Un accès aux soins pour les RomsÀ Nantes, la moitié des Roms continue à vivre dans des conditions indignes qui menacent leur santé, notamment celle des plus jeunes. • Population : environ 600 Roms • Ouverture de la mission : 2002 • Consultations médicales en 2007 : 527 • Équipe MdM : 15 bénévoles et 1 coordinatrice salariée (à 1/3 de temps)
"Les Roms 1 vivant à Nantes sont victimes d’une situation très inégalitaire », martèle Sylvie Chapelais, responsable de la mission. Environ 300 d’entre eux, recensés en 2005 et 2007, sont installés sur trois terrains viabilisés. Logés dans des mobil’home ou des caravanes récentes, ils bénéficient d’une couverture sociale, d’un suivi vaccinal, d’un accompagnement social… Mais à peu près autant de Roms sont contraints de squatter des terrains sans eau, sans électricité, sans sanitaires. Ils sont expulsés tous les deux ou trois mois et vivent entassés dans des caravanes délabrées, ou parfois sous des tentes. «Ces Roms, absents lors des recensements ou arrivés plus récemment, ne comprennent pas pourquoi ils n’ont pas les mêmes droits que les autres, d’autant plus qu’ils sont désormais des citoyens européens», souligne Sylvie Chapelais. Des pathologies liées aux conditions de vie Deux fois par semaine, un ancien camion de la médecine du travail se rend tour à tour sur chacun des terrains occupés par les Roms. À son bord, un médecin, un infirmier et un accueillant, tous bénévoles. « Sur les terrains conventionnés, nous animons principalement des ateliers d’éducation à la santé et à l’hygiène auprès des femmes et des enfants, explique Sylvie Chapelais. Mais, sur les terrains squattés, nous effectuons surtout des consultations et des orientations vers des dépistages (tuberculose, hépatite, VIH).» Les pathologies, dont plus de la moitié concernent des enfants, sont principalement liées aux conditions de vie très précaires, avec une proportion inquiétante d’hépatites B. « Face au refus des responsables territoriaux d’étendre le nombre de terrains viabilisés, nous envisageons avec le desk urgence des solutions pour créer des conditions de vie moins insalubres. » Philippe Granjon 1 Terme employé pour les Tsiganes en provenance des pays de l’Est ou du Sud alors que « gens du voyage » désigne les Tsiganes installés depuis des générations en France. |
Novembre 2009

