La bonne peine : plongeon dans la guerre aux drogues

© Valentina Cugusi

La bonne peine : plongeon dans la guerre aux drogues

A l’occasion des Solidays édition 2019, Médecins du Monde a créé un jeu interactif sur le sujet des politiques des drogues. Appelé « La bonne peine », le jeu consiste à tirer au sort le nom d’un produit psychoactif, celui d’un pays, ainsi qu’un profil particulier, et de « passer devant le juge » pour connaître la peine encourue en cas de consommation de ce produit dans le pays tiré au sort.

 

Un jeu pour interpeller le jeune public

Au travers de ce « jeu » Médecins du Monde souhaite interpeller le public des Solidays sur les conséquences dramatiques des politiques régissant l’usage de drogues dans le monde. Les milliards dépensés dans la répression des trafics et l’augmentation des saisies, n’ont pas permis d’enrayer les productions et consommations de drogues. Au contraire, ces dix dernières années, la production de drogues n’a cessé de croitre (+125% pour l’opium, +30% pour la coca) et le nombre de consommateurs au niveau mondial a augmenté d’un tiers.

© MdM
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A défaut de réduire le marché des drogues, la répression de leur usage impacte fortement la santé des personnes : plus de la moitié des personnes qui s’injectent des drogues dans le monde ont été infectées par le virus de l’hépatite C, et près d’une sur cinq vivent avec le virus du VIHinfo-icon/sida. La répression a également pour effet d'aggraver les problèmes sociaux des quartiers défavorisés, l’insécurité et la violence urbaine liée au contrôle des points de vente. La France n’est pas épargnée.

 

Dénoncer l'inefficacité et l'absurdité de la répression

Depuis plusieurs années, un nombre croissant de voix s’élèvent pour dénoncer l’inefficacité et l’absurdité de la répression, y compris en France où la prise de conscience vient le plus souvent d’acteurs de terrain et de responsables politiques locaux (Villeurbanne, Sevran, …).

La régulation des produits et comportements dangereux est un meilleur moyen d’en prévenir les risques et les dommages.

Certains Etats qui ont fait le choix de la dépénalisation de l’usage de drogues (Portugal), de la régulation de la vente de certains produits (Pays-Bas) ou de programmes d’héroïne médicalisée (Suisse, Danemark) ont vu les dommages liés aux consommations de drogues réduire considérablement. Nous pensons que la régulation des produits et comportements dangereux est un meilleur moyen d’en prévenir les risques et les dommages, qu’un marché noir laissé aux mains criminelles.

 

 

 

La mise en place de ce jeu à une semaine du 26 juin, Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, n’est pas anodine. Au travers de « La bonne peine », nous souhaitons stimuler les interrogations, susciter le débat et faire connaître la campagne « Support. Don’t Punish »1 par laquelle les acteurs de la société civile se réapproprient la journée du 26 juin pour défendre le respect des droits humains et promouvoir l’accès à la santé des personnes qui consomment des drogues.

 

Médecins du Monde appelle à :

  • la dépénalisation immédiate de l’usage de toutes les drogues ;
  • la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour étudier les scénarios de sortie de la prohibition et la construction de modèles de régulation.

 

 

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