>  In France  >  Mayotte

In France

Mayotte

Centre de Soins Pédiatrique & Unité Mobile de Soins


Bureau Médecins du Monde
63, rue de la Pompe - Boboka
97600 MAMOUDZOU
Tél : 0269 60 72 89
Fax : 0269 60 79 51
Email : medecinsdumonde.mayotte@yahoo.fr / coordomed.mayotte@medecinsdumonde.net

A Mayotte, la mise en place de soins payants conjuguée à une politique très répressive de l’immigration entrave l’accès aux soins d’une grande partie de la population. Face à ces difficultés d’accès aux soins notamment pour les enfants, Médecins du Monde ouvre un centre de soins pédiatriques au cœur du bidonville de Koungou au nord de l’île.

Coordonnées

Date d’ouverture de la mission : janvier 2007

Adresse : 63, rue de la Pompe – Boboka – 97600 Mamoudzou

Tél/Fax :02.69.60.72.89

Email : centredesoins.mayotte@medecinsdumonde.net

Jours et heures d’ouverture/d’intervention : Consultation médico-sociale :
- fixe : lundi et mercredi au CSP de 8h à 16h
38 bis, rue du Commerce – Quartier Bandrajou – Majicavo Koropa – 97690 Koungou
Tél/Fax : 02 69 61 60 68
- mobile : mardi et jeudi dans l’UMS de 8h à 16h
Zone définie pour 2014 – communes de Koungou et de Mamoudzou

 

Equipes

Responsables de Mission : Emmanuelle Thore-Dupont et Stéphanie Quinot en 2014

Coordinatrice : Marie Ferré

Nombre total de bénévoles dédiés à cette action en 2013 : 30

Nombre de salariés et ETP par fonction/poste dédiés à cette action en 2013 : 4

Mission appuyée par 1 salariée de la Délégation Régionale : 1 secrétaire

 

Objectif et activités

Objectif(s) de la mission :

Améliorer l’accès aux soins et aux droits des enfants (0-18 ans) en situation de précarité sur le territoire de Mayotte : accueillir, soigner, orienter ces mineurs en difficulté d’accès aux soins et témoigner de leur situation. Cette consultation médico-sociale, sans rendez-vous, mobilise une équipe pluridisciplinaire qui accueille les enfants, proposent une prise en charge médicale adaptée et travaille avec leur famille à leur accès aux droits et aux dispositifs publics de soin.

Activités mises en œuvre :

- Accueil, information et orientation

- Prise en charge médicale : Consultations de médecine générale

- Prise en charge sociale : Entretiens sociaux, appui à l’affiliation à la sécurité sociale

- Recueil de témoignages, recueil et analyse de données, action de plaidoyer

REPORTAGE

Mayotte : un eldorado illusoire

Mayotte, ses plages de sable fin, son eau bleu turquoise, ses palmiers verdoyants, ses senteurs d’ylang-ylang et ses immenses bidonvilles, ultimes refuges des migrants.

A la lisière de Mamoudzou, dans le quartier de Kawéni, s’élève le plus vaste bidonville de France. Éparpillées à flanc de colline, des centaines de baraques en tôle et en terre, les bangas. Parmi les poules, les chèvres, les zébus, au milieu des tuyaux d’arrivée d’eau rafistolés, des fils électriques trafiqués, des ordures ménagères dispersées, impossible de savoir exactement combien de familles d’immigrés vivent – survivent – dans ces conditions. Et pourtant Kawéni n’est qu’un bidonville parmi tant d’autres à Mayotte. Dans chaque village, les grandes maisons mahoraises dissimulent des bangas où se réfugient les sans-papiers.


TERRE D'EXIL

Depuis le rattachement de l’île à la France en 1976 et l’instauration d’un visa en 1995, les migrants qui affluent chaque jour des Comores, principalement d’Anjouan, dans l’espoir de trouver une vie meilleure, rejoignent Mayotte de façon « illégale ». Pensant fuir la précarité extrême et le chômage de leur pays d’origine, ils tentent de traverser les 75 km de bras de mer qui les séparent des côtes françaises. A la tombée de la nuit, ils sont des centaines à s’entasser dans de frêles embarcations motorisées, les kwassas-kwassas, qui servent habituellement aux pêcheurs locaux. Pour plusieurs centaines d’euros, les passeurs les entraînent dans une traversée périlleuse : des heures en mer pour éviter les radars de la police aux frontières qui maraude chaque soir. Certains payent des fortunes pour s’assurer une sécurité relative « Quand j’ai été expulsé, ma mère a payé 700 € pour que je reviens en kwassa « privé », nous n’étions que trois dans l’embarcation, elle avait très peur parce qu’il y a beaucoup de noyades » se souvient Touman. Et pour tous ceux qui arrivent finalement de l’autre côté, une nouvelle vie semée d’embûches commence.


