Médecins du Monde intervient depuis plus de 10 ans à Kinshasa, en RDC, sur des programmes en Santé Sexuelle et Reproductive (SSR) et de protection de l'enfance. © Luc Valigny

République démocratique du Congo

Urgence
19,6

millions de personnes ont besoin d'assistance humanitaire en RDC

5,3

millions de déplacésinfo-icon internes

525 552

réfugiés  

La situation en RDC : urgence humanitaire et droits humains bafoués

En 2020, le contexte politique de la RDCinfo-icon a été marqué par des tensions au sein de la coalition gouvernementale, menant à une reconfiguration politique, ayant des conséquences sur la gouvernance au niveau national. En parallèle, la République Démocratique du Congo (RDCinfo-icon) continue de s’enfoncer dans la crise du fait de l’insécurité et de groupes et de milices armés. Elle subit également une crise économique et sociale exacerbée par la pandémie de COVID-19 (inflation nationale de 20 % en 2020).

Une forte dégradation sécuritaire a été observée

Une forte dégradation sécuritaire a été observée dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Maniema et du Tanganyika du pays, où le nombre de civils tués et le nombre de violations des droits humains ont fortement augmenté en 2020 par rapport à 2019. Dans les provinces des Kasaïs, la situation semble s’être stabilisée, néanmoins elle reste volatile du fait de la présence de milices communautaires.

La nécessité d’une aide humanitaire en République Démocratique du Congo s’inscrit dans une urgence de rétablir les droits humains fondamentaux, actuellement mis à mal dans le pays.

 

 

L’aide humanitaire soulage la malnutrition en RDCinfo-icon

L’insécurité ainsi que le contexte de crise économique et sociale ont renforcé les besoins en assistance humanitaire : à la fin 2020, 21.8 millions de personnes sont en état de crise alimentaire et 4.4 millions de personnes sont atteints de malnutrition aigüe. Les besoins en matière de protection sont également extrêmement alarmants avec 41 477 cas de violations des droits de l’homme, en grand majorité sur les retournés et déplacésinfo-icon.

La province du Tanganyika, au sud-est de la RDCinfo-icon, connait depuis 2016 une résurgence de violences intercommunautaires et la situation humanitaire y est préoccupante avec des mouvements de populations continus. En 2020, l’Organisation Internationale des Migrations (OIM) y a enregistré plus de 469 000 déplacés internes et 283 000 retournés.

 

LES MISSIONS HUMANITAIRES PORTENT SUR LA PRÉVENTION

À Kinshasa, capitale de la RDCinfo-icon, seulement 20,9 % de toutes les femmes utilisent des méthodes contraceptives modernes et 3 grossesses sur 5 ne sont pas désirées, avec une grande majorité qui se terminent en avortements non sécurisés.

Le pays qui demande le plus de financement pour répondre aux besoins humanitaires

La mobilisation de ressources demeure critique : seulement 46 % des financements requis ont pu être mobilisés pour le Plan de réponse humanitaire en 2019. Après la Syrie et le Yémen, la RDCinfo-icon est le pays qui demande le plus de financement pour répondre aux besoins humanitaires.

L'action humanitaire de Médecins du Monde en République Démocratique du Congo

Notre mission humanitaire au Congo s’est déroulée sur plusieurs axes, mettant en exergue des problématiques de santé principalement vers les populations les plus fragiles.

 

Un programme d'urgence humanitaire dans la province du Tanganyika

Depuis juin 2019, Médecins du Monde mène un projet humanitaire dans la province du Tanganyika, et plus particulièrement dans le territoire de Kalemie, au sud-est du pays.

Dans un contexte sanitaire dégradé, ce projet va prévenir une hausse de la mortalité et de la morbidité en donnant accès à des soins de santé gratuits de qualité à la population affectée par les conflits intercommunautaires, et aux déplacés dans 8 aires de santé de la zone de Nyemba. Le programme humanitaire s’inscrit dans la lutte contre les épidémies et les crises, du fait du potentiel épidémique et de la volatilité de la situation.

 

La mission humanitaire RDCinfo-icon se déploie sur tout le suivi de santé

Dans 9 centres de santé, Médecins du Monde déploie le paquet minimum d'activités de santé incluant des consultations curatives, dont la prise en charge de patients atteints par le paludisme, la prise en charge de la malnutrition aiguë sévère et des soins de santé sexuelle et reproductive. En parallèle, les équipes appuient un Centre de Santé de Référence (CSR) pour le référencement des cas pédiatriques et des complications obstétricales.

