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In France

Calais

Mission Migrants Littoral Nord Pas de Calais,

Sur le Dunkerquois, depuis novembre 2006, une équipe de médecins et d’infirmières bénévoles s’est constituée. Une clinique-mobile visite une fois par semaine 3 squats situés en périphérie de Dunkerque pour y dispenser des soins.

Coordonnées

Date d’ouverture de la mission : 2005

Adresse : 225 rue Winston Churchill – 59240 Dunkerque Tél : 03.61.38.32.99 Email : migrants.npdc@medecinsdumonde.net

Jours et heures de sortie & maraudes : Mardi et Jeudi : accompagnement à la PASS et clinique mobile de soins primaire sur le Dunkerquois : Téteghem et Grande-Synthe Mercredi : clinique mobile de soins primaires à Tatinghem Jeudi : maraude sur les squats à Calais Vendredi matin : permanence pour l’ouverture de droits à Calais


Equipes

Responsables de Mission : 2013 : Martine Devries et Brigitte Marc / 2014 : Martine Devries et Nathalie Buys

Coordinatrice : Cécile Bossy

Nombre total de bénévoles dédiés à cette action en 2013 : 70

Nombre de salariés et ETP par fonction/poste dédiés à cette action en 2013 : 2 ETP (1 logisticien et 1 coordinatrice)

Mission appuyée par 1 salariée de la Délégation Régionale : 1 coordinatrice régionale à partir de fin 2013


Objectif et activités

Objectif(s) de la mission :

Les équipes de la mission de Médecins du Monde travaillent quotidiennement sur les lieux où survivent les exilés en recherche de protection en Europe. L'objectif de notre présence sur la région Nord-Pas-de-Calais, et précisément à Dunkerque (Grande-Synthe et Téteghem), Saint-Omer (Tatinghem) et Calais est d'améliorer l'accès aux soins et de réduire la vulnérabilité des migrants. Loin de vouloir créer des structures de soins supplémentaires, les équipe de MdM souhaitent mettre en avant ces populations oubliées, en grande précarité et sans connaissance aucune de leurs droits, en leur portant assistance mais surtout en les informant et en les accompagnants vers leurs droits.

Cet objectif général se décline en 2 objectifs spécifiques :

1. Améliorer l'accès aux soins et aux droits

- Améliorer l’accès aux dispositifs existants sur les différents lieux de vie par un travail de terrain auprès des migrants : informer, orienter et accompagner. Après de nombreuses interpellations de MdM, en novembre 2013, la PASS de l'hôpital de Dunkerque a mis en place des horaires dédiés ainsi que celle de Saint-Omer. Le dispositif reste cependant encore insatisfaisant. C'est pour cela que l'équipe de MdM a fait le choix de continuer son action d'accès aux soins pour cette population particulièrement vulnérable. Une clinique mobile permet de soigner directement les patients sur les camps une fois par semaine.

- Faire accéder les migrants sur le territoire à leurs droits grâce à des visites sur les squats, particulièrement à Calais et des permanences qui permettent de les informer sur la CMU et l’AME (pièces justificatives et guichets CPAM)

- Apporter un soutien aux associations d’aide aux migrants présentes sur la région pour améliorer l’accès aux soins des migrants : information sur les dispositifs et les droits des personnes

- Plaidoyer auprès des institutions, structures de soins, élus locaux et régionaux pour que les dispositifs fonctionnent pleinement et soient accessibles à toutes les personnes précaires sans couverture maladie sur le territoire.

2. Améliorer les conditions de vie : hygiène, hébergement des migrants

- Améliorer les conditions d'hygiène et de vie des réfugiés sur Dunkerque, Saint-Omer et Calais, dans un volet préventif de notre action. Nous distribuons régulièrement des kits d'hygiène : savon, brosse à dents, des jerrycans d'eau, des duvets, des tentes…Des distributions spécifiques sont faites aux femmes et enfants (biberons, lait..). L'équipe logistique répare ou met en place des latrines, coin d'hygiène intime, abris...

- Faire reconnaître les droits des migrants et contribuer à la mise en place et à l’amélioration des dispositifs de droit commun (santé et hébergement principalement). Pour cela, nous travaillons étroitement avec le réseau associatif, la CUD, la sous-préfecture, pour améliorer la dignité de chacune des personnes présentes sur le territoire.

