Charlotte, voltigeuse pharmacie

Préparatrice en pharmacie de formation, Charlotte Goetschy, 37 ans, a intégré l’équipe de voltigeurs de Médecins du Monde il y a six ans.
Avec d’autres professionnels de l’humanitaire coordinateurs médicaux, logistique, généraux, elle met en œuvre les missions d’urgence de l’association malgré les obstacles matériels, administratifs et sécuritaires.

POURQUOI J’Y SUIS ?

Lorsque je me suis inscrite au diplôme de pharmacie et aide humanitaire à Caen, je ne pensais pas faire des missions d’urgence, avoir le tempérament pour ça. Mais je me suis retrouvée en stage en Haïti pendant le tremblement de terre de 2010 et j’ai basculé dans l’urgence. J’y suis restée près de trois ans avant de partir au Mali où j’ai rencontré une coordinatrice médicale voltigeuse de Médecins du Monde qui m’a suggéré de postuler. J’ai d’abord été coordinatrice pharmacie en Centrafrique, puis au Libéria. Et c’est en janvier 2016 que le poste de voltigeuse pharmacie a été créé.

Je dois réceptionner les médicaments, recruter les équipes et les former, mettre en place les procédures et les outils de gestion des stocks

CE QUE JE FAIS ?

Lorsque je participe à l’ouverture d’un programme, comme ça a été le cas au Nigeria ou au Yémen, je dois réceptionner les médicaments, recruter les équipes et les former, mettre en place les procédures et les outils de gestion des stocks pour les centres de santé que nous soutenons ou pour nos propres cliniques mobiles. Ces dernières années je suis souvent partie en support pour des formations et je peux aussi être amenée à effectuer un remplacement ponctuel.

Récemment, j’ai participé à une mission exploratoire en Éthiopie, dans le Tigré, pour identifier nos possibilités d’approvisionnement dans un contexte très tendu.

CE QUE JE RESSENS

Nous devons toujours tenir compte de la législation du pays où nous intervenons. Doit-on travailler avec des pharmaciens diplômés pour gérer nos stocks ?

A-t-on l’autorisation en tant que Médecins du Monde d’importer et de stocker des médicaments, de les délivrer directement aux bénéficiaires ?

Cela peut devenir très compliqué. Et souvent les conditions idéales de stockage, en termes d’espace ou de climatisation, n’existent pas. On s’en sort en isolant des locaux privés, en alimentant en énergie.

Rien n’est jamais impossible, on trouve toujours des solutions pour faire au mieux.