Auprès des personnes fragiles pour lutter contre le coronavirus

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Auprès des personnes fragiles pour lutter contre le coronavirus

Face à l’épidémie de coronavirus (ou Covid-19), l’association médicale Médecins du Monde poursuit ses activités auprès des personnes les plus vulnérables en cette période de crise sanitaire et rappelle aux autorités publiques leur devoir de protection des publics en situation de grande précarité.

 

 

Le coronavirus fait peser un grand danger aux personnes sans domicile

Depuis le mardi 17 mars, la population est confinée sur tout le territoire français, afin de freiner la progression de l’épidémie de Covid-19. Le confinement est impossible à mettre en œuvre pour les personnes qui n’ont pas de domicile personnel. Il a également des conséquences très graves pour l’accès des personnes en précarité aux produits alimentaires et biens de première nécessité.

Apporter l'aide nécessaire aux plus fragiles et exclus des soins face au coronavirus

Pour pallier cette situation de vulnérabilité des personnes fragiles face à l’épidémie de Coronavirus, Médecins du Monde a mis en place des actions prioritaires sur l’ensemble de la métropole, ainsi qu’à Mayotte et en Guyane. Cela afin d'apporter l’aide nécessaire aux personnes exclues et éloignées du système de santé. Par des maraudes auprès des sans-abri, des activités de veille sanitaire auprès des personnes migrantes, mais aussi des sorties en squats ou bidonvilles, les équipes de Médecins du Monde renforcent leurs actions prioritaires d’information, de prévention et d’orientation dans le parcours de soins.

 

La précarité, facteur de démultiplication du risque face au coronavirus

Accès difficile à la couverture maladie, absence d’interprétariat, refus de soins des personnes sous l’Aide Médicale d’Etat (AMEinfo-icon), stigmatisation des plus pauvres… autant d’obstacles structurels à l’accès aux soins auxquels font face les personnes vulnérables. S’ajoute à cela les conditions de vie précaires qui fragilisent leur santé et ne leur permettent souvent pas de respecter les gestes barrières.

Dans les squats et bidonvilles, la menace du coronavirus

Dans les squats et bidonvilles, l’épidémie de Coronavirus pourrait devenir une crise sanitaire majeure. Les problèmes d’accès à l’eau, les privations alimentaires et la promiscuité sont autant de facteurs de risques de propagation de l’épidémie. Médecins du Monde rappelle que 92% des personnes reçues dans ses centres d’accompagnement, de soins et d’orientation (CASO) vivent en habitat très précaire : à la rue, en bidonvilles, squats ou campement, ou en hébergement temporaire.

Aujourd’hui, plus que jamais, notre rôle est de soigner, protéger, prévenir et informer. Il y a urgence à mettre à l’abri toutes les personnes à la rue et vivant sur des lieux de vie très précaires pour faire face à cette épidémie.

Dr. Philippe de Botton, Président de Médecins du Monde France

 

 

Remettre l'humain au centre de nos priorités

Pour faire face à cette crise du coronavirus, nous demandons aux pouvoirs publics : 

  • Permettre un accès aux soins dans des conditions égales pour toutes et tous.
  • Des solutions d’hébergement immédiat pour toutes les personnes à la rue, en bidonvilles et campements pour éviter la promiscuité et ainsi éviter la propagation du coronavirus. Une mise à l’abri immédiate dans des lieux permettant de respecter les mesures de confinement et d’assurer l’accès à des conditions d’hygiène suffisantes, avec réquisition de chambres d’hôtel.
  • Des campagnes d’information plus massives pour sensibiliser aux gestes barrières contre le coronavirus, ciblées vers les publics fragiles, à la rue, en bidonvilles et tout particulièrement pour les personnes qui ne maitrisent pas bien le français et qui ne peuvent être informées via les médias.
  • De rendre effectif l’accès de toutes et tous au système de santé : actions mobiles vers les publics les plus exclus, mettre fin aux obstacles administratifs d’accès à la couverture maladie pour rendre possible un accès universel au système de santé.
  • L’abrogation du décret du 30 décembre 2019 : adoptée fin 2019, la mesure consistant à imposer un délai de carence de 3 mois pour les demandeurs d’asile pour l’accès à la PUMA (Protection Universelle Maladie) était un non-sens en termes de santé des personnes et de santé publique, elle l’est d’autant plus aujourd’hui.
  • La prolongation automatique des droits pour les bénéficiaires de l’AMEinfo-icon (l'Aide Médicale d'Etat) et la simplification des procédures d’accès à ce dispositif de manière durable, pour lutter efficacement contre le non-recours aux soins.
  • Des moyens humains et financiers, du matériel de protection adapté et suffisant, pour l’ensemble du personnel soignant et des personnes au contact du public.

 

Le Coronavirus, révélateur de la crise de la santé publique en France

L’hôpital public en tension, les pénuries de matériels de protection, le manque de lits et de moyens sont le résultat de politiques publiques inadaptées. Ce coronavirus vient révéler ce que nous dénonçons tous depuis de nombreuses années, il est urgent de remettre l’humain au centre et de redéfinir nos priorités.

Afin de protéger l’ensemble de la population et en particulier les personnes les plus fragiles face au virus, Médecins du Monde reste mobilisée et continuera de dénoncer l’absence de mesures adaptées destinées aux plus vulnérables et de promouvoir un système de soin public de qualité, pérenne, solidaire, et accessible à toutes et tous.

 

 

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