DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
DÉCOUVREZ NOTRE CAMPAGNE
« Des loteries solidaires pour financer l’intérêt général »
Tribune publiée dans Ouest France le 06/10/2026
Alors que la Conférence nationale humanitaire s’ouvre ce mardi 6 octobre à Paris, une question doit être posée : comment diversifier les ressources du secteur associatif pour continuer à faire vivre l’intérêt général ? Parmi les pistes à explorer, de grandes associations – dont Médecins du Monde, Handicap international ou Solidarités international, fondent leurs espoirs sur une initiative déjà répandue en Europe : les loteries solidaires.
Partout en France, nous, représentants d’associations, sommes confrontés à une équation devenue difficilement tenable : des besoins qui augmentent, des coûts qui progressent et des financements publics qui se réduisent. Selon une enquête publiée fin 2025 par le Mouvement Associatif et d’autres acteurs, 90 000 emplois sont menacés par les difficultés budgétaires.
Cette fragilisation dépasse notre territoire. Face à la multiplication des crises, les besoins humanitaires explosent alors que les financements internationaux diminuent. 239 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire cette année selon les Nations unies.
Une partie de la réponse à la crise de financement des associations existe déjà en Europe : les loteries solidaires. Concrètement, le principe est celui d’une loterie classique : les joueurs achètent un ticket et tentent de remporter des gains. Mais à la différence d’une loterie traditionnelle, une part significative des mises est directement affectée à des associations aux thématiques diverses.
Des associations en difficulté
De plus, la protection des joueurs a une place centrale avec des mises faibles, des tirages espacés et l’absence de gain instantané. Aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Irlande, en Allemagne, en Espagne, en Suède, ou encore en Norvège, ce modèle apporte chaque année plus d’un milliard d’euros aux associations.
Notre rôle n’a pourtant jamais été aussi essentiel. Lutte contre les inégalités, protection de l’environnement, accès à la culture et au sport, santé, défense des droits humains, solidarité, démocratie : chaque jour, notre travail est indispensable à notre société. Nous sommes donc face à un paradoxe : jamais les associations n’ont été aussi nécessaires, et jamais leur modèle économique n’a été aussi fragilisé. Nous sommes contraints de réduire nos activités, nos projets et nos emplois. Selon une étude de Coordination Sud, les associations françaises de solidarité internationale ont dû réduire ou fermer plus de 1 700 projets et 16 000 emplois pourraient être supprimés d’ici 2027.
La France ne doit pas rester à l’écart de la dynamique européenne. Il est temps que les associations françaises puissent bénéficier des loteries solidaires comme outil de financement.
Une évolution nécessaire du cadre législatif en France
Cela nécessite une évolution du cadre législatif. Une proposition de loi portée par le sénateur Bernard Delcros (groupe Union centriste), déposée en avril 2026, vise à autoriser l’organisation de loteries solidaires en France. Nous appelons aujourd’hui le gouvernement et les groupes parlementaires à permettre l’examen de ce texte et à l’adopter avant la fin de la mandature.
L’enjeu est simple : donner au monde associatif une nouvelle capacité d’action, sans coût supplémentaire pour les finances publiques. Ce dispositif permettra aussi de générer des recettes fiscales pour l’État. Cette nouvelle opportunité de financement pour les associations devra cependant venir compléter (et non se substituer) aux financements de l’Etat. La solidarité doit rester une priorité du gouvernement.
À moyen terme, les loteries solidaires pourraient représenter plusieurs centaines de millions d’euros pour les associations françaises. Autant de moyens pour répondre aux défis de notre société. Nous ne voulons pas choisir entre financement public et financement privé. Nous demandons aujourd’hui de pouvoir diversifier nos ressources, dans un seul but : continuer à remplir nos missions d’intérêt général.
Signataires :
Mme. Sandrine Simon, directrice générale de Médecins du Monde France.
Mme. Marie-Eve Bugnet, directrice générale Handicap International France.
Mme. Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France.
M. Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières.
Mme. Sylvie Brigot, directrice générale d’Amnesty International France.
Mme. Véronique Andrieux, directrice générale de WWF France.
M. Kevin Goldberg, directeur général de Solidarités International.