Accueil > Presse > Communiqués de presse > France > Sans-abri / fin du plan Grand Froid. Résultats d'une enqu...
Sans-abri / fin du plan Grand Froid. Résultats d'une enquête sur l’hébergement d’urgence
29 mars 2011 - A l’occasion de la fin de l’activation du plan Grand Froid (30 mars), Médecins du Monde diffuse les résultats d’une enquête sur l’hébergement d’urgence.
Paris, le 29 mars 2011
A l’occasion de la fin de l’activation du plan Grand Froid (30 mars), Médecins du Monde diffuse les résultats d’une enquête sur l’hébergement d’urgence. Durant trois mois (décembre 2010 / février 2011), Médecins du Monde a fait un état des lieux dans six villes (Lyon, Grenoble, Marseille, Toulouse, Montpellier et Strasbourg) afin de suivre et d’analyser les réponses apportées aux demandes d’hébergement d’urgence faites par les équipes de MdM.
Combien de personnes ou familles avaient été signalées au 115 ? Parmi elles, combien avaient finalement obtenu un hébergement ? Pour quelles raisons n’avaient elles pu trouver un lieu d’hébergement ? Manque de place ? Refus de s’y rendre ?
Médecins du Monde développe des projets médico-sociaux à destination des sans-abri depuis plus de 15 ans (missions squat, maraudes de rue, psychiatrie à la rue…). C’est donc auprès des personnes sans-abri rencontrées par les équipes de MdM que l’enquête a été menée. Certes partielle, celle-ci apporte néanmoins un éclairage précis sur les réponses - ou les non réponses - proposées aux personnes qui vivent dans la rue ou en habitat précaire.
L’enquête confirme la présence de familles à la rue mais surtout elle montre que ces familles ne trouvent pas toutes un hébergement malgré la présence d’enfants en bas âge. En effet, parmi les 182 personnes pour lesquelles MdM a effectué un signalement, sur l’ensemble des 6 villes sur la période de trois mois, on compte 17 familles et 46 enfants. Sur ces 17 familles, il s’avère que 10 n’ont pas pu être hébergées au final. Au total, la moitié des personnes signalées au 115 sont restées à la rue. 20% de ces personnes restées à la rue sont des demandeurs d’asile, alors que selon la loi, ceux-ci devraient pouvoir bénéficier d’un hébergement.
L’enquête révèle également des éléments d’analyse sur les raisons pour lesquelles les personnes ne trouvent pas d’hébergement après des demandes répétées. L’absence de places disponibles demeure la cause majeure du non hébergement : dans 32 % des cas, c’est bien le refus par manque de places qui a maintenu les personnes à la rue.
Mais le refus des personnes de se rendre dans les lieux d’hébergement apparaît dans 18 % des cas comme déterminant : promiscuité, séparation des couples et des familles, violences et vols, alcool, mauvaises expériences… sont les principales raisons évoquées pour expliquer ce refus. Beaucoup préfèrent rester dans leur abri précaire plutôt que de se rendre dans des lieux inadaptés et perçus de manière très négative.
L’enquête de MdM montre également que la discontinuité du dispositif – activé en cas de très basses températures- est inadéquat puisque c’est précisément au moment où les structures mises à disposition pendant le plan Grand Froid ferment, que le besoin d’accueil adapté est encore plus criant. Dans plusieurs villes, les nombres de refus les plus élevés correspondent ainsi aux jours suivants la désactivation du plan Grand Froid.
Pourtant, plusieurs lieux ouverts à l’initiative d’associations dont MdM montrent que des solutions adaptées, originales et tenant compte des besoins de personnes existent. Ainsi, à Toulouse, la Halte de nuit ouverte de décembre à mars toute la nuit permet de fournir un abri aux personnes à la rue, les plus exclues et les plus désocialisées et qui ne souhaitent pas l’hébergement d’urgence traditionnel. Il s'agit de répondre à cette situation de grande précarité, de manière immédiate, en créant un lieu différent, hors dispositif. Les chiens sont acceptés. La capacité d'accueil est de 30 places et comprend des espaces isolés pour hommes, femmes, couples et un lieu de vie.
Compte tenu des conclusions de cette enquête qui met en évidence à la fois un manque de places et de structures adaptées, Médecins du Monde recommande la création de structures ouvertes en continu, y compris en dehors de la période hivernale, en nombre suffisant et conçues en fonction des besoins des personnes qui y ont recours, notamment pour les personnes souffrant de maladies chroniques, d’alcoolisme, de toxicomanie non sevrée ou de schizophrénie, qui ne trouvent actuellement aucune place en hébergement d’urgence.
Contacts presse :
Florence Priolet/ Solenn Assathiany : 01 44 92-14 31/14 32 ou 06 09 17 35 59
www.medecinsdumonde.net
