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En catimini, la métropole et la préfecture de Lyon suppriment 102 places d’hébergements pour mineurs isolés

15.09.2026

© Jerome Sessini / Mission mobile de Médecins du Monde à Lyon.

  • En catimini, la métropole et la préfecture de Lyon suppriment 102 places d’hébergements pour mineurs isolés.

102 places d’hébergement pour mineur·es isolé·es en recours à Lyon sont menacées de suppression par la Métropole de Lyon et la Préfecture du Rhône. Bien qu’aucune annonce officielle n’ait été faite à ce jour, le premier site devrait fermer dès fin septembre. XX associations dénoncent cette fermeture brutale et appellent à revenir sur cette décision.

Créés en 2020, les dispositifs « Stations » ont permis la mise à l’abri et l’accompagnement de 738 jeunes en six ans. Gérés par l’association Le Mas et financés par la Métropole de Lyon et la Préfecture du Rhône, ils représentent les seules places spécifiquement destinées à ces jeunes sur le territoire et co-financées par ces institutions.

Au-delà d’un simple hébergement, c’est un lieu de vie stable et sécurisant pour des jeunes qui peuvent y bénéficier d’un accompagnement socio-éducatif et d’un accès à la santé, avec une priorité donnée à la formation et à l’insertion professionnelle.

Pourtant, selon les informations dont nous disposons, un premier site – qui ne procède déjà plus à aucune admission depuis la mi-juin – fermerait fin septembre et le second fin décembre. La totalité des places d’hébergement pour mineur·es en recours à Lyon co-financées par la Métropole et la Préfecture serait ainsi supprimée.

Une décision d’autant plus préoccupante que 79 % des jeunes hébergés ayant eu une audience devant le juge des enfants ont été finalement reconnu·es mineur·es et pris·es en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance entre la création du site en 2020 et décembre 2025 (chiffre issue de la compilation des rapports d’activité annuels du Mas.
L’utilité de ce dispositif est pourtant reconnue par tous les acteur·ices (associations, services sociaux, professionnel·les de santé, établissements scolaires, etc.) mobilisé·es sur le territoire :
Les Stations ont été créées pour répondre à un besoin de protection lié à une défaillance du droit français : actuellement, les jeunes sont exclu·es de tout dispositifs de protection de l’enfance dès la décision de non-reconnaissance de minorité, alors même qu’iels contestent cette décision devant le juge des enfants. explique le Collectif soutiens/migrants Croix-Rousse.

Fermer les Stations aujourd’hui reviendrait à remettre à la rue et priver de toute solution d’hébergement des enfants et des adolescent·es dont une très grande majorité seront finalement reconnu·es mineur·es par la justice. Cette décision interviendrait alors que plus d’une centaine de jeunes vivent déjà dans les rues de Lyon – notamment sur le campement des Chartreux depuis janvier 2025 – dans des conditions désastreuses.

La rue les expose à des risques majeurs : aggravation de pathologies, troubles psychiques liés à l’insécurité permanente, exposition aux violences, aux exploitations, aux réseaux de traite et aux conduites à risque. Elle compromet également leur accès aux soins, à la scolarité, à la formation et à l’ensemble des droits auxquels tout enfant devrait pouvoir prétendre. Pour des adolescent·es souvent déjà marqué·es par des parcours migratoires jalonnés de violences, l’absence de mise à l’abri constitue une nouvelle atteinte à leurs droits fondamentaux.

« L’exécutif métropolitain, élu sous la bannière de Grand Coeur Lyonnais, avait promis de mettre ces jeunes à l’abri après s’être indigné de la crise humanitaire au campement des Chartreux. Il s’apprête pourtant aujourd’hui à supprimer le seul dispositif financé par la Métropole qui les protège de la rue, sans proposer aucune solution alternative. Comment peut-on justifier une telle décision ? » questionne Frédéric Geai, coordinateur régional Auvergne Rhône Alpes pour Médecins du Monde.

Nous, associations, collectifs, syndicats… signataires demandons à la Métropole de Lyon et la Préfecture du Rhône de maintenir les 102 places des Stations et de garantir qu’aucun·e jeune en recours ne soit remis·e à la rue.

Plus largement, nos organisations demandent aux pouvoirs publics de mettre fin à cette situation en garantissant l’application effective de la présomption de minorité jusqu’à l’épuisement des voies de recours et en instaurant un recours véritablement effectif et suspensif, conformément aux exigences de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant signée par la France.

Tant que cette réforme n’aura pas lieu, les Stations telles qu’elles existent aujourd’hui demeureront indispensables. Leur fermeture constituerait un recul majeur pour la protection des droits des enfants et des adolescent·es isolé·es.

Signataires du communiqué de presse se constituant en « Comité de soutien des MNA en recours : non à la fermeture des Stations » :

Collectif soutiens/migrants Croix-Rousse, Médecins du Monde, Utopia 56; Association V3DE – Le Village du droit des étrangers, ATD Quart monde, Cimade, Lyon, Classes, Collectif AMIE, Collectif Femmes à la rue, Collectif FLE, Collectif hébergement en danger, Comité Feyssine, Coordination Urgence Migrants, DAL 69, ESSIP Fondation Dispensaire Général de Lyon, Fédération des Acteurs de la Solidarité AURA, FO Culture Enseignement Formation professionnelle, Inter Squats 69, Jamais sans toit, LDH Lyon confluences et régional, Le Group’, Le passage Montplaisir, Libre pensée du Rhône, Passerelles Buisonnières, RESF jeunes 69, RESF 69, Solidaires Etudiants 69, Solidaires UD 69, SN lycée Collège FO 69, Syndicat Entraide Portestante de Lyon, UD 69 CGT, Watizat.