Mexique

Mexique

40 000

migrants arrivent chaque année au Mexique

28

promotrices de santé ont reçu un diplôme du ministère de la Santé

La situation au Mexique

Le Mexique voit entrer sur son territoire chaque année environ 400 000 migrants venus de toute l’Amérique centrale. Etant à la fois pays de transit ou de destination, le Mexique représente une étape difficile pour les personnes qui entrent dans ce pays en situation migratoire irrégulière, en raison de l’étendue de ses frontières, de sa géographie, de son climat, de la violence en lien avec le crime organisé et le narcotrafic. Mais aussi également en raison du renforcement des politiques de contrôles migratoires, participant à la criminalisation des populations migrantes, et les poussant vers la clandestinité et vers toujours plus de précarité, sans respect pour leurs droits fondamentaux notamment le droit à la santé.

 

Pour plusieurs de ces personnes migrantes, leur chemin s’arrête dans les zones frontalières du Mexique, et notamment à Tapachula, dans l’état du Chiapas. Ces personnes, et notamment les femmes, souffre d’une forte ségrégation socio-professionnelle. Les femmes guatémaltèques issues de minorités ethniques sont principalement affectées à des travaux domestiques sans aucune couverture ou bénéfice social et s’exposant à différents types de violence. Les femmes du Honduras et du Salvador sont quant à elles affectées a des emplois implicitement ou explicitement de caractère sexuel : serveuses et danseuses dans les bars dans les « Zones de Tolérance ». Ces lieux deviennent une sorte de « prison » pour ces femmes, entravant leur liberté de mouvement et l’exercice de leurs droits.

 

En ce qui concerne l'accès à la santé, bien qu'ils aient des politiques publiques d'accès universel à ce droit, son application reste limitée en raison d’un manque de ressources et de capacités, mais aussi en raison de la discrimination et du racisme dont souffrent les personnes migrantes étant considérées comme des vecteurs de maladies transmissibles et comme venant prendre la place des mexicains.

Programme de réduction des risques pour les travailleuses du sexe au Mexique
Programme de réduction des risques pour les travailleuses du sexe au Mexique

Notre action au Mexique

FEMMES ET ENFANTS

SOUTENIR LES MIGRANTES TRAVAILLEUSES DU SEXE EN RENFORCANT LEURS CAPACITES D'ACTION

À Tapachula et Huixtla, dans le Chiapas, Médecins du Monde a formé depuis 2016 un réseau de promotrices de santé aux droits et à l’accès aux soins des migrantes. Elles couvrent les « zones de tolérance » pour diffuser des messages d’éducation à la santé auprès de travailleuses du sexe et renforcer leur estime de soi. Elles interviennent aussi directement dans les rues, où les femmes se trouvent dans une situation particulièrement précaire.

Médecins du Monde a soutenu la création en 2015 de l’association des Femmes migrantes et mexicaines en action contre la violence (AMMMACV).

Reconnue comme la première association de femmes migrantes travailleuses du sexe au Mexique, elle porte la voix de ces femmes auprès des institutions telles que les

Tapachula
Tapachula

En 2017

Nous avons :

  • aidé 2 739 femmes

  • distribué 54 317 préservatifs et 5 588 lubrifiants

  • réalisé 112 tests VIHinfo-icon et syphilis

  • formé 34 femmes travailleuses du sexe à la promotion de la santé

 

autorités sanitaires, le département anti-traite et le département de la migration.

Elle est composée de travailleuses du sexe mais aussi de femmes victimes de violence. Ce dialogue direct a permis d’obtenir la gratuité du diagnostic et du traitement des séropositives. Enfin, la réalisation d’un « diplôme » de journalisme communautaire a permis aux membres de l’association d’utiliser des instruments de plaidoyer, d’élaborer un journal et de mieux informer sur la traite de personnes, les mesures de prévention et de protection.

En 2017, nous avons continué l’accompagnement de cette association qui bénéficie désormais d’un espace dédié pour réaliser ses réunions, préparer ses activités de promotion a la santé et de sensibilisation.  

