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In France

Calais

Sur le Dunkerquois, depuis novembre 2006, une équipe de médecins et d’infirmières bénévoles s’est constituée. Une clinique-mobile visite une fois par semaine 3 squats situés en périphérie de Dunkerque pour y dispenser des soins.

Témoignage de Stéphane, logisticien, sur la situation des migrants dans le Nord de la France - "Franchement, je ne pensais pas que la situation ici serait à ce point là, à ce niveau de détresse et de misère humaine. Les conditions de vie sont vraiment très très dures."

Mission Migrants Littoral Nord-Pas de Calais

Date d’ouverture : Mars 2005

Responsable Mission Migrants Littoral Calais : Dr Martine DEVRIES , Dr Brigitte MARC

Dr Martine Devries: 12, rue des Soupirants - 62100 Calais
Email : martine.devries@wanadoo.fr

Adresse : 225 Rue Winston Churchill, 59240 Dunkerque

Mission Migrants Littoral - DUNKERQUE/CALAIS

Date d’ouverture : mars 2005


OBJECTIFS

- Améliorer les conditions de vie et les conditions sanitaires des migrants sur le Dunkerquois et le Calaisis (distribution de matériel, négociation avec les autorités locales…)

- Améliorer l’accès aux soins des migrants sur le Dunkerquois par un travail de terrain à l’aide de cliniques mobiles proposant des consultations médicales, des soins infirmiers et des médicaments.

- Apporter un soutien aux associations d’aide aux migrants présentes sur le terrain à l’intérieur des terres pour améliorer l’accès aux soins des personnes (coût médicaments, information, conseil…)

- Faire reconnaître les droits des personnes en difficulté d’accès aux soins et améliorer les dispositifs de droit commun (participer aux Comité de Pilotage des PASS de Calais et Dunkerque, promouvoir et accompagner la mise en place de LHSS, accompagner des patients vers les structures de droit commun, alerter les pouvoirs publics sur le nombre important de Mineurs Isolés Etrangers et le besoin d’une prise en charge adaptée)

- Travail de suivi du contexte et de témoignage sur la situation (visite régulière des squats et évaluation de la situation sanitaire et des conditions de vie, recueil de témoignages et de données sur les violences subies par les migrants, les entraves à l’action humanitaire, les conditions de vie ...)


DESCRIPTION DE LACTIVITE
  • Inscription dans le réseau associatif et les collectifs locaux
  • Soutien aux associations locales pour toutes les questions de santé et d’accès aux soins
  • Participation au Comité de Pilotage de la PASS et suivi de la mise en place de Lits Halte Soins Santé
  • Suivi du contexte et de la situation sanitaire des migrants
  • Capacité de réponse à des situations de crise par des actions de terrain et par des actions de communication et de plaidoyer.
  • Recueil de témoignages auprès des migrants (parcours personnel des migrants, violences subies, accès aux soins, situation des populations vulnérables telles que les mineurs et les femmes...)



ÉQUIPE
 
Bénévoles sur cette mission: 30
13 médecins
12 infirmières                                                                       2 pharmaciens
3 bénévoles hors corps de santé à Dunkerque
 2 salariés :                                                                        1 chargé de projet                                                                 1 logisticien

Permanences d'Accès aux Soins de Santé (PASS)

du lundi au vendredi de 13h30 à 18h30

Accès au plateau technique : oui
Accès aux traitements : oui
Participation de MDM au Comité de Pilotage de la PASS : oui



DESCRIPTION DES ACTIVITÉS DANS LE DUNKERQUOIS

La population migrante présente sur le Dunkerquois est également variable en fonction de l’évolution du contexte, des passages et des arrivées, mais l’on peut estimer qu’environ 200 migrants en moyenne sont présents sur l’année.




