Le diagnostic 2009/2010 de MdM sur l’accès aux soins des plus démunis en France ne ressemble pas à celui des années précédentes. Certes, les plus pauvres sont toujours ceux qui ont le moins accès aux soins (84 % des personnes reçues par MdM n’ont aucune couverture maladie). Mais la crise économique et les politiques de sécurité et d’immigration menées par le gouvernement viennent aggraver la situation sanitaire déjà très difficile de ces populations, soumises à une triple peine : exclues, premières victimes de la crise et désormais cibles désignées des politiques sécuritaires.
| Le chiffre de 17 % d’augmentation des patients vus en consultation médicale dans les centres de MdM entre 2007 et 2009 résume à lui seul cette situation aggravée.
Plus grave, les personnes reçues ont recours aux soins avec retard et quand ils n’ont vraiment plus le choix : le retard aux soins a doublé entre 2007 et 2009 passant de 11 % à 22 %.
Enfin, le nombre de patients mineurs a cru de 30 % en un an ; un nombre toujours plus important qui se rend dans les centres de Médecins du Monde pour se faire soigner sans disposer d’aucune couverture maladie. |
Expulsions répétées, restriction des droits, démantèlement des lieux de vie, peur de se déplacer conduisent les personnes à renoncer aux soins et les équipes à ne plus pouvoir assurer le suivi médical nécessaire : les campagnes de vaccination sont interrompues, le suivi des grossesses est mis en place avec retard, le traitement des maladies chroniques n’est pas assuré. La volonté délibérée des pouvoirs publics de précariser encore les personnes vulnérables en les désignant comme boucs-émissaires a des effets sur la santé de ces populations.
Aujourd’hui, en France, Médecins du Monde est donc conduit à mettre en place des réponses habituellement utilisées à l’international en situation d’urgence humanitaire : à Saint-Denis en 2009, MdM a installé un camp en urgence dans la nuit pour des familles rroms sans-abri, à Calais, l’association distribue régulièrement du matériel de survie aux migrants, à Dunkerque, MdM essaye d’améliorer l’hygiène et l’accès à l’eau potable des migrants en installant latrines, douches et citernes.
Pourtant, même ces réponses d’urgence sont mises à mal par les pouvoirs publics. En 2009-2010, le préfet a assigné en justice MdM après l’installation du camp rrom du quai de Saint-Ouen, procédé à une expulsion pendant une campagne de vaccination conjointe avec le conseil général en Seine-Saint-Denis, le matériel distribué à Calais a été détruit presque systématiquement et la citerne d’eau potable mise en place à Dunkerque a été démantelé 10 jours après son installation.
Cette politique de « criminalisation de la pauvreté » a des répercussions immédiates sur la santé et les conditions de vie de ces populations comme en témoigne ce bilan amer 2009/2010.
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Synthèse du rapport : observatoire de l’accès aux soins de la mission France
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Rapport de l'Observatoire de l’accès aux soins de la mission France
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Octobre 2010
12 octobre 2010 - A l’occasion de la journée mondiale du refus de la misère et au moment où plusieurs projets de lois menacent de restreindre gravement l'accès aux soins des plus vulnérables, Médecins du Monde publie le rapport annuel de l’Observatoire de la Mission France avec des chiffres qui montrent une dégradation brutale de la santé des exclus :
12 octobre 2010 - A l’occasion de la journée mondiale du refus de la misère et au moment où plusieurs projets de lois menacent de restreindre gravement l'accès aux soins des plus vulnérables, Médecins du Monde publie le rapport annuel de l’Observatoire de la Mission France avec des chiffres qui montrent une dégradation brutale de la santé des exclus :
Sans-papiers, demandeurs d’asile, Rroms, personnes se prostituant, personnes vivant à la rue ou dans des squats, usagers de drogues… Les patients de Médecins du Monde sont parmi les populations les plus exclues de l’accès aux soins.
L’observatoire de l’accès aux soins a été créé en 2000 pour témoigner des difficultés d’accès aux soins des personnes en situation de précarité.Outil essentiel de connaissance des populations rencontrées par les équipes de Médecins du Monde, il permet de faire le lien entre leurs conditions de vie, leurs droits et leur état de santé, d’observer les discriminations dans l’accès aux soins et les dysfonctionnements des dispositifs.

