Médecins du Monde souhaite rappeler que la fin de la trêve hivernale ne peut signifier à nouveau la reprise des expulsions et des mises à la rue des sans-abris. © Jerôme Leblois

Fin de l’état d’urgence sanitaire : conséquences délétères de la vie à la rue

Ce 10 juillet 2020, fin de l’état d’urgence sanitaire et de la trêve hivernale, Médecins du Monde interpelle les décideurs sur les conséquences du mal-logement sur la santé.

Des personnes à la rue vulnérables face à l'épidémie de Covid-19

Les équipes de Médecins du Monde investies auprès des personnes à la rue, invisibilisées et souvent marginalisées, ont pu constater leur vulnérabilité face à l’épidémie de Covid-19 en raison de leurs conditions de vie indignes. Sur ses terrains d’intervention, à la rue, dans les campements, bidonvilles ou squats, l’association témoigne au quotidien de cette précarité et du creusement des inégalités en santé.

 

 

Un Etat qui a su apporter des réponses pour protéger les populations touchées par le mal-logement

Pendant cette crise inédite, de nombreuses collectivités locales, associations, collectifs citoyens se sont mobilisés palliant les défaillances de l’Etat. Un Etat qui a pourtant su prouver que des efforts étaient possibles avec l’application de mesures exceptionnelles comme la mise en place d’hébergements d’urgence, le prolongement de la trêve et la mise à disposition de points d’eau et sanitaires dans certains bidonvilles de France.

La nécessité d'appliquer des dispositifs de mise à l'abri durables

Alors que le 10 juillet marque la fin de la trêve hivernale, Médecins du Monde souhaite rappeler la nécessité de pérenniser les mesures prises à destination des personnes à la rue déployées pendant le confinement. La fin de cette trêve ne peut signifier à nouveau la reprise des expulsions et des mises à la rue sans solution durable d’hébergement.

Le logement : un déterminant majeur et essentiel de la santé

Parce qu’il protège et détermine les conditions de vie des personnes, le logement est un déterminant majeur et essentiel de la santé. « Le besoin en hébergement n’existe pas uniquement en période de crise épidémique. C’est un besoin fondamental et permanent qui requiert une réponse de long terme émanant d’une véritable volonté politique », déclare le Dr Philippe Botton, président de Médecins du Monde.

 

Médecins du Monde rappelle au gouvernement l’urgence de :

  • Mettre en place des solutions d’hébergement pérennes et immédiates pour toutes les personnes sans domicile ou en habitat très précaire, adaptées à leurs besoins.
  • Réaffirmer le principe d’accueil inconditionnel dans l’hébergement d’urgence : le besoin en hébergement ne dépend pas du statut administratif, et cela est également cohérent avec une approche de santé publique qui doit inclure l’ensemble des personnes résidant sur le territoire. C’est un principe cardinal du code de l’action sociale et des familles.
  • Renforcer et accélérer le plan de résorption des bidonvilles, qui doit être étendu aux départements d’outre-mer : la situation des bidonvilles à Mayotte et en Guyane ne saurait être écartée des solutions portées par ce plan, elle requiert au contraire une mobilisation des services de l’Etat pour répondre à ce défi.
  • D’une mise en place volontariste, aux moyens augmentés, du plan Logement d’abord pour que chacune et chacun ait accès au logement en France afin de mettre fin aux situations d’exclusion.

 

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