LA CHASSE AUX IMMIGRES

A l’heure actuelle, les étrangers en situation irrégulière représentent plus de 40% de la population de Mayotte. Un pourcentage qui fait frémir les autorités. La police effectue régulièrement des contrôles de papiers d'identité et rafle sans complexe dans les quartiers embarquant souvent les plus fragiles, femmes, enfants, personnes âgées, ceux qui ne cherchent même plus à s'enfuir, « il faut bien remplir les quotas d’expulsion » avoue un policier. La moitié des expulsions du territoire français est réalisée à Mayotte. Malgré des conditions de vie difficiles, les comoriens expulsés tentent quasiment tous de revenir, souvent dans les mois, voire les semaines qui suivent. Sur l’île, ils sont méprisés, malgré des liens familiaux et culturels parfois étroits, par une grande partie des Mahorais mais aussi exploités. Employés clandestinement, ils travaillent principalement dans l’agriculture ou le bâtiment. « La majorité des ouvriers de chantier sont des immigrés sans-papiers, ils sont de la main d’œuvre peu chère et ils ne peuvent pas se plaindre car on les menace de les dénoncer » explique Nairati, médiatrice-interprète pour Médecins du Monde. A la permanence de l’association comorienne qu’assure chaque vendredi après-midi, Marie-Pierre Auger, responsable de la mission Mayotte, les histoires se ressemblent « ce sont des situations insolubles, beaucoup ne sont pas expulsables car ils sont à Mayotte depuis l’enfance, toujours scolarisés, ils ne leur manquent que le passeport mais ils ne peuvent pas aller le faire aux Comores de peur de ne pas pouvoir revenir.»


PAS DE PAPIERS, PAS DE SANTE

Pour cette population migrante sans attache, l’accès aux soins est d’autant plus délicat. Pourtant leurs conditions de vie précaires (difficulté d’accès à l’eau, promiscuité…) favorisent les problèmes sanitaires. Jusqu’en 2005, l’accès aux soins était gratuit pour tous, aujourd’hui ils sont payants pour les personnes qui ne peuvent justifier d’une affiliation à la sécurité sociale. Pour une consultation de médecine générale, les patients doivent s’acquitter de la somme de 10 € (jusqu’à 300€ pour un accouchement). Une barrière financière souvent impitoyable. Nassilata vit seule avec sa fille « Un jour, je l’ai emmené à l’hôpital mais je n’avais pas les 10 € alors ils m’ont refusée l’entrée. Elle est handicapée mais je n’ai pas assez d’argent pour acheter un appareillage adapté ». Mounia, quant à elle, est terrorisée « Une fois, en accompagnant ma fille, je me suis fait attraper et expulser, aujourd’hui dès que je vais à l’hôpital, je crains toujours de retomber sur la police et d’être renvoyée aux Comores ». Paiement des consultations et peur des contrôles inopinés sont les deux obstacles à l’accès aux soins les plus récurrents. Afin de dénoncer ces entraves, Médecins du Monde a mis en place depuis janvier 2007 un Observatoire de l’accès aux soins et aux droits. A Mayotte, ne sont appliquées ni l’Aide médicale d’état ni la Couverture médicale universelle. Même pour les personnes en situation régulière, certaines prestations médicales restent inaccessibles, le faible niveau de vie ne leur permettant de se payer une mutuelle. Loin de la métropole, 374 km² de terre française oubliée….


Témoignage : Z., 29 ans, vit dans le quartier de Cavani

Je suis arrivé d’Anjouan en 1995, ma famille a quitté les Comores parce qu’on n’avait pas d’argent. J’ai construit ma maison avec des tôles et du bois, il y a l’électricité mais pas l’eau courante. Ma mère et mes trois enfants habitent avec moi. Ma femme aussi vivait avec nous mais elle a été expulsée il y a 2 mois, elle n’a pas encore réussi à revenir. Pour faire vivre ma famille, je fais des bricolages de temps en temps et quand on est malade, on essaie d’abord d’utiliser la médecine traditionnelle avec des plantes. Ici, il y a beaucoup de gens qui ne vont pas à l’hôpital parce qu’ils ne peuvent pas payer et aussi parce qu’ils ont peur de la police. Dans le quartier, il y a souvent des rafles, certains finissent par avoir envie de rentrer parce que c’est de pire en pire, ils ne sont pas tranquilles quand ils dorment, ils ont tellement peur qu’ils préfèrent rentrer. Pour moi, ça ne sera pas plus facile de repartir.