Bref historique :

Sur le Dunkerquois, depuis novembre 2006, une équipe de médecins et d’infirmières bénévoles s’est constituée. Une clinique-mobile (une ambulance, un médecin, une infirmière, des médicaments) visite une fois par semaine 3 squats situés en périphérie de Dunkerque pour y dispenser des soins de santé. En parallèle à ces consultations en ambulatoire, MDM participe au Comité de Pilotage de la PASS pour en améliorer le fonctionnement et promouvoir une PASS mobile. Les bénévoles accompagnent également les patients vers la PASS et assurent le suivi des personnes hospitalisées.




Activités :

  • Consultation médicale proposée en clinique-mobile sur les lieux de vie des migrants une fois par semaine sur chaque site (Loon-Plage, Grande-Synthe, Téteghem)
  • Accompagnement et suivi des patients vers les structures de référence (PASS, dentiste, ophtalmo...)
  • Participation au COPIL de la PASS de Dunkerque pour en améliorer le fonctionnement et promouvoir la mise en place d’une PASS mobile
  • Promotion et accompagnement de la mise en place de dispositif LHSS
  • Veille sur la situation sanitaire et les conditions de vie des migrants
  • Distribution de matériel de première nécessité en fonction des besoins identifiés sur le terrain
  • Recueil de témoignages auprès des migrants (parcours personnel des migrants, violences subies, accès aux soins, situation des populations vulnérables telles que les mineurs et les femmes...)


En moyenne sur le Dunkerquois, on dénombre environ 200 migrants. Lors des 152 interventions de terrain en 2010, 1 772 consultations médicales ont été réalisées, soit 11,7 consultations en moyenne.


PROFIL DES PATIENT
 
  TRANCHES D'ÂGE
Hommes 94 %   - 18 ans 28 %
Femmes 6 %   15-25 ans 62 %
ORIGINE DES PATIENTS     PATHOLOGIES  
Afghans 50 %   Dermatologie 27 %
Irakiens 18 %   Troubles ORL 25 %
Iraniens 16 %   Gastro-entérologique 11%
Vietnamiens 7 %   Traumatologie 9 %


DESCRIPTION DES ACTIVITÉS A L'INTÉRIEUR DES TERRES

De multiples campements existent à l’intérieur des terres, près des aires d’autoroute où s’arrêtent les camions qui se dirigent vers l’Angleterre. Parmi ces campements, celui de Steenvoorde compte une vingtaine de personnes et celui de Norrent-Fontes 25, toutes Erythréennes.


Bref historique :

Depuis novembre 2008, MDM apporte son soutien à deux associations d’aide aux migrants situées à Norrent-Fontes et Steenvoorde. Dans chacune de ces associations, des référents médicaux sont en lien avec MDM qui prend en charge les factures de médicaments, conseille et informe les bénévoles sur l’accès aux soins et les droits des migrants.


Activités actuelles :

  • Suivi de la situation et visite régulière des campements.
  • Informations et conseils auprès des référents bénévoles
  • Rencontre avec la direction des Centres Hospitaliers de référence (Hazebrouck et Beuvry) pour améliorer les dispositifs Permanence d’Accès aux Soins.
  • Rencontre avec les professionnels de santé exerçant à titre gratuit (médecins, dentistes, pharmaciens)
  • Suivi des consommations de médicaments et paiement des factures


PARTENARIATS
 

SUR LE DUNKERQUOIS
Avec convention:

  • Centre de Santé de Grande-Synthe (association)
  • Mairie de Grande-Synthe


Sans convention:

  • SALAM
  • Emmaüs
  • Secours Catholique Dunkerque
  • MRAP Dunkerque
  • Carrefour des Solidarités
  • Centre Hospitalier de Dunkerque

SUR LE CALAISIS

  • La Belle Etoile
  • Salam
  • L’Auberge des Migrants
  • Secours Catholique
  • Le collectif C’SUR
  • Le Secours Populaire
  • Centre hospitalier de Calais



Budget 2011 réalisé
Budget prévisionnel 2012
148 762,95 euros
130 705 euros



Novembre 2011



Itinéraire d’un migrant parmi tant d’autres

Le centre de réfugiés de Sangatte a fermé en 2002. Depuis 10 ans, les migrants, Afghans, Iraniens, Irakiens, Syriens, Soudanais…  affluent toujours dans le nord de la France avant de tenter le passage en Angleterre pour une « happy life ». Mohammad Amin Ahmadzai est l’un de ceux là.