Dans le cadre de cette aide médicale en RDCinfo-icon, Médecins du Monde emploie directement des personnels de santé (infirmiers, sages-femmes, médecins) dans les centres de santé et les CSR pour garantir la qualité des soins, via une présence formative permanente.

Médecins du Monde emploie directement des personnels de santé (infirmiers, sages-femmes, médecins) dans les centres de santé et CSR appuyés pour garantir la qualité des soins via une présence formative permanente.

Kinshasa
Kinshasa

En 2020

dans le cadre de notre aide médicale au Congo et grâce à la force de nos alliés et à nos convictions, nous avons  :

  • effectué 120 190 consultations curatives
  • réalisé 22 514 consultations pré et post natales
  • pris en charge 137 survivants de violences liées au genre
  • dépisté 33 488 enfants de 6 à 59 mois pour malnutrition et pris en charge 3166 cas 
  • réalisé 3 388 accouchements

 

 

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Juguler l’épidémie de Covid-19 à Kinshasa

 

Kinshasa étant l’épicentre de l’épidémie (environ 80 % des cas), nos équipes ont mis en place des activités de réponse dans les centres de santé dès le début de l’épidémie, notamment :

  • Renforcement en matériels, équipements de protection individuelle et intrants pour prévenir et contrôler les infections ;
  • Sensibilisation au niveau communautaire et via les radios locales ;
  • Développement d’outils de communication sur l’épidémie de COVID-19 au Congo.

 

Après plusieurs semaines d’épidémie en RDCinfo-icon, on constate que la tranche d’âge la plus affectée est celle des 26-55 ans, néanmoins, la tranche d’âge des plus de 50 ans représentent 75 % des décès. Les études révèlent que les personnes les plus à risques sont les personnes âgées de plus de 50 ans, et ceux atteints de facteurs de comorbidité tels que le diabète et l’hypertension artérielle. Conformément à la stratégie de riposte nationale, Médecins du Monde a lancé en novembre 2020 un projet pilote de cinq mois de dépistage précoce et actif des personnes vulnérables dans deux centres de la zone de santé de Selembao (précédemment appuyés par MdM).

Kinshasa
Kinshasa

En 2020

Nous avons :

  • sensibilisé 36 677 personnes à la Covid-19 et aux gestes barrières
  • identifié et sensibilisé 5 702 personnes vulnérables (plus de 50 ans et/ou atteints de diabète et /ou d’hypertension artérielle)
  • pris en charge 1 070 personnes atteints de diabète ou d’hypertension artérielle

 

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Les femmes et les enfants au cœur de notre action humanitaire en république démocratique du Congo

En tant que populations plus exposées à des risques liés à une non-sensibilisation concernant la sexualité, les jeunes et les femmes sont au centre de notre plan d’aide médicale en RDCinfo-icon.

 

Notre programme de santé pour les jeunes et les adolescents de Kinshasa

MdM intervient depuis plus de 10 ans à Kinshasa sur des programmes en Santé Sexuelle et Reproductive (SSRinfo-icon) et de protection de l'enfance. Au niveau opérationnel, deux nouvelles stratégies ont été consolidées à Kinshasa en 2020 : la stratégie des Droits à la Santé Sexuelle et Reproductive (accès à un avortement sécurisé, plaidoyer), et l’intervention avancée au niveau communautaire et dans les écoles. Tout ce travail est réalisé avec l’ONGinfo-icon locale Afia Mama, très active autant au niveau communautaire qu’au niveau plaidoyer (activisme des droits humains) au sein de la Coalition contre les grossesses non désirées notamment.

 

Parmi nos actions humanitaires en RDCinfo-icon : la prévention dans les écoles

Le programme prévoit le renforcement de l’offre de services de santé basée sur une approche adaptée aux jeunes, la mobilisation communautaire et enfin le plaidoyer, pour un accès légal aux services de planification familiale et une application effective du Protocole de Maputo. Il s’agit d’un accord international qui garantit les droits des femmes, y compris le droit de participer au processus politique, l'égalité sociale et politique avec les hommes, une autonomie améliorée dans leurs décisions en matière de santé et la fin des mutilations génitales féminines.

Cette approche est innovante par sa stratégie avancée dans les écoles pour rapprocher les services SSR adaptés aux jeunes et aux adolescents dans le milieu scolaire, et par sa stratégie de réduction de risques liés aux avortements clandestins. Le but ? Réduire la mortalité maternelle liée aux avortements non-sécurisés.

Nos avancées sont majeures sur le terrain et reflètent l'efficacité de notre mission humanitaire en RDCinfo-icon.

