Burkina Faso

© Mylène Zizzo

Burkina Faso

21,3%

des femmes ont accès à une méthode de contraception à Djibo.

3

grossesses sur 10 aboutissent à des avortements clandestins

La situation au Burkina Faso

Au Burkina Faso, l’avortement est autorisé uniquement dans les cas de viol, d’inceste, ou de grave malformation fœtale et dans les cas où la santé de la femme enceinte est en danger. Le code pénal sur la santé sexuelle et reproductive a été révisé en juin 2018 et les conditions d’accès à l’avortement en cas de viol et d’inceste ont été assouplies grâce au plaidoyer mené par les organisations de la société civile avec l’appui de Médecins du Monde. Malheureusement, la connaissance de ce statut légal et de ces nouvelles dispositions sont faibles : seul un tiers des femmes burkinabé savent que l’avortement est autorisé dans certains cas.​

 

Contraception et planification familiale

Au Burkina Faso, et particulièrement les provinces du Soum et de l’Oudalan, l’accès à la contraception est très limité pour les femmes. Cela s’explique par une faible accessibilité aux soins de santé en général. Les raisons de cette situation sont, notamment, liées aux barrières géographiques (le rayon moyen d’action des formations sanitaires est de 10 km), mais aussi et surtout aux pressions socio-culturelles. Cette situation s’est particulièrement aggravée au cours de l’année 2018 avec une croissance importante de l’insécurité (attaques terroristes, braquages, enlèvements, etc.) qui ont entrainé des déplacements de populations importants dans la région.

 

 

Les besoins non satisfaits en planification familiale sont estimés à 20%, ce qui est supérieur à la moyenne nationale du Burkina Faso. La conséquence directe de tous ces problèmes est la multiplication des grossesses non désirées. Ainsi 3 grossesses sur 10 aboutissent à des avortements clandestins, réalisés dans de mauvaises conditions d’hygiène et qui, combinés à une mauvaise surveillance, occasionnent de nombreux décès maternels. Des chiffres bien alarmants, alors qu’on sait qu’un espacement de deux ans entre les grossesses permet de réduire considérablement la mortalité maternelle.

 

Face à l'urgence de cette situation, le rôle de Médecins du Monde et de nos missions humanitaires au Burkina Faso est essentiel.

 

Cancer du Col de l’utérus

Au Burkina Faso, le cancer du col de l’utérus est la première cause de mortalité due au cancer chez la femme (22,2%) selon l’OMSinfo-icon1. Il est souvent diagnostiqué au stade avancé alors qu’il s’agit du premier cancer évitable chez la femme. La plupart des personnes souffrant de cancer au Burkina Faso n’ont pas accès au dépistage, à un diagnostic précoce, au traitement ou aux soins palliatifs. L’insuffisance de la réponse est caractérisée par l’absence d’infrastructures et d’équipements spécifiques de prise en charge à l’échelle nationale. Cependant, en avril 2016, le gouvernement a instauré la mesure de gratuité de dépistage des lésions précancéreuses du col. Mais dans les faits, cette décision n’est pas appliquée par manque de moyens humains et financiers.

Un camp de réfugiés près de Mentao © Mylene Zizzo
Un camp de réfugiés près de Mentao © Mylene Zizzo

Notre action au Burkina Faso

Mission humanitaire d'urgence au Burkina Faso : femmes, jeunes et adolescents 

Prévenir les grossesses non désirées au Burkina Faso

Présent dans le district de Djibo depuis 2010 et de Gorom-Gorom depuis 2016, Médecins du Monde a déjà obtenu la gratuité des accouchements assistés et des évacuations sanitaires. Notre association humanitaire s’attache aujourd’hui à prévenir les grossesses non désirées, en particulier chez les jeunes et adolescents (de 10 à 24 ans) et, plus globalement, à améliorer la planification familiale dans les districts sanitaires de Djibo et de Gorom-Gorom. Quinze associations communautaires sont formées pour intervenir auprès des adolescents et des leaders religieux sur ces problématiques. Dans une logique de renforcement du système de santé, les équipes soignantes bénéficient de formations en santé sexuelle et reproductive.

Les infrastructures (salles de consultation et d’accouchement) sont aussi réhabilitées et équipées pour renforcer l’offre et la qualité des soins et des espaces jeunes sont mis en place pour améliorer l’accès aux soins des jeunes et adolescents.

 

Les grossesses précoces ont des conséquences catastrophiques pour la mère comme pour l’enfant au Burkina Faso :

  • Les risques pour la santé : c’est la première cause de mortalité chez les 15 à 19 ans, et la première cause de mortalité infantile dans le monde. Ces décès sont généralement causés par le manque de centres de santé pour suivre ces grossesses à risque, l’absence de personnel qualifié formé ou d’argent pour y accéder.

 

  • La déscolarisation : après avoir eu un enfant, les jeunes filles ne retournent jamais ou rarement à l’école.

  • La pression socio-culturelle et l’insécurité : bien souvent, les jeunes femmes sont rejetées par leur famille lorsqu’une grossesse survient hors mariage et n’est pas reconnue par le partenaire. Le déshonneur ressenti dans la famille les place dans une situation de vulnérabilité. Elles peuvent se retrouver bannies de leur communauté.

 

Au Burkina Faso, Médecins du Monde plaide auprès des autorités en faveur du respect des droits en santé sexuelle et reproductive, notamment pour la gratuité des méthodes contraceptives et pour l’éducation sexuelle dans les écoles et des centres de formations professionnelles.

 

Djibo
Djibo

En 2018

Nous avons aidé :

  • 97 120 femmes dont 44 253 femmes enceintes, 11 067 femmes allaitantes et 41 800 femmes en âge de procréer.

 

Femmes

Lutter contre le cancer du col de l'utérus

 

Médecins du Monde aide au dépistage et prise charge précoce des lésions précancéreuses du col de l'utérus chez les femmes de 25 – 55 ans.

Notre ONGinfo-icon forme le personnel de santé du district sanitaire de Baskuy à Ouagadougou, équipe les structures sanitaires de matériels de dépistage du virus (HPVinfo-icon) responsable du cancer du col de l’utérus pour une détection précoce et une prise en charge de lésions précancéreuses. MdM assiste les femmes avec des lésions cancéreuses avancées à accéder au traitement approprié voire aux soins palliatifs.

 

 

Historique
2006
Première intervention de Médecins du Monde au Burkina, en santé nutritionnelle et buccodentaire.
2009
Intervention au Sahel pour améliorer l’accès aux soins de base.
2012
Elargissement du programme au Sahel aux problèmes de malnutrition.
2012
Programme auprès des réfugiés maliens pour leur donner accès aux soins essentiels.
2014
Intervention pour prévenir les grossesses non désirées dans certains districts du Sahel.
2014
Intervention d’urgence pour prévenir la propagation du virus Ebola.
2014
Fermeture du programme auprès des réfugiés maliens.
2016
Transfert du programme malnutrition sévère à Médecins du Monde Espagne et LVIA.
2017
Focus de l’intervention sur la prévention et la prise en charge des grossesses non désirées aux jeunes et adolescent-e-s (10-24 ans)
2017
Extension du programme de prévention et prise en charge des grossesses non désirées au district sanitaire de Gorom-Gorom
2018
Lancement du programme cancer du col de l’utérus dans le district sanitaire de Baskuy à Ouagadougou

Votre soutien

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80 € pour soigner 15 enfants souffrant de malnutrition aiguë

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Coordinateur médical (H/F)
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