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CHENGDU
M. LI, 43 ans, Chengu, Chine (juin 2008)
VIETNAM
Il pleuvait... Elle avait un visage sans expression... « Pourquoi dois-je vivre ? »
JOIE ET DESESPOIR
Elle reçut le résultat de sa séropositivité en 2007, alors qu’elle allaitait son premier enfant de 8 mois. Elle était très désespérée et effrayée à l’idée que son fils ait également le VIH. Elle fut heureusement en partie soulagée lorsqu’elle prit connaissance des résultats de son fils. Des pairs éducateurs chrétiens la contactèrent et l’incitèrent à dépasser sa dépression et la complexité de sa situation avec le VIH. Elle a rejoint des groupes de pairs qui prenaient soin de patients atteints du sida. La vie reprenait son cours... Elle apprit l’existence du « Tay ho Day Care Center » auprès d’un patient dont elle prenait soin. En 2008, elle était à nouveau enceinte. Elle contacta le Centre alors qu’elle était enceinte de deux mois. Avec un CD4 inférieur à 200 à l'époque, elle fut réorientée par Dr. Bang vers un programme de PTME au National Obstetric Hospital.
AVORTER OU LE GARDER
Voilà les choix qui s’offraient à elle. Elle choisit de garder le bébé. Elle suivit ensuite une thérapie antirétrovirale, fit des bilans de santé réguliers, des tests de suivi di VIH, prit des médicaments ART et bénéficia d'un soutien de soins à domicile. Son second fils est né en janvier 2009 et a immédiatement eu accès au programme de PTME, y compris des bilans de santé réguliers au Central Pediatric Hospital, et du lait gratuit pendant les 12 premiers mois. Mme N. et ses deux fils vivent désormais heureux, comblés de l’amour et des soins de leur famille. Avec un CD4 avoisinant les 315, elle souhaite trouver un travail stable pour pouvoir bien prendre soin de ses deux petits fils. Elle déclarait : « Pour le moment, je vais essayer d’adhérer au traitement pour rester en bonne santé et prendre soin de mes fils parce qu’ils sont des cadeaux de Dieu. Ils donnent un sens à ma vie, sont la raison pour laquelle je continue... »
BIRMANIE
Z. R. 31 ans, patient régulier du centre de santé de Moegang
"J’ai connu MdM par un ami de ma soeur qui travaillait au centre. Je ne pouvais plus bouger de mon lit, je transpirais énormément et je toussais. Un médecin est venu me soigner et me faire faire un test de dépistage du sida. Il était positif et j’étais gravement malade. J’ai attrapé le sida en échangeant mes seringues avec mes amis. Les pharmacies étaient loin et à l’époque je ne savais pas comment on attrapait le sida. J’ai tout appris au centre mais trop tard… Je suis sous anti rétroviraux depuis un an et je revis. Malheureusement je n’arrive pas à arrêter les injections de drogue car j’habite trop loin de Moegang pour bénéficier de la substitution par la méthadone qui y est distribuée et qu’il est très difficile de sortir d’un cercle d’amis qui en consomment. Pourtant je sais que tout dépend de moi et non d’eux mais ma dépendance est trop forte. C’est un sentiment intérieur déprimant. Pourtant lorsque j’étais petit j’avais d’autres projets : je voulais devenir pasteur comme mon frère. J’aurai surtout voulu ne jamais avoir de contact avec la drogue qui est source d’une grande souffrance pour moi et ma famille. Je me souviens des larmes de ma mère quand je lui ai dit que je partais à la frontière chinoise : elle savait ce qui m’attendait mais je suis parti quand même… Aujourd’hui je voudrais pouvoir arrêter pour planter des orangers et vivre de la vente des oranges dans mon village de Tanaï avec ma femme et mon fils de 6 ans. Je ne désespère pas !"
T. M., 27 ans, femme d’un patient suivi au centre qui fait partie du groupe des partenaires pairs d’Ubyit
"Mon mari est l’un des patients du centre d’Ubyit et vient souvent. Moi je ne viens que de temps en temps, parfois seule, parfois avec mes deux enfants pour recevoir mon traitement antirétroviral qui a débuté en mars 2009. J’ai attrapé le sida après une transfusion sanguine lors de mon premier accouchement et depuis quelques temps j’avais une maladie de peau. Les médicaments ont fait disparaître des tâches blanches que j’avais sur le corps et je me sens mieux. Heureusement mes enfants et mon mari ne l’ont pas mais ils sont régulièrement testés. Et mon mari accepte de mettre des préservatifs depuis qu’il consulte au centre. Avant il refusait mais les éducateurs lui ont expliqué que c’était important. Le soutien des conseillers du centre me permet de garder le moral mais je compte aussi beaucoup sur mon entourage. Mes amis, ma famille ne m’ont pas rejetée et pourtant ils connaissent notre situation : mon mari, toxicomane et moi séropositive. Pour revenir à mon mari, il a commencé à s’injecter après notre mariage lorsqu’il est parti travailler dans une mine d’or. Je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite mais en 2005, je l’ai suivi et j’ai vu qu’il s’injectait dans des buissons avec un groupe d’amis. Je ne l’ai pas quitté parce qu’il ne m’a pas abandonné lorsqu’il a appris ma séropositivité. Je lui en suis reconnaissante et cela me rend aussi plus compréhensive face à sa toxicomanie. Je lui demande juste de ne pas échanger ses seringues et d’essayer d’arrêter. Il est d’ailleurs actuellement à Bhamo chez ses parents pour se désintoxiquer. Nous avons du respect l’un pour l’autre même si parfois c’est difficile. Il ne m’a jamais frappé pourtant je sais que c’est une chose courante dans mon village quand les hommes boivent ou se droguent. Je pense quelquefois à mon avenir et je voudrais ne plus avoir à penser à l’argent et vivre suffisamment longtemps pour pouvoir élever mes enfants jusqu’à leur majorité. Je voudrais également me consacrer au soutien des personnes malades ou toxicomanes en les incitant à assister à des sessions d’éducation à la santé. Mon plus grand souhait est d’aider les gens à se sentir mieux."
novembre 2009
