Burkina Faso

© Mylène Zizzo

Burkina Faso

Urgence
30,7 %

taux de prévalence contraceptive au Burkina Faso

11,1 %

taux de prévalence contraceptive dans la région du Sahel

3

grossesses sur 10 sont non désirées au Burkina Faso

La situation au Burkina Faso

Le Ministère de la Santé du Burkina Faso, avec le soutien des partenaires techniques et financiers, a développé en 2017 un plan d’accélération de la planification familiale pour accélérer les efforts entrepris autour de la planification familiale et augmenter le taux de prévalence contraceptive moderne à 32% d’ici 2020.

En 2019 grâce à l’adoption de la gratuité de la planification familiale y compris la contraception1 le taux de prévalence contraceptive au Burkina Faso est passé à 30,7%  alors qu’il était à 22,5 % en 2015.

Néanmoins,  au Sahel, cette prévalence reste faible (11,1% en 2015) à cause du contexte sécuritaire, mais aussi parce que les mesures de gratuités restent ciblées à deux régions et non applicables pour la région du Sahel. Les besoins non satisfaits restent énormes avec une aggravation du phénomène des violences sexuelles La gratuité ainsi que l’intégration de la contraception d’urgence est nécessaire pour ces populations en situation de crise humanitaire.

 

 

Cadre juridique de l'avortement au Burkina Faso

Au Burkina, le cadre légal2 autorise l’avortement pour les cas de viol, d’inceste, quand la vie et la santé de la mère est en danger et quand il y a malformation du fœtus. Mais les décès liés aux grossesses non désirées et aux avortements provoqués clandestins continuent de croître. Selon une étude menée par des sages-femmes du Burkina Faso, de mai 2018 à avril 2019, les avortements provoqués clandestins représentaient 74,2% des cas de grossesses non désirées reçus alors que 3,7% des cas étaient éligibles à un avortement sécurisé. Sur le plan national, les données de Guttmacher (2013) sont toujours d’actualité : 3 grossesses sur 10 sont non désirées et 1/3 se terminent par un avortement. Selon la même source, 65% des femmes qui décident d’avorter ont moins de 24 ans. Aussi, 10% des 330 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes3, sont le fait d’avortements à risque.

 

Cancer du Col de l’utérus

Au Burkina Faso, le cancer du col de l’utérus est la première cause de mortalité due au cancer chez la femme (22,2%) selon l’OMSinfo-icon4. Il est souvent diagnostiqué au stade avancé alors qu’il s’agit du premier cancer évitable chez la femme. La plupart des personnes souffrant de cancer au Burkina Faso n’ont pas accès au dépistage, à un diagnostic précoce, au traitement ou aux soins palliatifs. L’insuffisance de la réponse est caractérisée par l’absence d’infrastructures et d’équipements spécifiques de prise en charge à l’échelle nationale. Cependant, en avril 2016, le gouvernement a instauré la mesure de gratuité de dépistage des lésions précancéreuses du col. Mais dans les faits, cette décision n’est pas appliquée par manque de moyens humains et financiers.

Un camp de réfugiés près de Mentao © Mylene Zizzo
Un camp de réfugiés près de Mentao © Mylene Zizzo

Notre action au Burkina Faso

Mission humanitaire d'urgence au Burkina Faso : femmes, jeunes et adolescents 

Renforcer lES capacitéS pour Prévenir les grossesses non désirées au Burkina Faso

Présent dans le district de Djibo depuis 2010 et de Gorom-Gorom depuis 2016, Médecins du Monde a déjà obtenu la gratuité des accouchements assistés et des évacuations sanitaires. Notre association humanitaire s’attache aujourd’hui à prévenir les grossesses non désirées, en particulier chez les jeunes et adolescents (de 10 à 24 ans) et, plus globalement, à améliorer la planification familiale dans les districts sanitaires de Djibo et de Gorom-Gorom. Quinze associations communautaires sont formées pour intervenir auprès des adolescents et des leaders religieux sur ces problématiques. Dans une logique de renforcement du système de santé, les équipes soignantes bénéficient de formations en santé sexuelle et reproductive.

Les infrastructures (salles de consultation et d’accouchement) sont aussi réhabilitées et équipées pour renforcer l’offre et la qualité des soins et des espaces jeunes sont mis en place pour améliorer l’accès aux soins des jeunes et adolescents.

