Coronavirus : n'oublions pas les populations vulnérables

Dès le début de l'épidémie, nos équipes se sont mobilisées pour venir en aide aux plus vulnérables © Olivier Papegnies

Coronavirus : n'oublions pas les populations vulnérables

Depuis le mois de février 2020, l’épidémie de coronavirus (Covid-19) se propage sur le territoire français. Si plusieurs mesures ont été prises par les autorités, Médecins du Monde rappelle la nécessité absolue de protéger les populations vulnérables, les personnes sans domicile, vivant dans les squats et bidonvilles, ayant déjà des difficultés d’accès aux soins, face à cette épidémie de coronavirus. Nous demandons également de renforcer les moyens alloués à l’hôpital public qui traverse une crise sans précédent.

 

 

face au coronavirus, Des mesures de santé publique doivent être prises pour les plus fragiles

L’action de Médecins du Monde se poursuit lors de cette crise du coronavirus

En tant qu’ONGinfo-icon médicale intervenant auprès des plus vulnérables, Médecins du Monde est pleinement mobilisée face à cette épidémie de coronavirus. Nous faisons de la santé de nos bénéficiaires et de nos équipes une priorité. Nous appliquons les instructions et recommandations de la Direction générale de la santé et mettons en place des mesures de prévention auprès des personnes accueillies sur tous nos programmes, à la fois dans nos centres de santé et sur nos missions mobiles. En cas de suspicion du virus du coronavirus chez une personne reçue sur un de nos programmes, notre préoccupation sera double : prendre en charge la personne concernée et protéger les autres patients et les équipes.

92% des personnes reçues dans nos centres de santé sont à la rue ou mal-logées.

Les personnes vulnérables, oubliées de la politique sanitaire liée au coronavirus

Nous constatons que ces personnes vulnérables sont oubliées de la réponse sanitaire des autorités, alors que leurs conditions de vie les tiennent à l’écart des campagnes de prévention et ne leur donnent pas les moyens de les respecter. 92% des personnes reçues dans nos centres de santé sont à la rue ou mal-logées, elles sont pour la plupart sans ou avec très peu d’accès à l’hygiène, à des sanitaires et à l’eau. Comment demander à des personnes vivant à la rue sans accès à l’eau de se laver régulièrement les mains ? Les personnes à la rue, les exilés, les habitants des bidonvilles et des squats, celles et ceux qui vivent en hébergement d’urgence doivent être protégés, tout autant que la population générale, et même priorisés en matière de prévention.

 

 

La difficulté d’accès aux soins, facteur aggravant face à la menace du coronavirus

En outre ces personnes vulnérables ont moins accès aux soins que le reste de la population. L’accès à un médecin est plus compliqué et la vulnérabilité de ces personnes peut les exposer à des formes plus graves. En les laissant survivre dans des conditions indignes, les autorités fragilisent encore plus ces populations face au coronavirus avec des conséquences qui peuvent être plus graves pour leur santé. S’il n’y a pas plus de risques pour ces personnes d’avoir ce virus, il y a de forts risques pour qu’elles soient frappées plus durement si elles venaient à le contracter.

 

Les autorités doivent donc prendre des mesures à destination de ces populations et faire de la question du mal-logement et de l’accès aux soins pour tous des priorités.

 

 

Le coronavirus fait peser sur le système de santé une menace que le Gouvernement ne doit pas négliger

Cette épidémie intervient dans un contexte global de crise du système hospitalier. En grève depuis plusieurs mois, l’hôpital est délaissé par le Gouvernement. Médecins du Monde n’a eu de cesse de dénoncer cet abandon, qui pénalise en premier lieu les plus vulnérables.

Si l’épidémie de coronavirus perdure et si l’Etat refuse de prendre des mesures adéquates pour répondre à cette crise du système de santé, en renforçant notamment les moyens des hôpitaux, les conséquences en termes de santé publique seront désastreuses.

 

 

Et encore une fois, les personnes en situation de précarité sont les premières victimes. Les restrictions portées récemment dans l’accès aux soins des personnes étrangères précaires obligent ces personnes à avoir pour dernier recours aux soins l’hôpital et plus particulièrement les services d’urgence, déjà surchargés. Cet épisode démontre donc l’importance d’une protection maladie universelle qui permette à la totalité des personnes résidant sur le territoire français d’avoir effectivement recours aux soins et à la prévention. Il s’agit-là d’un impératif de santé publique, rappelé une nouvelle fois par l’Académie nationale de médecine dans son rapport rendu public le 25 février 2020.

 

La protection des populations vulnérables ne peut donc se faire sans une réponse adaptée et forte des autorités. Les enjeux de santé publique sont trop importants pour qu’aucune mesure adaptée ne soit mise en place.

 

 

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