Madagascar : redonner le sourire aux enfants

© Olivier Papegnies

Madagascar : redonner le sourire aux enfants

Depuis trente ans, des bénévoles chirurgiens, anesthésistes et infirmiers de Médecins du Monde se rendent en Afrique et en Asie pour opérer des patients atteints de différentes pathologies et malformations congénitales, principalement des fentes labio-palatines et des conséquences de brûlures ou tumeurs. À Madagascar, les équipes médicales ont pris part en mars à une nouvelle mission d’opérations chirurgicales permettant à des dizaines d’enfants de retrouver le sourire.

 

 

Antananarivo, capitale de cet État africain insulaire en bordure de l’Océan indien. C’est au cœur de cette ville agitée et pleine de vie que Médecins du Monde reçoit ce dimanche matin des dizaines de personnes qui espèrent être opérées par une équipe française de quatre chirurgiens, deux anesthésistes et une infirmière.

L’hôpital de tous les espoirs

Au centre hospitalier universitaire (CHUinfo-icon) d’Antananarivo, le couloir de l’hôpital s’est transformé en une gigantesque salle d’attente. Ce matin et durant toute une journée, l’équipe médicale, emmenée par le chef de mission de l'Opération Sourire, Arnaud Depeyre, va ausculter une centaine de personnes afin de retenir les patients qu’elle pourra opérer au cours de la semaine. Les critères médicaux sont bien établis. La personne doit peser plus de dix kilos et ne pas être malade, auquel cas elle sera reconvoquée pour la prochaine mission sur l’Ile.

A l'hôpital d'Antananarivo, au premier jour de la mission de l'Opération Sourire, le couloir se transforme en une gigantesque salle d'attente. © Olivier Papegnies
A l'hôpital d'Antananarivo, au premier jour de la mission de l'Opération Sourire, le couloir se transforme en une gigantesque salle d'attente. © Olivier Papegnies

Dans la salle d’attente, les familles patientent. Les jeunes et moins jeunes profitent de ce temps pour témoigner de cette vie d’exclusion, de stigmates et de rejet. Ils racontent comment leurs brûlures ou leurs fentes labio-palatines les empêchent de vivre. Ils évoquent cette honte qui s’est abattue sur leur famille qui décide alors de déscolariser leurs enfants : « J’ai dû mal à boire et à parler. C’est pour ça que mes parents n’ont pas voulu que j’aille à l’école, par peur des jugements ». Ces propos de la petite Rita sont une réalité décrite par tant d’autres jeunes.

J’ai dû mal à boire et à parler. C’est pour ça que mes parents n’ont pas voulu que j’aille à l’école, par peur des jugements.

Pas loin d’elle, la jeune Esther, 19 ans, ne se sépare pas de sa maman. Ensemble, elles se battent pour permettre à Esther de retrouver une vie normale et les bancs de la faculté. Cette jeune bachelière raconte timidement la honte qui a pris le dessus sur ses études : « Je déteste ça. Les gens me demandent tout le temps de répéter ce que je dis […] Parfois il y a des gens qui se foutent de moi et ça me fait très mal ». Elle attend cette opération avec impatience et rêve de devenir infirmière pour « soigner les gens comme moi ».

Ces situations de détresse sont la conséquence de ces fentes labio-palatines qui touchent des milliers de personnes à Madagascar.

 

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Depuis plus de 30 ans, l'Opération Sourire a permis de soigner 17 000 enfants qui, comme Esther, ont pu reprendre une vie normale.

Face à la honte, Médecins du Monde redonne le sourire aux enfants

Les consultations débutent un dimanche. Elles vont s’enchaîner toute la journée, pendant dix heures. Les patients défilent. 70% d’entre eux ont des fentes labio-palatines. Les autres souffrent de graves brûlures au visage, sur les bras ou sur les jambes à la suite d’accidents domestiques. La douleur physique et psychique est immense. À la fin de la journée, les chirurgiens et médecins retiennent trente-quatre personnes qui retrouveront le sourire et le chemin de l’école à l’issue de cette semaine d’opérations.

La douleur physique et psychique est immense.

Les consultations, les opérations chirurgicales et les soins post-opératoires sont gratuits. L’ensemble du matériel médical et des médicaments est fourni par Médecins du Monde. Dans ce pays où le coût d’une consultation chirurgicale et séjour à l’hôpital sont souvent inaccessibles, pouvoir être soigné gratuitement est une chance : « On a trouvé le sourire chez Médecins du Monde. On a confiance en vous » confirme Sitraka, brillant joueur de football de 15 ans, opéré par Médecins du Monde quand il n’avait que quatre ans et qui doit subir une nouvelle opération du palais durant la semaine.

Sitraka, 15 ans, a subi une seconde intervention durant la mission Opération Sourire à Madagascar, en mars 2019. © Olivier Papegnies
Sitraka, 15 ans, a subi une seconde intervention durant la mission Opération Sourire à Madagascar, en mars 2019. © Olivier Papegnies

Cependant rien ne serait possible sans l’accompagnement et le soutien du personnel médical local. Les médecins et infirmiers malgaches profitent également de la formation de compagnonnage que les chirurgiens français leur prodiguent durant leur passage. Ce sont eux, aux côtés des équipes de Médecins du Monde à Antananarivo, qui assureront le suivi post-opératoire, une fois le départ des équipes françaises. 
Le partage de savoir est au cœur de la mission, une réelle transmission se fait entre les équipes locales et françaises, comme l’explique l’un des chirurgiens bénévoles: « Je reçois plus que je ne donne. »

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Depuis plus de 30 ans, les bénévoles de l'Opération Sourire travaillent en étroite collaboration avec les équipes médicales locales, pour développer une chirurgie de spécialité sur des terrains où elle n'existe pas.

L’Opération Sourire, une mission essentielle et historique chez Médecins du Monde

À Madagascar et dans une dizaine d’autres pays, Médecins du Monde intervient depuis 1989 pour opérer gratuitement et bénévolement des personnes démunies et vulnérables, qui n’ont pas accès aux soins de chirurgie réparatrice.

Depuis la création de la mission, 17 000 personnes qui ont été opérées et ont retrouvé le chemin de la réinsertion sociale et professionnelle.

Depuis la création de la mission « Opération Sourire », ce sont 17 000 personnes qui ont été opérées et ont retrouvé le chemin de la réinsertion sociale et professionnelle. Chaque année 900 patients, pour la plupart âgés de moins de 15 ans, sont pris en charge par Médecins du Monde.

Ces résultats sont le fruit de plus de 200 jours de mission par an, pour une moyenne de 16 000 heures de bloc opératoire, réalisés par des équipes bénévoles.

Grâce à ces opérations et ces soins, Médecins du Monde contribue à améliorer la prise en charge des patients et à les réintégrer dans la société.

 

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