 

Avec l’appui de Médecins du Monde, AMMMACV a mis en place en 2016 son premier projet, l’École de Promotrices. Il a permis de former 28 promotrices de santé pendant 3 mois, augmentant leurs compétences en prévention de la violence, en santé sexuelle et reproductive et en réduction des risques. Les promotrices ont reçu un diplôme qui est reconnu par le Secrétariat de la Santé du Chiapas.

 

  • Maria, 43 ans

    Originaire du Honduras, Maria vit à Tapachula depuis deux ans, dans une minuscule chambre indépendante. Elle s’inquiète beaucoup pour ses 9 enfants restés au Honduras, pour ses filles surtout, le pays devient tellement dangereux. Là-bas, elle était femme au foyer, parent d’élève accomplie. Sa conscience politique l’avait déjà amenée à s’impliquer dans un groupe de femmes issu des « forces du peuple » mais en 2013, elle a dû fuir son mari devenu violent. Arrivée dans le Chiapas, Maria a travaillé dans les bars. Elle n’était pas rassurée, il y a tant de femmes qui meurent en rentrant au petit matin… 
    Maria a connu Médecins du Monde grâce à un atelier de prévention dans un bar où elle servait et est depuis devenue une promotrice de santé engagée. Récemment, elle s’est investie dans une campagne de promotion des frottis – elle qui n’en avait pas fait depuis plus de 10 ans ! Grâce à Médecins du Monde, elle bénéficie d’un visa temporaire et cherche un nouveau travail, dans un magasin ou, idéalement, dans un atelier de couture.

    Maria, 43 ans
  • Jossye et Meliza

    Au Honduras, Jossye a élevé ses trois enfants toute seule. Le cadet souffre de problèmes cardiaques et le pacemaker dont il va avoir besoin coûte cher. Commerçante, elle a dû partir pour des questions de sécurité. Meliza, sa cousine, a obtenu sa licence de commerce mais n’a pas trouvé d’emploi. Pour venir ici, elle a laissé sa fille de 2 ans chez sa mère – une super grand-mère, heureusement.
    Aujourd’hui les deux inséparables servent dans un bar. Elles sont ici le temps d’économiser assez pour faire venir leurs enfants. Au début, elles n’étaient pas habituées aux familiarités des clients vulgaires : la première fois, Jossye a rétorqué par un coup de bouteille sur la tête !
    Meliza et Jossye ont été victimes du harcèlement d’un couple de 35 ans qui a tenté de briser leur lien, un classique de la tentative de traite… Elles ont heureusement été soutenues à temps par Médecins du Monde. Elles sont aujourd’hui des promotrices de santé assidues, qui écrivent et dessinent le témoignage des autres femmes.

    Jossye et Meliza
  • Teresa, 57 ans

    Teresa est la seule promotrice de santé qui a toujours vécu à Tapachula. Elle est serveuse dans un bar aujourd’hui tenu par son frère. Ce métier lui permet d’être autonome financièrement et de payer le loyer de son petit logement. Mère de 2 enfants et grand-mère de 6 petits enfants, Teresa a rejoint l’équipe de Médecins du Monde parce qu’ « aujourd’hui, les femmes ne doivent pas subir des grossesses ou des maladies par manque d’information. Il y a plein de moyens de se protéger qui n’existaient pas avant. En tant que femmes, nous devons rappeler aux hommes que c’est important. »
    La persécution des femmes migrantes choque profondément Teresa. Elle accompagne les femmes dans les démarches administratives pour demander des papiers ou elle les oriente vers les autorités compétentes. Elle espère qu’à terme l’association lancera un projet d’abri pour les femmes de passage ou à la rue. Son rêve ? Monter une affaire – elle aime les vêtements et les accessoires – mais surtout pas un bar !

