Destruction d’un bidonville à Montpellier : le collectif Alerte Occitanie dénonce la politique du bulldozer, antithèse de l’insertion.

Destruction d'un bidonville à Montpellier : la politique du bulldozer

Ce mardi 31 août, 106 personnes qui vivaient sur les bidonvilles du Mas Rouge 1 et 2 à Montpellier ont été expulsées sur décision du préfet de l’Hérault.

Réveillés par la police, ces hommes, ces femmes et ces enfants n’ont eu que quelques heures pour rassembler leurs affaires, tenter de déplacer quelques caravanes en état de rouler, tandis que les pelleteuses commençaient à détruire leurs maisons.

À Montpellier, des expulsions à répétition

A Montpellier, dans l'Hérault, les expulsions des bidonvilles ne font qu'aggraver la situation des personnes qui y vivent.
A Montpellier, dans l'Hérault, les expulsions des bidonvilles ne font qu'aggraver la situation des personnes qui y vivent.

A deux jours de la rentrée scolaire et alors que la situation de l’épidémie de COVID-19 reste plus que préoccupante, cette décision est dramatique et incompréhensible. Elle marque une rupture dans la logique et la politique menée jusque-là par la préfecture de l’Hérault. Depuis 2015, l’Etat a engagé un travail avec les associations pour éviter des expulsions à répétition dont le seul résultat est de déplacer les personnes et d’aggraver leur situation.

Une décision préfectorale contre-productive

Cette décision est inexplicable alors même qu’au « Mas Rouge » ce travail d’accompagnement porte ses fruits : 70 % des ménages ont au moins un adulte en emploi, de nombreuses familles ont un dossier de demande de logement en cours, les enfants sont scolarisés et les personnes ont une couverture maladie.

À l'encontre du travail d'insertion mené par la mairie et la métropole de Montpellier

Implantés dans la région de Montpellier depuis 1989, Médecins du Monde assure des permanences médico-sociales et va à la rencontre de populations particulièrement isolées.
Implantés dans la région de Montpellier depuis 1989, Médecins du Monde assure des permanences médico-sociales et va à la rencontre de populations particulièrement isolées.

Une étude menée par le LERSEM de l’Université Paul Valéry et AREA démontre que cette politique d’accompagnement à l’insertion des personnes est soutenue par 90 % des Montpelliérains. La Mairie et la Métropole de Montpellier sont engagées depuis plusieurs mois avec les associations dans un travail de résorption des bidonvilles, une feuille de route est validée. La position actuelle du préfet remettra-t-elle en cause ces engagements ?

A ce jour, près de 800 personnes vivent dans ces conditions sur la Métropole de Montpellier. Les associations engagées dans l’accompagnement de ces ménages sont toujours mobilisées pour poursuivre le travail engagé avec les services de l’Etat dans le respect du droit des personnes.

 

 

Signataires

Collectif Alerte Hérault : AREA, groupe local ATD Quart Monde de Montpellier, Collectif National Droits de l’Homme Romeurope, Confédération Paysanne 34, Droit au logement, FCPE 34 et les parents FCPE du CL du collège Joffre, Fédération des Acteurs de la Solidarité Occitanie, Fondation Abbé Pierre, Habiter Enfin, I.PEICC, La Cimadeinfo-icon, La Petite Cordée, Luttopia, Médecins du Monde, Secours Catholique de l’Hérault, Secours Populaire de l’Hérault, Uriopss Occitanie

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