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A l'international

Madagascar

Diminution des risques sanitaires des catastrophes naturelles, prise en charge médicale des détenus et chirurgie cardiaque infantile.


Après être intervenu une douzaine de fois pour secourir les victimes de cyclones et d’inondations, MdM met en oeuvre depuis 2008 un programme de réduction des risques des catastrophes (RRC) pour préparer les communautés aux conséquences de ces dépressions tropicales.

Après le Bangladesh et l’Inde, Madagascar est le troisième pays le plus touché par les catastrophes naturelles. L’objectif de MdM est de réduire la vulnérabilité des populations vivant à proximité des zones inondables et de maintenir un accès à l’eau.
© Bruno Fert


La situation politico-économique de Madagascar est toujours très précaire. Les sanctions internationales à l’encontre du gouvernement actuel fragilisant un peu plus les politiques publiques, MdM poursuit ses interventions en faveur des populations les plus vulnérables : victimes de catastrophes naturelles et des violences politiques, prisonniers et enfants en attente d’interventions chirurgicales.

DIMINUTION DES RISQUES SANITAIRES DES CATASTROPHES NATURELLES

LES ACTIVITÉS

Après être intervenu une douzaine de fois pour secourir les victimes de cyclones et d’inondations, MdM met en oeuvre depuis 2008 un programme de réduction des risques des catastrophes (RRC) pour préparer les communautés aux conséquences de ces dépressions tropicales. 

Le projet pilote mené dans un premier temps à Maroantsetra a été dupliqué dans la région de Sava et comporte trois volets : un soutien au système de santé (renforcement du système communautaire, suivi épidémiologique, amélioration du système de communication), la prise en charge des victimes des catastrophes naturelles (formation de secouristes et d’une équipe médicale d’urgence, élaboration d’un plan de contingence, dotation de matériel) et l’impulsion d’une dynamique communautaire de RRC (analyse participative des vulnérabilités, sensibilisation à travers un concours de chant traditionnel, microprojets communautaires).
À la suite du passage du cyclone Bingiza, MdM est intervenu en appuyant les équipes d’urgence (évaluation des besoins, fourniture de médicaments) du district de Maroantsetra, dans le nord de l’île, mais aussi en renforçant le système de surveillance épidémiologique dans les 15 communes du sud-est de l’île les plus touchées par les inondations.

LES RÉSULTATS

47 praticiens traditionnels formés, 159 secouristes de la Croix-Rouge formés à la prise en charge des blessés, 6 Comités de santé villageois redynamisés, 16 émissions de sensibilisation diffusées à la radio.

LES PERSPECTIVES

En 2012, MdM s’inscrira dans une logique de renforcement des capacités et de transfert de compétences aux acteurs locaux. Le travail de capitalisation et de plaidoyer auprès des instances de tutelle, des bailleurs et des partenaires sera également poursuivi.

PRISE EN CHARGE MEDICALE DES DETENUS

LES ACTIVITÉS 

En partenariat avec d’autres acteurs du milieu carcéral, dont le CICR, MdM appuie le ministère de la Justice afin d’humaniser les conditions de détention à Madagascar. 

Visant à améliorer la situation des détenus au sein de 24 prisons, MdM intervient directement sur les questions sanitaires : réhabilitation d’infirmeries, approvisionnement en médicaments et en équipements, compagnonnage des infirmiers, prise en charge de la malnutrition sévère et renforcement des activités d’hygiène. MdM mène parallèlement des actions de plaidoyer afin d’améliorer les conditions de détention, notamment en ce qui concerne la surpopulation carcérale, l’hygiène et les droits de l’homme.
MdM soutient également des associations locales pour la mise en oeuvre de microprojets permettant une resocialisation des détenus.
En capitalisant le travail mené au sein des établissements, MdM a développé de nombreux outils, comme des modules de formation, qui sont devenus des références au niveau national. 

LES RÉSULTATS

En 2011, MdM est intervenu auprès de 5 600 détenus au sein de 24 établissements.

LES PERSPECTIVES

Le retrait de MdM est prévu pour décembre 2012. La phase de désengagement actuelle devrait permettre aux acteurs malgaches de s’approprier l’ensemble du dispositif et de poursuivre l’action dans les meilleures conditions possible.

CHIRURGIE CARDIAQUE INFANTILE

LES ACTIVITÉS

Ce programme apporte une aide médicale aux enfants malgaches atteints de malformations cardiaques, souvent leur seul espoir de survie. Plus de 80 % des interventions réalisées à Madagascar dans cette spécialité l’ont été dans le cadre de ce projet, démarré en 1996, qui recouvre l’ensemble de la filière de chirurgie cardiaque, du dépistage au suivi des patients. 