Kinshasa
Kinshasa

En 2020

Nous avons :

  • formé 80 prestataires de soins sur les DSSRinfo-icon
  • sensibilisé 109 416 personnes sur les DSSRinfo-icon
  • atteint 3 733 nouveaux utilisateurs de moyens modernes de contraception
  • pris en charge 75 survivantes de violences sexuelles

 

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  • © Luc Valigny

    Tina

    Tina n’a que 12 ans quand elle tombe enceinte pour la première fois. Trop jeune pour comprendre ce qui se passe dans son corps, elle ne réalise ce qui lui arrive qu’au bout du sixième mois. Ses parents hésitent à interrompre cette grossesse précoce et non désirée : ils ont trop peur que Tina ne perde la vie. Ils préfèrent demander au père de l’enfant d’assumer ses responsabilités. Contrainte et forcée par cette grossesse inattendue, Tina se retrouve obligée de poursuivre sa relation avec cet homme. Deux autres enfants suivront rapidement, mais la vie du couple se dégrade à tel point que Tina doit demander au père de ses enfants de partir. Elle a trouvé depuis un nouveau copain, et souhaite désormais prendre le temps avant de faire un nouvel enfant et décider librement du moment opportun. Sur les conseils d’une amie, elle s’est fait poser un implant qui la protège pour 5 ans, mais c’est un secret : elle n’ose pas en parler à son nouvel ami, de crainte de sa réaction s’il l’apprenait.

    Tina
  • © Luc Valigny

    Omba

    L’aîné a 12 ans, le dernier 2 mois. Les autres 10, 8 et 4 ans. Leur mère, Omba, n’a que 28 ans et 6 enfants déjà. Pourtant, elle n’en voulait que deux, mais les grossesses se sont suivies les unes après les autres. Pour cette femme qui n’a pas accès aux informations sur la planification familiale, c’est à chaque fois une malédiction. Même ses voisines se moquent d’elles de la voir tomber enceinte si souvent : elles lui proposent de l’aide pour avorter, mais Omba a trop peur de mourir. Aujourd’hui, Omba et son mari sont tous les deux au chômage : ils vivent dans l’angoisse de ne pouvoir nourrir correctement leurs enfants et seul le petit de 4 ans est scolarisé, faute de moyens. Omba est allée dans un centre de santé où on lui a parlé d’une méthode d’implant qui la mettrait à l’abri d’une nouvelle grossesse durant 5 ans. Mais pour cela, il faudrait de l’argent. Omba n’en a pas : elle n’a que des enfants. 

    Omba
  • © Luc Valigny

    Audrey

    Après une première grossesse non désirée à l’âge de 21 ans, Audrey enchaîne trois autres grossesses, chacune à un an d’intervalle. Le médecin l’a pourtant prévenue des risques que cela représente pour sa santé comme pour celle de ses enfants, mais Audrey n’est pas suffisamment informée sur les méthodes de contraception et n’a pas les moyens de faire autrement. Elle décide alors de s’intéresser à la planification familiale, et d’en parler à son mari Sustan. D’un commun accord, ils optent pour le préservatif afin de contrôler les naissances à venir : neuf ans passeront ainsi avant l’arrivée de leur dernier enfant suite à une grossesse désirée et planifiée. À 36 ans, Audrey est mère de 5 enfants, âgés respectivement de 15 ans, 11 ans, 10 ans, 9 ans et 9 mois. Elle en est désormais convaincue : la planification des naissances est une affaire de couple, et c’est à deux que doit se prendre la décision de faire ou non des enfants. Un avis heureusement partagé par son mari.

    Audrey
  • © Luc Valigny

    Irène

    Irène a un ami depuis peu de temps, et l’annonce de sa grossesse est un choc. Ils n’ont eu que quatre rapports sexuels, et elle ne pensait pas tomber enceinte si rapidement : ni ses parents, ni l’école ne lui ont expliqué pourquoi et comment se protéger. Pour cette brillante élève de 19 ans, en dernière année d’étude, une grossesse signifie l’arrêt de sa scolarité. De cette grossesse non désirée, elle n’ose même pas parler à son copain, qui l’a déjà menacée plusieurs fois de la quitter si elle tombait enceinte. Elle essaye d’abord d’avorter par tous les moyens, mais cela demande de l’argent qu’elle n’a pas. Quand elle se résout enfin à dire la vérité, son copain la quitte, la laissant seule face à cette grossesse pour laquelle elle ne se sent pas prête… À la naissance de Moïse, son ami décide finalement de revenir et d’assumer son rôle de père. Mais Irène, a été profondément marquée par cette grossesse qu'elle ne désirait pas.. Elle impose désormais l’usage du préservatif à son ami : la prochaine fois qu’elle sera enceinte, c’est qu’elle l’aura décidé. En toute liberté.

