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Mexique

Mexique

40 000

migrants arrivent chaque année au Mexique

28

promotrices de santé ont reçu un diplôme du ministère de la Santé

La situation

Le Mexique accueille chaque année environ 40 000 migrants venus de toute l’Amérique centrale. Beaucoup d’entre eux, ne cherchant pas à rejoindre les États-Unis, s’installent dans les zones frontalières, et notamment à Tapachula, au sud du Mexique.

Dans cette ville de l’État du Chiapas, frontalier du Guatemala, de nombreuses femmes immigrées survivent grâce au travail du sexe. Elles exercent dans les lieux où leurs activités sont officiellement acceptées, notamment les bars. Une campagne de régularisation leur a permis d’obtenir un statut temporaire de résidence et a facilité leur accès aux soins ainsi que celui de leurs familles. Mais depuis 2014, des opérations de « sauvetage anti-traite » organisées par les autorités mexicaines les fragilisent très fortement.

Dans le sud du Mexique, de nombreuses femmes immigrées survivent grâce au travail du sexe.

Programme de réduction des risques pour les travailleuses du sexe au Mexique
Programme de réduction des risques pour les travailleuses du sexe au Mexique

Notre action

FEMMES ET ENFANTS

SOUTENIR LES MIGRANTES TRAVAILLEUSES DU SEXE

À Tapachula et Huixtla, dans le Chiapas, Médecins du Monde a formé un réseau de 28 promotrices de santé aux droits et à l’accès aux soins des migrantes. Elles couvrent 19 « zones de tolérance » pour diffuser des messages d’éducation à la santé auprès de travailleuses du sexe et renforcer leur estime de soi. Elles interviennent aussi directement dans les rues, où les femmes se trouvent dans une situation particulièrement précaire.

 

En 2016

Nous avons :

  • aidé 1742 femmes

  • distribué 52 256 préservatifs et 1879 lubrifiants

  • sensibilisé 98 organismes de service public aux enjeux du travail du sexe, de l’accès aux soins, de la migration et des violences liées au genre

 

Médecins du Monde a soutenu la création en 2015 de l’association Femmes migrantes et mexicaines en action contre la violence (AMMMACV). Reconnue comme la première association de femmes migrantes travailleuses du sexe au Mexique, elle porte la voix de ces femmes auprès des institutions telles que les autorités sanitaires, le département anti-traite et le département de la migration. Elle est composée de travailleuses du sexe mais aussi de femmes victimes de violence. Ce dialogue direct a permis d’obtenir la gratuité du diagnostic et du traitement des séropositives. Enfin, la réalisation d’un « diplôme » de journalisme communautaire a permis aux membres de l’association d’utiliser des instruments de plaidoyer, d’élaborer un journal et de mieux informer sur la traite de personnes, les mesures de prévention et de protection.

 

Avec l’appui de Médecins du Monde, AMMMACV a mis en place en 2016 son premier projet, l’École de Promotrices. Il a permis de former 28 promotrices de santé pendant 3 mois, augmentant leurs compétences en prévention de la violence, en santé sexuelle et reproductive et en réduction des risques. Les promotrices ont reçu un diplôme qui est reconnu par le Secrétariat de la Santé du Chiapas.

163 479 €
  • Maria, 43 ans

    Originaire du Honduras, Maria vit à Tapachula depuis deux ans, dans une minuscule chambre indépendante. Elle s’inquiète beaucoup pour ses 9 enfants restés au Honduras, pour ses filles surtout, le pays devient tellement dangereux. Là-bas, elle était femme au foyer, parent d’élève accomplie. Sa conscience politique l’avait déjà amenée à s’impliquer dans un groupe de femmes issu des « forces du peuple » mais en 2013, elle a dû fuir son mari devenu violent. Arrivée dans le Chiapas, Maria a travaillé dans les bars. Elle n’était pas rassurée, il y a tant de femmes qui meurent en rentrant au petit matin… 
    Maria a connu Médecins du Monde grâce à un atelier de prévention dans un bar où elle servait et est depuis devenue une promotrice de santé engagée. Récemment, elle s’est investie dans une campagne de promotion des frottis – elle qui n’en avait pas fait depuis plus de 10 ans ! Grâce à Médecins du Monde, elle bénéficie d’un visa temporaire et cherche un nouveau travail, dans un magasin ou, idéalement, dans un atelier de couture.