L’équipe de cardio-pédiatrie infantile de La Réunion, composée de cardiologues, de chirurgiens cardiaques et de réanimateurs-anesthésistes, effectue chaque année deux missions d’une semaine à Madagascar. Des opérations à coeur fermé y sont effectuées en collaboration avec l’équipe médicale malgache. L’objectif est, à terme, de composer une équipe de chirurgie malgache capable de réaliser ces opérations, c’est pourquoi chirurgiens et cardiologues suivent des formations à La Réunion.
Les enfants ayant besoin d’une opération à coeur ouvert sont, quant à eux, pris en charge à La Réunion et en France métropolitaine avec plusieurs partenaires : La Ribambelle, la Chaîne de l’espoir et Mécénat Chirurgie Cardiaque.

LES RÉSULTATS

560 enfants ont bénéficié de consultations, 29 enfants ont été opérés à coeur ouvert, et 20 enfants à coeur fermé.
2 chirurgiens et 1 cardiologue sont formés pour des opérations à coeur fermé.

LES PERSPECTIVES

MdM entend renforcer les compétences des acteurs de santé malgaches en leur proposant des formations où ils peuvent acquérir de nouvelles compétences. MdM veille aussi à garantir l’accès aux soins de chirurgie cardiaque aux populations les plus vulnérables. Un cursus de formation sera réalisé en 2012 en faveur de quatre personnes du service de réanimation de l’hôpital afin de constituer une équipe complète capable de réaliser des opérations à coeur fermé.

Mis en place d’octobre 2008 à mars 2010 avec le soutien de DIPECHO[1], le programme « Réduction des Risques de Catastrophes » (RRC) de Médecins du Monde vise à contribuer à la mise en place de mesures permettant la réduction des conséquences sanitaires des catastrophes naturelles (cyclones et inondations) sur les populations du district de Maroantsetra, au nord-est de Madagascar.

[1] DIPECHO (DIsaster Preparedness ECHO) est un programme ECHO créé en 1996 afin de minimiser les risques de catastrophe.

INTRODUCTION

Ce programme a été suivi d’un second programme GRC, qui a démarré dans le district de Sambava en août 2010, tandis qu’une autre ONG, Medair, a étendu ses activités RRC pour couvrir les communes du district de Maroantsetra avec lesquelles MdM avait travaillé.

Le point de départ de la démarche RRC consiste à identifier les aléas climatiques et les vulnérabilités des populations face à ces aléas. Ces vulnérabilités sont multiples :

  • au niveau institutionnel ou organisationnel : système de santé inadéquat et lui-même fragile face aux catastrophes, absence de plan de contingence, de stocks d’urgence, de moyens de déplacements, isolement par rapport aux Centres de Santé de Base (CSB), etc.
  • au niveau de la communauté : diffusion aléatoire des alertes, absence de secouristes pour les premiers soins, manque de moyens d’évacuation, et d’abris communautaires, habitat fragile, etc…

 Le programme pilote mis en place par Médecins du Monde à Madagascar correspond à la fois à une dynamique de prévention et une démarche holistique : la santé est prise en compte dans ses interactions avec l’ensemble du contexte, avec une sensibilité plus grande aux facteurs environnementaux. Il est à noter que peu d’expériences similaires spécifiquement RRC & santé semblent aujourd’hui mises en place.

Présentes depuis 2005 à Madagascar, les équipes de l'Opération Sourire y ont réalisé 30 missions dont 5 en 2011. Au total 162 patients ont été opérés dont 75 fentes et 59 interventions de chirurgie viscérale :

  • du 4 au 10 avril, Tananarive : 68 personnes vues en consultation pour 30 patients opérés (chirurgie viscérale),
  • du 10 au 18 juin, Tananarive : 63 patients examinés pour 35 patients opérés,
  • du 1er au 7 août, Tananarive : 59 patients vus en consultation pour 28 patients opérés,
  • du 4 au 11 novembre, Diégo : 83 personnes vues en consultation pour 40 patients opérés,
  • du 28 novembre au 4 décembre, Tananarive : 79 enfants examinés pour 29 patients opérés (chirurgie viscérale).


© Bruno Fert


Les missions se réalisent dans le cadre d'un partenariat signé avec les hôpitaux de Tananarive et de Diégo ; les chirurgiens de l'Opération Sourire étant les seuls en mesure d'opérer les fentes palatines et vélaires. Par ailleurs, une convention cadre entre MdM et le ministère de la Santé est en cours d'élaboration. L'organisation sur place est appuyée par une coordinatrice médicale et une secrétaire.

Des modules de formation chirurgie et anesthésie sont également organisés pour le personnel de l'hôpital ou les étudiants de la faculté de médecine. 

L'intégralité du financement de l'Opération Sourire provient de la fondation l'Oréal.

Juin 2012








juin 2012

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    En décembre 2012, Médecins du Monde a en partie remis les rênes de son programme prison aux associations locales, en lien avec les autorités malgaches et des ONG internationales. Retour sur sept années de travail.

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