de nombreuses années se sont encore plus largement révélées et accentuées en cette période de crise pandémique.

 

 

 

20 ans de politiques de rejet et ses conséquences sur la santé des plus démunis 

Une volonté politique de nuire à la santé

Les inégalités d’accès aux droits et aux soins préexistantes se sont largement aggravées depuis le début de la pandémie de Covid-19, même s’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions précises et chiffrées. Si ces inégalités sont devenues si prégnantes depuis l’arrivée de la Covid-19, c’est parce qu’elles existaient déjà largement auparavant, comme le démontrent les données de ce rapport et les 19 précédents.

Les activités de Médecins du Monde en France ont commencé en 1986 avec la volonté d’une fermeture rapide, l’objectif étant d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur le manque de soins des plus précaires. Or, 34 ans après, ce sont 15 Centres d’Accueil, de Soin et d’Orientation (CASO) dans toute la France qui ont reçu en 2019 23 048 personnes, ainsi que 59 programmes répartis sur 32 sites.

Médecins du Monde dénonce depuis lors les politiques menées par les gouvernements qui impactent la santé des personnes et pénalisent le système de santé : la politique migratoire de non-accueil et de harcèlement policier, la bataille contre l’Aide Médicale d’Etat (AMEinfo-icon), l’absence de solutions dignes et pérennes face au mal-logement, la précarisation croissante des travailleuses et travailleurs du sexe à travers la loi de la pénalisation des clients, le prix exorbitant de certains médicaments, la pénalisation des usagers de drogue

97,7% des personnes reçues dans nos CASO vivent en dessous du seuil de pauvreté

Ces politiques nuisent à la santé et les plus précaires les subissent de plein fouet. 97,7% des personnes reçues dans nos CASO vivent en dessous du seuil de pauvreté et 78,8% des personnes reçues ayant droit à une couverture maladie n’en bénéficient pas. Les personnes ayant des difficultés de logement sont de plus en plus nombreuses : un quart d’entre elles (24,9%) sont sans domicile fixe en 2019 alors qu’elles étaient de 13,6% en 2009.

L’urgence de garantir un accès effectif aux soins

A l’heure actuelle, la crise sanitaire a contribué à dégrader les conditions de vie des personnes vivant sur le territoire français et a fait basculer un million de personnes dans la pauvreté. Dans ce contexte, il est plus qu’urgent de mettre en place des mesures pérennes permettant et consolidant un accès aux soins et aux droits pour toutes et tous. Près de la moitié des personnes reçues dans nos CASO présente un retard de soin. Or, en ce temps de pandémie, l’accès aux soins est plus que jamais une véritable question de santé publique.

La crise sanitaire a contribué à dégrader les conditions de vie des personnes vivant sur le territoire français et a fait basculer un million de personnes dans la pauvreté.

Certaines mesures facilitatrices ont été prises durant les mois de confinement pour mettre à l’abri les personnes les plus fragiles (hébergement d’urgence) et maintenir et renouveller leurs droits (renouvellement automatique des titres de séjour et de l’AMEinfo-icon par exemple). Ces mesures sont positives, mais elles restent localisées, limitées dans le temps et trop superficielles.

Pourquoi a-t-il fallu attendre une crise sanitaire pour que le gouvernement agisse ? Pourquoi n’ont-elles pas été prises de façon durable ? Si l’Etat a pris ces mesures, c’est qu’il en a la capacité et qu’il choisit en conscience de ne pas les prolonger. « Cela questionne la volonté politique de l’Etat de protéger et d’assurer réellement l’accès aux soins et aux droits pour toutes et tous sur son territoire », déclare Philippe de Botton.

Il est temps que l’Etat agisse pour garantir à chacune et chacun ses droits fondamentaux, une couverture maladie universelle et cesse d’instaurer des politiques qui nuisent gravement à la santé.

 

> Télécharger le rapport de l'observatoire de l'accès aux droits et aux soins 2019

> Télécharger la synthèse du rapport

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