    Teresa, 57 ans
  • Glenda, 42 ans

    À 29 ans, Glenda travaillait à la chaîne pour une entreprise américaine au Honduras. Licenciée du jour au lendemain suite à la fermeture de l’usine, elle est partie chercher du travail au Mexique. Elle a traversé la frontière sur un radeau, s’est présentée dans les restaurants et les boutiques mais, sans papiers, personne n’a voulu l’embaucher. Contrainte de travailler dans un bar, elle considère qu’elle a eu beaucoup de chance et que c’est grâce à l’entraide des migrantes qu’elle en est sortie intacte. « C’est un métier dangereux, les clients boivent et sont vite agressifs. »
    Aujourd’hui, Glenda est une femme au foyer heureuse. Elle aide son compagnon à vendre des taquitos et, le reste du temps, elle accompagne et oriente les travailleuses du sexe. « C’est très important d’expliquer leurs droits aux nouvelles arrivées à cause de la violence du racisme ambiant et des graves discriminations dont elles sont victimes. »

    Glenda, 42 ans
  • Lizeth, 45 ans

    Quand elle a quitté le Honduras en janvier 2000, Lizeth ne pensait pas qu’elle vivrait encore dans le Chiapas plus de 15 ans après. Séparée de son mari, elle est partie aux États-Unis avec sa sœur. En chemin, elle travaille dans un bar de Tapachula, où elle rencontre dès les premiers jours l’homme avec qui elle vit aujourd’hui, un architecte. Après 9 ans de services dans trois bars différents, elle a arrêté de travailler.
    Au Honduras, elle avait conscience des lois, des responsabilités des employeurs et des employés, des droits et des devoirs de chacun. « On ne réalise pas tout ce que l’on va perdre en migrant, et pourtant, même en tant que migrants, nous avons des droits ! ». Si elle ne se sent plus directement concernée, elle enrage de voir encore trop de femmes qui pratiquent le travail sexuel faute de choix. Elle tient à soutenir les nouvelles, celles qui viennent d’arriver dans le métier ou dans la région. Les informer sur leur santé et sur leurs droits. Les protéger si le patron ou la police abuse.

    Lizeth, 45 ans

VICTIMES DE CRISES

SOUTIEN EN SANTé MENTALE AUX VICTIMES DUinfo-icon SéISME

Deux puissants séismes ont frappés le Mexique les 7 et 19 septembre 2017. Le premier d’une magnitude 8.2 frappa a quelques km au large des côtes du Chiapas. 12 jours plus tard, un second séisme de magnitude 7.1 sur l’échelle de Richter, trembla à 12km de la ville d’Axochiapan, à 120km de la capitale. Les dommages du second se sont fait ressentir jusqu’à la capitale et sur les zones urbaines des états de Puebla et Morelos. Ce second séisme a causé de nombreux dommages matériels et entraîné la mort de centaines de personnes (355 décédés recensés), plus de 6000 blessés.

Dès le lendemain de la catastrophe, une équipe d’urgence de MdM était sur place afin d’évaluer la situation et de préparer une réponse adaptée. Il a été décidé de porter secours aux victimes du séisme des villes de Chietla et Atzala dans l’état de Puebla et de Tepalcingo dans l’état de Morelos, zones particulièrement affectées et où peu d’acteurs de soins sont présent sur un moyen terme.

 

Médecins du Monde propose un soutien psychosocial aux victimes à travers des ateliers communautaires, des thérapies de groupes, et des prises en charges individuelles.

 

Tapachula
Tapachula

En 2017

Nous avons :

  • porté assistance à 1 710 victimes du séisme

  • réalisé des ateliers de formations à 118 aidants pour surmonter la surcharge émotionnelle

  • organisé des ateliers de formations de prise en charge psychosociale en situation de crise pour 50 personnels de santé

Historique
1998
Programme d’accès aux soins des populations indigènes de Los Altos Chiapas.
2004
Intervention d’urgence suite à l’ouragan Stan.
2007
Intervention d’urgence auprès des victimes des inondations à Tabasco.
2011
Lancement du programme d’accès aux soins des prostituées immigrées.
2016
Renforcement des capacités du partenaire AMMMACV, notamment psychosociales.
2017
Intervention d’urgence en Santé Mentale suite au séisme du 19 septembre en périphérie de Mexico.

Votre soutien

Donner

50 € pour financer 50 tests de dépistage du VIH

Nous rejoindre

Je postule en ligne.

S'informer

Je m'inscris à la newsletter.