Le jeune homme revient de sa séance de musculation. Il est fringant : chemise mordorée, petite veste en velours, chaussures cirées. Il sourit et prévient « plus tard, je vais écrire un livre ». Aussitôt il déroule, commence à raconter son épopée clandestine. Le regard est tendre, la voix est douce et le ton rapide. « Je suis né dans la province de Baghlân, dans un petit village nommé Zamankhil dans le nord de l’Afghanistan ». Amin a 21 ans. Il n’a pas revu sa famille depuis quatre ans. Il a peu de nouvelles. Mais bon, il ne se plaint pas. Il parle français, habite à Malo les Bains, près de la plage, dans un studio prêté par un ami et suit des cours de commerce international à l’université de Dunkerque. Il est loin de la guerre, des talibans, des violences. « Je suis en vie ». A Baghlân, il n’avait jamais entendu parler de Calais, ni de Dunkerque, encore moins de Sangatte. De l’Angleterre, il ne connaissait que Lady Di. « On m’avait dit d’aller là-bas pour sauver ma peau et parce que les réfugiés sont mieux accueillis que dans les autres pays. Ils reçoivent des aides et trouvent facilement du travail ».

Son père, Aleem Jan était Moudjahidin. Il a combattu les Russes de 1979 à 1989. En 1993, les talibans sont arrivés en Afghanistan. « Au début tout allait bien, explique Amin, ça s’est envenimé à partir de 1996. Le Pakistan et l’Iran ont financé les Talibans pour qu’ils sèment la terreur entre les communautés afghanes. Hazâras, ouzbeks, tadjiks… ont commencé à s’entretuer. Mon père a refusé d’aider les talibans. Il ne voulait pas tuer un autre Afghan ».  Menacée, la famille d’Amin part s’installer au Pakistan. Pour 30 000 roupies (aujourd’hui 9000 €), elle achète une petite maison dans le camp de réfugiés de Nasir Bagh, dans la ville de Peshawar. « Madeleine Albright nous a rendu visite, elle est descendue de son cheval et m’a serré la main ! » Le père d’Amin trouve un travail de vendeur de bibelots. Mais le gouvernement demande aux réfugiés de rentrer en Afghanistan. La famille reste au Pakistan et part vivre en ville, à Tehkal. « Retourner avec les talibans était trop dangereux, alors on s’est fondu dans la masse de Pakistanais ». Le matin, de 4h à 7h, Amin vend des fruits et légumes au marché. L’après-midi, il étudie l’anglais. Le soir, il travaille dans un magasin d’alimentation. Tout se passe bien jusqu’en 2007 où pour d’obscures raisons, le père d’Amin tue son neveu qui trafiquait avec les talibans. Aleem Jan va en prison. Amin est en danger. « Mon oncle voulait se venger de la mort de son fils et me tuer ». Malgré la présence talibane, le jeune homme repart en Afghanistan, rencontre des Américains qui lui offrent un job de traducteur payé 1950 $ par mois.