- Interpeller les élus locaux et les représentants de l’état sur les conditions de vie des personnes afin de proposer des projets innovants d’accueil de ces populations.

Activités mises en œuvre :

- Accueil, information et orientation

- Prise en charge médicale : Consultations de médecine générale, (préciser lesquelles), délivrance de traitement, orientation pour examens, etc.

- Prise en charge sociale : accompagnement physique dans les structures de droit commun,

- Recueil de témoignages, recueil et analyse de données, action de plaidoyer, témoignage sur le comportement policier, parcours de soin pendant le parcours migratoire…


Itinéraire d’un migrant parmi tant d’autres

Le centre de réfugiés de Sangatte a fermé en 2002. Depuis 10 ans, les migrants, Afghans, Iraniens, Irakiens, Syriens, Soudanais…  affluent toujours dans le nord de la France avant de tenter le passage en Angleterre pour une « happy life ». Mohammad Amin Ahmadzai est l’un de ceux là.

Le jeune homme revient de sa séance de musculation. Il est fringant : chemise mordorée, petite veste en velours, chaussures cirées. Il sourit et prévient « plus tard, je vais écrire un livre ». Aussitôt il déroule, commence à raconter son épopée clandestine. Le regard est tendre, la voix est douce et le ton rapide. « Je suis né dans la province de Baghlân, dans un petit village nommé Zamankhil dans le nord de l’Afghanistan ». Amin a 21 ans. Il n’a pas revu sa famille depuis quatre ans. Il a peu de nouvelles. Mais bon, il ne se plaint pas. Il parle français, habite à Malo les Bains, près de la plage, dans un studio prêté par un ami et suit des cours de commerce international à l’université de Dunkerque. Il est loin de la guerre, des talibans, des violences. « Je suis en vie ». A Baghlân, il n’avait jamais entendu parler de Calais, ni de Dunkerque, encore moins de Sangatte. De l’Angleterre, il ne connaissait que Lady Di. « On m’avait dit d’aller là-bas pour sauver ma peau et parce que les réfugiés sont mieux accueillis que dans les autres pays. Ils reçoivent des aides et trouvent facilement du travail ».

Son père, Aleem Jan était Moudjahidin. Il a combattu les Russes de 1979 à 1989. En 1993, les talibans sont arrivés en Afghanistan. « Au début tout allait bien, explique Amin, ça s’est envenimé à partir de 1996. Le Pakistan et l’Iran ont financé les Talibans pour qu’ils sèment la terreur entre les communautés afghanes. Hazâras, ouzbeks, tadjiks… ont commencé à s’entretuer. Mon père a refusé d’aider les talibans. Il ne voulait pas tuer un autre Afghan ».  Menacée, la famille d’Amin part s’installer au Pakistan. Pour 30 000 roupies (aujourd’hui 9000 €), elle achète une petite maison dans le camp de réfugiés de Nasir Bagh, dans la ville de Peshawar. « Madeleine Albright nous a rendu visite, elle est descendue de son cheval et m’a serré la main ! » Le père d’Amin trouve un travail de vendeur de bibelots. Mais le gouvernement demande aux réfugiés de rentrer en Afghanistan. La famille reste au Pakistan et part vivre en ville, à Tehkal. « Retourner avec les talibans était trop dangereux, alors on s’est fondu dans la masse de Pakistanais ». Le matin, de 4h à 7h, Amin vend des fruits et légumes au marché. L’après-midi, il étudie l’anglais. Le soir, il travaille dans un magasin d’alimentation. Tout se passe bien jusqu’en 2007 où pour d’obscures raisons, le père d’Amin tue son neveu qui trafiquait avec les talibans. Aleem Jan va en prison. Amin est en danger. « Mon oncle voulait se venger de la mort de son fils et me tuer ». Malgré la présence talibane, le jeune homme repart en Afghanistan, rencontre des Américains qui lui offrent un job de traducteur payé 1950 $ par mois.