    Maria, 43 ans
  • Jossye et Meliza

    Au Honduras, Jossye a élevé ses trois enfants toute seule. Le cadet souffre de problèmes cardiaques et le pacemaker dont il va avoir besoin coûte cher. Commerçante, elle a dû partir pour des questions de sécurité. Meliza, sa cousine, a obtenu sa licence de commerce mais n’a pas trouvé d’emploi. Pour venir ici, elle a laissé sa fille de 2 ans chez sa mère – une super grand-mère, heureusement.
    Aujourd’hui les deux inséparables servent dans un bar. Elles sont ici le temps d’économiser assez pour faire venir leurs enfants. Au début, elles n’étaient pas habituées aux familiarités des clients vulgaires : la première fois, Jossye a rétorqué par un coup de bouteille sur la tête !
    Meliza et Jossye ont été victimes du harcèlement d’un couple de 35 ans qui a tenté de briser leur lien, un classique de la tentative de traite… Elles ont heureusement été soutenues à temps par Médecins du Monde. Elles sont aujourd’hui des promotrices de santé assidues, qui écrivent et dessinent le témoignage des autres femmes.

    Jossye et Meliza
  • Teresa, 57 ans

    Teresa est la seule promotrice de santé qui a toujours vécu à Tapachula. Elle est serveuse dans un bar aujourd’hui tenu par son frère. Ce métier lui permet d’être autonome financièrement et de payer le loyer de son petit logement. Mère de 2 enfants et grand-mère de 6 petits enfants, Teresa a rejoint l’équipe de Médecins du Monde parce qu’ « aujourd’hui, les femmes ne doivent pas subir des grossesses ou des maladies par manque d’information. Il y a plein de moyens de se protéger qui n’existaient pas avant. En tant que femmes, nous devons rappeler aux hommes que c’est important. »
    La persécution des femmes migrantes choque profondément Teresa. Elle accompagne les femmes dans les démarches administratives pour demander des papiers ou elle les oriente vers les autorités compétentes. Elle espère qu’à terme l’association lancera un projet d’abri pour les femmes de passage ou à la rue. Son rêve ? Monter une affaire – elle aime les vêtements et les accessoires – mais surtout pas un bar !

    Teresa, 57 ans
  • Glenda, 42 ans

    À 29 ans, Glenda travaillait à la chaîne pour une entreprise américaine au Honduras. Licenciée du jour au lendemain suite à la fermeture de l’usine, elle est partie chercher du travail au Mexique. Elle a traversé la frontière sur un radeau, s’est présentée dans les restaurants et les boutiques mais, sans papiers, personne n’a voulu l’embaucher. Contrainte de travailler dans un bar, elle considère qu’elle a eu beaucoup de chance et que c’est grâce à l’entraide des migrantes qu’elle en est sortie intacte. « C’est un métier dangereux, les clients boivent et sont vite agressifs. »
    Aujourd’hui, Glenda est une femme au foyer heureuse. Elle aide son compagnon à vendre des taquitos et, le reste du temps, elle accompagne et oriente les travailleuses du sexe. « C’est très important d’expliquer leurs droits aux nouvelles arrivées à cause de la violence du racisme ambiant et des graves discriminations dont elles sont victimes. »

    Glenda, 42 ans
  • Lizeth, 45 ans

    Quand elle a quitté le Honduras en janvier 2000, Lizeth ne pensait pas qu’elle vivrait encore dans le Chiapas plus de 15 ans après. Séparée de son mari, elle est partie aux États-Unis avec sa sœur. En chemin, elle travaille dans un bar de Tapachula, où elle rencontre dès les premiers jours l’homme avec qui elle vit aujourd’hui, un architecte. Après 9 ans de services dans trois bars différents, elle a arrêté de travailler.
    Au Honduras, elle avait conscience des lois, des responsabilités des employeurs et des employés, des droits et des devoirs de chacun. « On ne réalise pas tout ce que l’on va perdre en migrant, et pourtant, même en tant que migrants, nous avons des droits ! ». Si elle ne se sent plus directement concernée, elle enrage de voir encore trop de femmes qui pratiquent le travail sexuel faute de choix. Elle tient à soutenir les nouvelles, celles qui viennent d’arriver dans le métier ou dans la région. Les informer sur leur santé et sur leurs droits. Les protéger si le patron ou la police abuse.

    Lizeth, 45 ans
Historique
1998
Programme d’accès aux soins des populations indigènes de Los Altos Chiapas.
2004
Intervention d’urgence suite à l’ouragan Stan.
2007
Intervention d’urgence auprès des victimes des inondations à Tabasco.
2011
Lancement du programme d’accès aux soins des prostituées immigrées.
2016
Renforcement des capacités du partenaire AMMMACV, notamment psychosociales.

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50 € pour financer 50 tests de dépistage du VIH

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