ÉVÉNEMENT - FAIRE CORPS : LA FORCE DE L'ENGAGEMENT ! RETROUVEZ NOUS DU 10 AU 11 OCTOBRE AU GROUND CONTROL À PARIS
3 minutes
En cours de lecture Rapport : « Soigner, résister : paroles de soignant·es engagé·es pour le droit à l’avortement »
Articles

Rapport : « Soigner, résister : paroles de soignant·es engagé·es pour le droit à l’avortement »

28.09.2026
  • Rapport : « Soigner, résister : paroles de soignant·es engagé·es pour le droit à l’avortement »

Témoignages de celles et ceux qui accompagnent l’avortement

À l’occasion de la Journée internationale pour le droit à l’avortement, Médecins du Monde donne la parole à celles et ceux qui, au quotidien, accompagnent les personnes qui avortent.

À travers plus de 47 témoignages recueillis dans 15 pays, dans des contextes aussi différents que le Myanmar, la France, le Bénin ou le Mexique, le rapport Soigner, résister donne à entendre les voix de gynécologues, sages-femmes, médecins, accompagnant·es sociaux·ales et autres professionnel·les engagé·es pour l’accès à l’avortement. Ces récits reflètent la diversité des réalités auxquelles sont confrontées les personnes qui cherchent à avorter et racontent ce que signifie accompagner lorsque l’accès à l’avortement reste entravé, stigmatisé ou criminalisé. Ils parlent des obstacles et des violences rencontrés, mais aussi de la force que l’on peut trouver dans l’engagement, la solidarité et la capacité à agir. 

« Notre rôle consiste à garantir une prise en charge centrée sur la personne, à fournir des informations claires, à offrir un accompagnement sans jugement et à respecter son autonomie. »

Journée internationale du droit à l’avortement

Ecouter, informer, accompagner : rendre possible une décision libre et éclairée

Accompagner une personne dans son avortement, c’est lui permettre de prendre une décision libre et éclairée, sans jugement et sans que les professionnel·les de santé décident à sa place. Quand soigner devient un acte de résistance.

« Le soin ne consiste pas seulement à traiter un corps : il peut aussi restaurer la dignité, la sécurité et la confiance. »

Mais les témoignages racontent aussi ce qui se passe lorsque les lois ou les pratiques du système de santé font obstacle à cet accompagnement.

« Je me suis souvent dit que si je l’avais simplement orientée vers des services compétents, elle aurait peut-être été encore en vie aujourd’hui. Cette expérience a profondément changé ma perception de l’avortement et de la responsabilité des professionnels de santé. Elle a été un tournant dans mon parcours. »

« Les lois restrictives n’empêchent pas les personnes d’avoir besoin d’un avortement. Elles ne font que supprimer les possibilités de recourir à un avortement sûr et punir les femmes les plus vulnérables. »

 Quand soigner devient un acte de résistance

Dans de nombreux contextes, accompagner peut devenir une forme de résistance. Une résistance qui ne consiste pas seulement à s’opposer, mais aussi à créer des espaces d’autonomie et à reprendre du pouvoir sur sa santé et son corps.

« Pour moi aussi, c’est une forme de résistance. C’est résister à la stigmatisation, à l’idée que quelqu’un d’autre puisse décider de ce que nous faisons de nos corps. »

Quatre enseignements pour agir

Les témoignages font émerger quatre enjeux majeurs, complémentaires des recommandations plus globales de Médecins du Monde pour garantir le droit à l’avortement et son accès effectif :

  •  Protéger celles et ceux qui rendent l’avortement possible afin qu’ils et elles agissent sans subir menaces, violences, discriminations ou poursuites et notamment les fournisseurs de soins d’avortement.
  • Garantir une information fiable et changer le récit sur l’avortement
  • Soutenir les mouvements féministes et communautaires et Reconnaître et soutenir l’autoprise en charge de l’avortement médicamenteux permet aux personnes de prendre davantage de contrôle sur leur parcours.

S’engager, prendre la parole, faire bloc : agissons !

Face aux reculs des droits sexuels et reproductifs et à la montée des discours qui culpabilisent et stigmatisent l’avortement, le silence et l’inaction ne sont plus des options. Les professionnel·les de santé et les personnes qui accompagnent les personnes qui avortent ont un rôle essentiel à jouer.
Le soin est un acte de résistance. À nous d’agir pour que personne ne soit contraint·e de risquer sa santé, sa dignité ou sa vie pour décider de son corps et de son avenir.