LE VACCIN, C'EST MALIN

« Odi ? » Nairiti, interprète pour Médecins du Monde, attend l’autorisation avant d’entrer dans les bangas. Ce matin, à Sada, village au centre ouest de l’île, elle fait le tour des foyers accompagné par un médiateur de la mairie qui connaît bien le quartier. L’objectif est de sensibiliser les familles. « Vous avez des enfants ? Ils sont scolarisés ? La semaine prochaine, Médecins du Monde sera là pour les vacciner, il faut les emmener». Depuis novembre 2008, l’équipe de Médecins du Monde sillonne l’île pour vacciner les enfants non ciblés par la campagne de vaccination de la DASS organisée dans les écoles. « Nous leur faisons l’ensemble des vaccins : ROR, tétanos, polio, DT cap et aussi hépatite B » explique Sonia Courette, coordinatrice médicale « pour les rappels, nous repassons quelques mois plus tard, le plus délicat est de retrouver les enfants. Il s’agit d’un travail de longue haleine. Il faut aller les chercher car les parents n’osent pas les amener à cause des rafles». Armées d’un mégaphone et de patience, Sonia et Nairiti parcourent le quartier en appelant un à un les enfants déjà vaccinés et en essayant d’en repérer de nouveaux.Cette maraude dans le bidonville est aussi l’occasion de rappeler aux mères d’enfants de moins de 6 ans qu’elles doivent se rendre à la PMI (Protection Maternelle Infantile) où la prise en charge est gratuite.


UNE CAMPAGNE REUSSIE

A Tsoundzou II, la vaccination se fait près du stade. Un médecin réalise la consultation, parfois délicate car la majorité des enfants n’a pas de carnet de santé (perdu, brûlé, noyé...) et beaucoup ne connaissent pas leur date de naissance. Les enfants sont pesés, mesurés afin de détecter d’éventuels problèmes de nutrition. Ce matin, une petite fille de 19 mois, amenée par la voisine de sa mère, trop apeurée pour venir elle-même, montre des signes de malnutrition « elle rit, elle chante, elle pleure ? » interroge le médecin « il faut absolument l’emmener à la PMI ». Midi, les cours viennent de s’achever dans l’école voisine. Les enfants intrigués encerclent l’infirmier «Jojo», qui effectue son premier bénévolat pour Médecins du Monde. Habituellement infirmier dans un service de réanimation pédiatrique, il assure l’ambiance et demande aux enfants de participer : « 3..2..1 » décomptent-ils en cœur avant la piqûre. Quelques jours plus tard, à Dzoumogné, dans le nord de l’île, la vaccination se fait sur la place du marché. Les enfants s’attroupent, toujours curieux. « Tu vas à l’école, tu as eu tes vaccins ? » demande Christiane, infirmière bénévole. Pendant ce temps, un traducteur essaye de contacter les parents des enfants identifiés par Nairiti lors de la sensibilisation. Dans une organisation bien rôdée, le médecin consulte, l’infirmière vaccine. Après chaque vaccin, en guise de récompense, elle distribue un autocollant aux enfants siglé « Le vaccin, c’est malin ». L’après-midi, à Bouyoni, aucun n’enfant n’est au rendez-vous. « Le site de vaccination est situé trop près de la route où la police peut passer à tout moment » analyse Sonia « il faut se rapprocher du quartier sinon les enfants ne viendront pas ». L’ensemble de l’équipe plie bagage, le site est transféré au pied du bidonville. Plus d’une dizaine d’enfants seront vaccinés. Au total, la campagne Médecins du Monde aura permis de vacciner 567 enfants.


Reportage réalisé en mai 2009

Rédaction : Laure Antoine - Photos : Olivier Jobard / Sipa Press

 

PUBLICATIONS

 

Mayotte, département d’exception Extrait de : Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire - Janvier 2012

Mayotte, île de l’archipel des Comores et 101e département français depuis avril 2011, ne dispose pas du dispositif de couverture maladie CMU (Couverture maladie universelle), ni de l’AME (Aide médicale de l’État). Leur mise en place n’est pas inscrite à l’agenda de la départementalisation qui s’étendra sur 15 années.

_________

Collectif Migrants Mayotte : manque d'accès aux droits, le constat des associations.

Courte description:Ce dossier permet de donner un aperçu complet de la situation dans l'île au regard des droits fondamentaux au moment de la visite éclair du Président de la République.

_________

Les droits des étrangers à Mayotte. L’entrée et le séjour. La protection socialeEtude effectuée par le Gisti - pour le compte de « Médecins du Monde » 26 juillet 2006

_________

A Mayotte, la mise en place de soins payants conjuguée à une politique très répressive de l’immigration entrave l’accès aux soins d’une grande partie de la population. Face à ces difficultés d’accès aux soins notamment pour les enfants, Médecins du Monde ouvre un centre de soins pédiatriques au cœur du bidonville de Koungou au nord de l’île.    

 


December 2012

Diaporamas

Les Diaporamas