Lutte contre le cancer du col de l'utérus

© Sophie Garcia

Le CCU, 4e cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde

Le 17 novembre 2020, 194 pays ont adopté la Stratégie mondiale de l’OMS en vue d’accélérer l’élimination du cancer du col de l’utérus en tant que problème de santé publique. Cette stratégie vise à réduire de plus de 40% le nombre de nouveaux cas de la maladie et de 5 millions les décès qui y sont liés d’ici 2050. 3 étapes clés sont visées : la vaccination, le dépistage et le traitement.

Le cancer du col de l’utérus (CCU) est provoqué par un virus, le papillomavirus humain (HPV), transmis lors de rapports sexuels. Presque toutes les femmes et les hommes sont un jour exposé.es au HPV, mais la plupart de ces infections disparaissent d’elles-mêmes, sans traitement. Chez certaines femmes cependant, l’infection peut se transformer en lésions précancéreuses pouvant évoluer en cancer, sauf si elles sont dépistées et traitées à temps(1).

L’OMS estime que si rien n’est fait, le nombre annuel de nouveaux cas de CCU devrait passer de 570 000 à 700 000 entre 2018 et 2030, et le nombre annuel de décès augmenter de 311 000 à 400 000.Les chiffres sont significatifs et nous sommes tout.e.s concerné.e.s : le CCU est la conséquence rare (à l’échelle individuelle), d’une infection fréquente.

Le CCU est une maladie évitable. Les lésions précancéreuses peuvent être détectées et traitées avant de devenir cancéreuses. Pour cette maladie, il est possible d’aller plus loin qu’allonger l’espérance de vie des patientes : il est possible d’éradiquer ce cancer. Chaque décès est donc inacceptable. Cette situation est le résultat d’un manque de volonté politique. On peut considérer le CCU comme un cancer négligé, et Médecins du Monde l’identifie comme un point de rupture dans le continuum de soins en DSSR, et un angle mort de nombreux gouvernements et acteur.rices de la solidarité internationale.

 

(1) Sur une population de 100 femmes, on estime que 20% auront une infection HPV, 8 à 15% des lésions précancéreuses, et 1% un cancer avéré.

 

© Sophie Garcia