 

Les grossesses précoces ont des conséquences catastrophiques pour la mère comme pour l’enfant au Burkina Faso :

  • Les risques pour la santé : c’est la première cause de mortalité chez les 15 à 19 ans, et la première cause de mortalité infantile dans le monde. Ces décès sont généralement causés par le manque de centres de santé pour suivre ces grossesses à risque, l’absence de personnel qualifié formé ou d’argent pour y accéder.

  • La déscolarisation : après avoir eu un enfant, les jeunes filles ne retournent jamais ou rarement à l’école.
  • La pression socio-culturelle et l’insécurité : bien souvent, les jeunes femmes sont rejetées par leur famille lorsqu’une grossesse survient hors mariage et n’est pas reconnue par le partenaire. Le déshonneur ressenti dans la famille les place dans une situation de vulnérabilité. Elles peuvent se retrouver bannies de leur communauté.

 

Djibo
Djibo

En 2019

Nous avons :

  • formé 204 505 bénéficiaires à Djibo et à Gorom-Gorom
  • évacué 1 341 personnes dont 1 049 femmes
  • soutenu 57 081 personnes sur la question de la santé sexuelle et reproductive

 

 

Pour un accès à la contraception, à l'éducation complète à la sexualité et à l'avortement médicalisé

On note avec satisfaction le grand rôle joué par Médecins du Monde et ses partenaires nationaux réunis en coalition, pour la réforme du code pénal au Burkina Faso avec des acquis qui allègent les procédures d’accès à l’avortement. 2019 a été une année forte d’interpellation des instances étatiques pour l’application de conditions plus large d’accès à l’avortement selon le protocole de Maputo signé et ratifié par le Burkina Faso depuis 2006. A ce jour, plus de 275 acteurs (communautaires, autorités parlementaires et ministériels, journalistes, sages-femmes, gynécologues, jeunes) sont formés à une meilleure appropriation de ce cadre régional favorable.  2019 a également été une année de suivi des promesses pour le passage à l’échelle nationale de l’éducation complète à la sexualité débutée en 2017 avec seulement 6 régions sur 13. 

Femmes

Lutter contre le cancer du col de l'utérus

 

Médecins du Monde aide au dépistage et prise charge précoce des lésions précancéreuses du col de l'utérus chez les femmes de 25 – 55 ans.

Le cancer du col de l’utérus a une prévalence de 23% au Burkina Faso et représente 22% du taux de mortalité due aux cancers. L’accès au dépistage reste limité dans le pays du fait du manque de formation, des ruptures des intrants et consommables.

Notre ONGinfo-icon forme le personnel de santé du district sanitaire de Baskuy à Ouagadougou, équipe les structures sanitaires en matériels de dépistage du virus (HPVinfo-icon) responsable du cancer du col de l’utérus pour une détection précoce et une prise en charge de lésions précancéreuses. MdM assiste les femmes avec des lésions cancéreuses avancées à accéder au traitement approprié voire aux soins palliatifs.

L’action s’articule autour de 3 innovations :

  • le choix accordé aux femmes pour la technique du prélèvement,
  • le dépistage par le test du virus responsable du cancer du col,
  • l’utilisation de la thermo-coagulation pour le traitement des lésions précancéreuses.

 

Djibo
Djibo

En 2019

Nous avons :

  • dépisté 2063 femmes

  • traité 29 cas de lésions précancéreuses

 

 

Historique
2006
Première intervention de Médecins du Monde au Burkina, en santé nutritionnelle et buccodentaire.
2009
Intervention au Sahel pour améliorer l’accès aux soins de base.
2012
Elargissement du programme au Sahel aux problèmes de malnutrition.
2012
Programme auprès des réfugiés maliens pour leur donner accès aux soins essentiels.
2014
Intervention pour prévenir les grossesses non désirées dans certains districts du Sahel.
2014
Intervention d’urgence pour prévenir la propagation du virus Ebola.
2014
Fermeture du programme auprès des réfugiés maliens.
2016
Transfert du programme malnutrition sévère à Médecins du Monde Espagne et LVIA.
2017
Focus de l’intervention sur la prévention et la prise en charge des grossesses non désirées aux jeunes et adolescent-e-s (10-24 ans)
2017
Extension du programme de prévention et prise en charge des grossesses non désirées au district sanitaire de Gorom-Gorom
2018
Lancement du programme cancer du col de l’utérus dans le district sanitaire de Baskuy à Ouagadougou

Votre soutien

Donner

80 € pour soigner 15 enfants souffrant de malnutrition aiguë

Nous rejoindre
Coordinateur médical (H/F)
S'informer

Je m'inscris à la newsletter.