    Irène
  • © Luc Valigny

    Nadège

    Orpheline très jeune, Nadège a été élevée par sa tante qui n’avait pas les moyens de l’envoyer à l’école. Après une adolescence marquée par la pauvreté, elle n’a que 20 ans lorsqu’elle se retrouve enceinte de son premier enfant. Pour Nadège, cette grossesse sonne comme « la fin du monde ». Elle ne s’y attendait pas et ne désire pas cet enfant. Elle cherche alors à se faire avorter à tout prix : moyennant finance, un infirmier accepte de l’aider. Mais le jour de l’intervention, ce dernier lui explique qu’il a fait un mauvais rêve durant la nuit, dans lequel il a vu Nadège mourir. Il refuse de pratiquer l’intervention et lui rend son argent. Depuis, Nadège a eu deux autres enfants, dont le dernier n’a qu’un an : deux grossesses non désirées de plus… Bien sûr, elle a entendu parler des moyens de contraception, et notamment de l’implant qui dure 5 ans et coûte environ 20 dollars. Nadège espère un jour pouvoir réunir une telle somme. En attendant, elle utilise des préservatifs.

    Nadège
  • © Luc Valigny

    Merlyne

    « Si tu oses avorter, tu vas mourir! » Voilà ce que lui a répondu l’infirmier qu’a consulté Merlyne lorsqu’elle a appris qu’elle était enceinte. Elle ne désirait pas cet enfant, son fiancé non plus : Merlyne ne pensait pas pouvoir tomber enceinte, et n’utilisait aucun contraceptif, faute d’information sur les différentes méthodes disponibles. Quand son fiancé a compris qu’elle n’avorterait pas, il n’a pas assumé et s’est enfui : le jour où Merlyne a accouché, cela faisait déjà plusieurs mois qu’il n’avait plus donné signe de vie.
    Merlyne a aujourd’hui 20 ans, et même si elle est heureuse d’avoir une petite fille de 4 mois, Grady, elle aurait préféré attendre de pouvoir subvenir seule à ses besoins. Elle et sa fille sont une charge supplémentaire pour ses parents. Merlyne ne veut pas entendre parler d’une nouvelle grossesse, mais ne prend aucune méthode contraceptive pour l’éviter. Elle est pourtant bien décidée à prendre le temps de voir son premier enfant grandir, et à accomplir son rêve : ouvrir un salon de coiffure et acquérir son autonomie.

    Merlyne

La santé environnementale à Kinshasa

Insuffler l'une de nos valeurs essentielles

La santé environnementale est un des cinq axes prioritaires d’intervention de Médecins du Monde. A la suite d’une mission exploratoire à la fin 2019, MdM a identifié plusieurs problématiques liées aux lieux de vie en milieu urbain. La stratégie d’intervention s’articule sur l’impact néfaste de l’usage de pesticides par les maraîchers de Kinshasa. Cet usage est extrêmement répandu parmi les maraîchers, et a un impact sur la santé des producteurs et sur celle des consommateurs. 

Des évaluations ont été conduites par MdM au mois d’octobre 2020 auprès de différents sites de Kinshasa afin d’évaluer l’état de santé des maraîchers et des maraîchères — notamment pour une potentielle synergie avec le programme en santé sexuelle et reproductive en cours à Kinshasa, le premier du genre pour MdM sur le continent africain.

 

Ils nous soutiennent

Historique
1994
Programmes d’urgence dans les provinces du Kasaï, du Sud et du Nord-Kivu puis de Province Orientale. Fermeture en 1998.
1999
Ouverture d’un programme destiné aux enfants des rues à Kinshasa.
2002
Ouverture, dans la région du lac Tanganyika, d’un programme d’accès aux soins et de prise en charge du choléra. Fermeture en 2011.
2003
Ouverture d’un programme de lutte contre le sida à Goma, dans la province du Nord-Kivu. Fermeture en 2015.
2008
Ouverture d’un programme de santé mentale liée aux violences liées au genre au Nord-Kivu. Fermeture en 2013.
2014
Ouverture d’un programme de santé sexuelle et reproductive spécifique pour les adolescents de Kinshasa.
2016
Ouverture d’un programme de renforcement de la prévention, du dépistage et de la prise en charge du VIH chez les jeunes
2018
Fin du projet de prévention, de dépistage et de prise en charge VIH chez les jeunes.
2019
Démarrage de la 2e phase du programme SSR pour les adolescents de Kinshasa en mai.
2019
Ouverture du projet de renforcement du système de santé pour les victimes du conflit dans la province du Tanganyika, avec MdM Belgique.

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