République centrafricaine : une population en sursis

République centrafricaine : une population en sursis

Depuis août 2013, Médecins du Monde, en collaboration avec ses partenaires, déploie son action dans des structures sanitaires et des sites de déplacésinfo-icon et participe à la revitalisation du système de santé à Bangui et sa périphérie. 

3 questions à Myriam Pomarel, coordinatrice médicale de la cellule Urgences de retour de Bangui, en République centrafricaine.

 

Quels sont les risques sanitaires en République centrafricaine ?

C’est un pays où il y a déjà eu des épidémies de choléra, et c’est un risque qui pourrait réapparaitre aujourd’hui, surtout avec la saison des pluies qui arrive et les conditions de vie des populations déplacées. Nous nous tenons prêts à réagir grâce à un pré positionnement de kits choléra. Concernant les maladies épidémiques, nous avons vu 2 cas suspects de fièvre jaune, et 2 cas suspects de polio. Le programme élargi de vaccination ne fonctionne plus. On estime que pour la dernière année, seuls 10 % des enfants ont été vaccinés. C’est une porte ouverte à de nombreuses épidémies. D’ailleurs, il y a déjà eu une épidémie de rougeole, contre laquelle Médecins du Monde a conduit une grande campagne de vaccination en janvier.

 

Et au niveau nutritionnel ?

De ce point de vue, la crise a empêché les gens de cultiver leurs terres et ils sont en train de finir le peu de réserves qu'ils avaient. Il y a moins de travail, moins d’échanges commerciaux et les prix ont augmenté. C’est pourquoi tout concourt pour qu’un risque de crise nutritionnelle importante voie le jour. Les distributions de nourriture ne se font pas correctement. On est très loin des 1 200 kcal par jour dont devrait bénéficier la population.

 

En quoi consiste l’action de Médecins du Monde dans ce contexte ?

La Centrafrique est un pays, mais pas un état. Il y a tout à reconstruire. L’objectif de notre programme est de rendre à nouveau opérationnelles les structures de santé qui ont été fortement détériorées, pillées ou détruites. Cela implique d’accompagner le personnel médical des structures sanitaires gouvernementales pour qu’il se sente prêt à rouvrir les structures, pour qu’il reprenne confiance. Pour arriver à revitaliser ces structures, Médecins du Monde les réhabilite, fournit des médicaments, offre des consultations gratuites et assure la formation du personnel médical. Pour relancer  les activités, nous avons mis en place des cliniques mobiles qui viennent plusieurs fois par semaine au niveau des structures de soins. Les équipes sont composées de personnel du ministère de la santé et de personnel de Médecins du Monde à la fois national et expatrié. Au final, à travers ces cliniques mobiles, ce sont les personnes déplacées sur les sites de regroupement qui voient la vie reprendre dans leurs quartiers. C’est une façon de leur envoyer un message positif et de leur garantir l’accès à la santé lorsqu’elles quittent le site. Hélas, nous ne pouvons pas leur garantir la sécurité…