Kaboul-Dunkerque, aller simple          

« Je vivais chez mon oncle maternel. Un jour, à une heure du matin, les talibans ont débarqué dans la maison pour me supprimer. J’ai eu le temps de m’enfuir. Je me suis caché toute la nuit chez le voisin ». Le lendemain, l’oncle d’Amin lui donne un peu d’argent pour partir. Direction Kaboul. Infestée de talibans. Trop dangereux. Amin quitte Kaboul avec 3000 € en poche offerts par un autre oncle qui vit dans la capitale Afghane. Un sauveur ! Il retourne au Pakistan, embrasse sa mère et prend la fuite. « Ma destination, c’était l’Angleterre, à tout prix ». Amin conte sa route infernale. Celle d’un sans-papier de 17 ans. D’abord le train de Peshawar à Karachi, puis 6 heures à pieds dans les montagnes glaciales jusqu’à la frontière iranienne. « Nous étions plusieurs migrants, guidés par trois passeurs. On s’est retrouvé dans un désert. On a creusé, on s’est allongé dans les trous et on s’est recouvert de sable pour avoir chaud. Ça a duré 7 jours ». Puis une voiture jusqu’à Shiraz et encore de la marche jusque Téhéran. Puis de Téhéran jusqu’à la frontière turque. Puis un bus jusqu’à Istanbul, et un autre bus de Istanbul à Izmir. Puis un zodiac jusqu’à Samos, en Grèce. L’horreur. « Au milieu de la mer, notre petit bateau a pris l’eau. Nous étions 23 personnes. Les gens hurlaient, pleuraient, croyaient qu’ils allaient mourir ». Une brigade fluviale arrive par miracle et emmène les mineurs dans une prison sur l’île de Samos : 700 détenus, 70 personnes par abri. Amin y reste trois mois avant d’être transféré dans un camp près de la frontière albanaise. Il s’échappe, se cache avec neuf autres dans un camion turc qui s’engouffre dans un ferry pour l’Italie : 36 heures sans parler ni bouger, sans boire ni manger. « Arrivé au port de Bari, j’avais tellement soif que j’ai bu l’eau de mer ». Un taxi puis un train, direction Rome. Puis un train jusque Vintimille. Puis Vintimille-Nice à pied. Puis Nice-Paris en train. Enfin, Paris-Dunkerque. Dernière escale avant de gagner l’Eldorado.

« Mathieu, je l’avais vu à la télé, au Pakistan »

« Je suis arrivé au camp pour migrants de Loon-Plage, à 10 kilomètres de Dunkerque où se trouve un terminal ferry. Pendant deux mois, j’ai essayé de passer en Angleterre, en vain. Ensuite, je suis allé à Grande-Synthe et là c’était terrible les conditions de vie. J’ai eu de graves problèmes avec des passeurs et j’ai rencontré Mathieu. Je l’avais vu à la télé dans un reportage sur une ONG, au Pakistan. Mathieu, je lui dois tout, c’est un frère ». Mathieu Quinette, coordinateur de Médecins du Monde à Dunkerque, prend Amin sous son aile et lui trouve un hébergement. Quelques jours au calme et au chaud. « Après, je suis allé chez Josette, une bénévole de Salam, l’association qui distribue les repas aux réfugiés ». « Mamie Josette » comme il l’appelle parfois, lui fait rencontrer les compagnons d’Emmaüs, « c’est avec eux que j’ai appris le français ». Amin travaille à Emmaüs à Grande-Synthe, s’inscrit à la FAC. Sa première demande d’Asile pour rester en France est refusée. Il attend aujourd’hui le recours. Il retourne parfois dans les camps de migrants de Grande-Synthe et de Téteghem comme traducteur bénévole pour Médecins du Monde. Il parle anglais, français, pachtoune, urdu, dari, farsi, hindi. Plus tard, il ouvrira une entreprise textile et embauchera des femmes Afghanes. Il se plaît à Dunkerque. Il n’a jamais vu les falaises Anglaises.

Par Sarah Alcalay



D’Haïti à Dunkerque : Stéphane témoigne des conditions de vie des migrants dans le nord de la France.




Les clandestins bien soignés à la PASS de Calais


Lettre adressée à M.Besson

Nord Littoral, au plus près des migrants

Les invisibles de Calais

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La jungle de loon plage

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  • 01/07/2012 - Du soin à la logistique d'urgence

    Les abris semi-mobiles de la mission migrants Nord-Pas-de Calais

    Les abris semi-mobiles de la mission migrants Nord-Pas-de Calais. Début 2012, le premier abri semi-solide et démontable conçu par Médecins du Monde, a été construit. Un prototype repris par des associations locales comme Terre d'Errance et dont se sont même inspirées certaines mairies pour construire des abris aux migrants en transit sur leurs communes.

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  • 26/03/2010 - Calais Dunkerque

    Reportage de Benoit GUENOT auprès des étrangers en situation précaire

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