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Lotus bus : enquête auprès des femmes chinoises se prostituant à Paris

Le Lotus Bus s’adresse aux femmes chinoises qui se prostituent à Paris. Sa mission est de réduire les risques liés aux pratiques prostitutionnelles et de favoriser l’accès des femmes aux soins et aux droits.


SYNTHÈSE

Le Lotus Bus s’adresse aux femmes chinoises qui se prostituent à Paris. Sa mission est de réduire les risques liés aux pratiques prostitutionnelles et de favoriser l’accès des femmes aux soins et aux droits.

Le Lotus Bus répond à un très fort besoin d’information : éduquées à une époque où toute relation extra maritale était lourdement condamnée, où l’existence d’infections sexuellement transmissible était niée et où l’épidémie de sida était réputée ne toucher que les étrangers sans représenter encore une menace en Chine, ces femmes n’avaient jamais été confrontées auparavant à la prostitution. Elles cumulent les facteurs de vulnérabilité et sont exposées à de multiples risques liés à leur activité prostitutionnelle et à leur situation de migrantes.

Afin de mieux cerner leur niveau de connaissance et leurs pratiques, et donc adapter les messages et les activités, nous avons interrogé 93 femmes à l’aide d’un questionnaire, durant 5 mois, de septembre 2007 à janvier 2008, sur chacun des sites où stationne le Lotus Bus.

Résultats :

  • Un peu plus du 1/3 des femmes interrogées est en France depuis moins d’un an
  • 80 % vivent seules
  • 90% d’entre elles ont au moins un enfant qui vit en Chine
  • Leur âge moyen est de 42 ans.
  • Plus du 1/3 des femmes interrogées disent avoir déjà eu des infections sexuellement transmissibles
  • 46% d’entre elles n’ont pas de suivi gynécologique régulier ou approprié
  • 45% n’ont jamais effectué un dépistage VIH
  • 70% des femmes ont déjà été confrontées à une rupture de préservatif.
  • Elles sont mal informées sur le traitement post-exposition et n’ont pas le « réflexe » d’aller aux urgences, mais de fausses croyances sont très répandues comme pratiquer des douches vaginales après un rapport à risque.
  • 75% d’entre elles déclarent être en bonne ou très bonne santé : ces femmes ont une perception positive de leur santé, ce qui reflète que d’une manière générale, les femmes ne vont pas consulter de façon préventive et explique, en partie, le peu de dépistages et de bilans gynécologiques systématiques
  • Il existe un lien significatif entre le recours au dépistage du VIH et la connaissance du Lotus Bus.

A l’issue des enquêtes, une forte demande d’informations complémentaires a émergé concernant les orientations gynécologiques, les adresses pour effectuer des dépistages, le matériel de prévention, le traitement post-exposition et les adresses d’hôpitaux.




Témoignage d’un bénévole

« Le 20 septembre 2007, Mme LIU Chunlan, en situation irrégulière, âgée de 51 ans, s’est défenestrée par peur de la police qui frappait à la porte de son appartement à Belleville, terrorisée à l’idée d’être contrôlée, arrêtée, expulsée. Elle est décédée à l’hôpital, le lendemain, des suites de ses blessures. Cette tragique affaire, largement médiatisée, a très fortement marquétoute l’équipe du Lotus Bus. Cettefemme, correspondait en tous pointaux femmes que nous rencontrons.Elle aurait pu être l’une d’entre elles.Nous aurions très bien pu la croiserlors de nos tournées, nous l’avonspeut-être croisée Son âge, sa régionde provenance en Chine, son parcoursmigratoire, les motivations de sa migration, sa demande d’asile rejetéeen France, son entrée dans laclandestinité, ses petits boulots poursurvivre, ses difficultés pour accéderaux soins malgré des maladies chroniquesimportantes, sa vie cachée, sesconditions d’hébergement, sa peur dela police, tout nous amène à comparersa situation avec celle des femmes quenous rencontrons.L’histoire de cette femme me confortedans mon action, dans mon engagementauprès de MdM et auprès duLotus Bus. L’aide que nous apportonsn’est certainement pas à la hauteurdes besoins qu’expriment ces femmes,mais par les contacts qu’elles ontavec nous, elles peuvent sortir un peude leur isolement, trouver une oreilleattentive à leur situation, et voir que,ici, en France, des personnes ne sontpas insensibles à leur détresse. »




SOMMAIRE

  • 1 le lotus Bus
    • a - travail de rue
    • b - au-delà du bus
  • 2 Parcours et conditions de vie des femmes qui fréquentent le lotus Bus
    • a - Provinces d’origine : des zones de migration récentes
    • b - une migration féminine de rupture
    • c - une présence en france récente
    • d - des conditions de vie difficiles
    • e - un contexte politique et migratoire répressif
  • 3 une population qui cumule vulnérabilité et absence d’information
    • a - un accès aux soins limité
    • b - un suivi gynécologique très insuffisant
    • c - des femmes vulnérables face au viH et aux hépatites
    • d - un dépistage trop peu pratiqué
    • e - des risques accrus par une méconnaissance des moyens de prévention et des dispositifs de prise en charge
  • conclusion
  • l’équipe du lotus bus




Février 2008