Kaboul-Dunkerque, aller simple         

« Je vivais chez mon oncle maternel. Un jour, à une heure du matin, les talibans ont débarqué dans la maison pour me supprimer. J’ai eu le temps de m’enfuir. Je me suis caché toute la nuit chez le voisin ». Le lendemain, l’oncle d’Amin lui donne un peu d’argent pour partir. Direction Kaboul. Infestée de talibans. Trop dangereux. Amin quitte Kaboul avec 3000 € en poche offerts par un autre oncle qui vit dans la capitale Afghane. Un sauveur ! Il retourne au Pakistan, embrasse sa mère et prend la fuite. « Ma destination, c’était l’Angleterre, à tout prix ». Amin conte sa route infernale. Celle d’un sans-papier de 17 ans. D’abord le train de Peshawar à Karachi, puis 6 heures à pieds dans les montagnes glaciales jusqu’à la frontière iranienne. « Nous étions plusieurs migrants, guidés par trois passeurs. On s’est retrouvé dans un désert. On a creusé, on s’est allongé dans les trous et on s’est recouvert de sable pour avoir chaud. Ça a duré 7 jours ». Puis une voiture jusqu’à Shiraz et encore de la marche jusque Téhéran. Puis de Téhéran jusqu’à la frontière turque. Puis un bus jusqu’à Istanbul, et un autre bus de Istanbul à Izmir. Puis un zodiac jusqu’à Samos, en Grèce. L’horreur. « Au milieu de la mer, notre petit bateau a pris l’eau. Nous étions 23 personnes. Les gens hurlaient, pleuraient, croyaient qu’ils allaient mourir ». Une brigade fluviale arrive par miracle et emmène les mineurs dans une prison sur l’île de Samos : 700 détenus, 70 personnes par abri. Amin y reste trois mois avant d’être transféré dans un camp près de la frontière albanaise. Il s’échappe, se cache avec neuf autres dans un camion turc qui s’engouffre dans un ferry pour l’Italie : 36 heures sans parler ni bouger, sans boire ni manger. « Arrivé au port de Bari, j’avais tellement soif que j’ai bu l’eau de mer ». Un taxi puis un train, direction Rome. Puis un train jusque Vintimille. Puis Vintimille-Nice à pied. Puis Nice-Paris en train. Enfin, Paris-Dunkerque. Dernière escale avant de gagner l’Eldorado.

« Mathieu, je l’avais vu à la télé, au Pakistan »

« Je suis arrivé au camp pour migrants de Loon-Plage, à 10 kilomètres de Dunkerque où se trouve un terminal ferry. Pendant deux mois, j’ai essayé de passer en Angleterre, en vain. Ensuite, je suis allé à Grande-Synthe et là c’était terrible les conditions de vie. J’ai eu de graves problèmes avec des passeurs et j’ai rencontré Mathieu. Je l’avais vu à la télé dans un reportage sur une ONG, au Pakistan. Mathieu, je lui dois tout, c’est un frère ». Mathieu Quinette, coordinateur de Médecins du Monde à Dunkerque, prend Amin sous son aile et lui trouve un hébergement. Quelques jours au calme et au chaud. « Après, je suis allé chez Josette, une bénévole de Salam, l’association qui distribue les repas aux réfugiés ». « Mamie Josette » comme il l’appelle parfois, lui fait rencontrer les compagnons d’Emmaüs, « c’est avec eux que j’ai appris le français ». Amin travaille à Emmaüs à Grande-Synthe, s’inscrit à la FAC. Sa première demande d’Asile pour rester en France est refusée. Il attend aujourd’hui le recours. Il retourne parfois dans les camps de migrants de Grande-Synthe et de Téteghem comme traducteur bénévole pour Médecins du Monde. Il parle anglais, français, pachtoune, urdu, dari, farsi, hindi. Plus tard, il ouvrira une entreprise textile et embauchera des femmes Afghanes. Il se plaît à Dunkerque. Il n’a jamais vu les falaises Anglaises.

Par Sarah Alcalay



D’Haïti à Dunkerque : Stéphane témoigne des conditions de vie des migrants dans le nord de la France.



Les clandestins bien soignés à la PASS de Calais


Lettre adressée à M.Besson

 

 

Nord Littoral, au plus près des migrants

Les invisibles de Calais

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La jungle de loon plage

Vidéos

  • 01/07/2012 - Du soin à la logistique d'urgence

    Les abris semi-mobiles de la mission migrants Nord-Pas-de Calais

    Les abris semi-mobiles de la mission migrants Nord-Pas-de Calais. Début 2012, le premier abri semi-solide et démontable conçu par Médecins du Monde, a été construit. Un prototype repris par des associations locales comme Terre d'Errance et dont se sont même inspirées certaines mairies pour construire des abris aux migrants en transit sur leurs communes.

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