République démocratique du Congo

République démocratique du Congo

Urgence
15,6

millions de personnes ont besoin d'assistance humanitaire en RDC

5

millions de déplacésinfo-icon internes

300 000

cas en registrés de rougeole (6000 décès)

La situation en RDC

Malgré un contexte politique relativement stable suite aux élections présidentielles de 2018, la République démocratique du Congo (RDCinfo-icon) continue de s’enfoncer de plus en plus dans la crise, autant au niveau social qu’économique, et ce malgré les nombreuses richesses naturelles du pays et son fort potentiel démographique.

 

En 2019, l’est de la RDCinfo-icon (notamment le Nord Kivu) est toujours fortement instable. Cette situation qui dure depuis plus de 20 ans s’est détériorée avec des crises nouvelles qui ont vu le jour ou qui se sont aggravées sur toute l’étendue du pays. Les acteurs humanitaires peinent à répondre à l’ampleur des besoins dans le Kasaï, l’Ituri, le Tanganyika, le Sud Kivu ou encore le Kongo central.

 

La province du Tanganyika, au sud-est de la RDCinfo-icon, connait depuis 2016 une résurgence de violences intercommunautaires et la situation humanitaire y est préoccupante avec des mouvements de populations continus. En 2019, OCHA (le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, département du Secrétariat des Nations unies) y a enregistré plus de 430 000 déplacésinfo-icon internes et 615 000 retournés.

1 million de personnes ont besoin d’assistance humanitaire dans la province du Tanganyika

À Kinshasa, capitale de la RDCinfo-icon, seulement 20,9 % de toutes les femmes utilisent des méthodes contraceptives modernes et 3 grossesses sur 5 ne sont pas désirées, avec une grande majorité qui se terminent en avortements non sécurisés.

La mobilisation de ressources demeure critique : seulement 46 % des financements requis ont pu être mobilisés pour le Plan de réponse humanitaire en 2019. Après la Syrie et le Yémen, la RDCinfo-icon est le pays qui demande le plus de financement pour répondre aux besoins humanitaires.

L'action humanitaire de Médecins du Monde en République Démocratique du Congo

CRISES & URGENCES

Programme d'urgence dans la province du Tanganyika

En juin 2019, Médecins du Monde France et Médecins du Monde Belgique ont démarré un projet dans la province du Tanganyika et plus particulièrement dans le territoire de Kalemie, au sud-est du pays.

Dans un contexte sanitaire dégradé, ce projet vise à prévenir une hausse de la mortalité et de la morbidité en donnant accès à des soins de santé gratuits de qualité à la population affectée par les conflits intercommunautaires et les déplacésinfo-icon dans 4 aires de santé de la zone de santé de Nyemba ou environ 167 000 personnes vivent.

Dans six centres de santé, Médecins du Monde déploie le paquet minimum d'activités de santé incluant des consultations curatives dont la prise en charge de patients atteints par le paludisme, la prise en charge de la malnutrition aiguë sévère et des soins de santé sexuelle et reproductive. En parallèle, les équipes appuient un Centre de Santé de Référence (CSR) pour le référencement des cas pédiatriques et des complications obstétricales.

 

 

MdM emploie directement des personnels de santé (infirmiers, sages-femmes, médecins) dans les centres de santé et CSR appuyés pour garantir la qualité des soins via une présence formative permanente.

Kinshasa
Kinshasa

En 2019

Nous avons  :

  • effectué 42 195 consultations curatives
  • réalisé 7 409 consultations pré et post natales
  • pris en charge 18 survivants de violences liées au genre
  • dépisté 12 791 enfants de 6 à 59 mois pour malnutrition dont 651 pris en charge
  • réalisé 1 150 accouchements

 

 

Réponse à l'épidémie de rougeole dans la province de Kinshasa

 

Le 10 juin 2019, le Ministère de la Santé congolais a déclaré l’épidémie de rougeole dans le pays. Entre le 1er janvier et le 17 novembre 2019, 261 376 cas ont été enregistrés ainsi que 5 291 cas de décès soit un taux de létalité de 2 %.

C’est dans ce contexte que Médecins du Monde a été sollicité par les autorités et a décidé d’intervenir dans la zone de santé de Kisenso, un quartier de Kinshasa, dans le cadre d’une campagne de riposte en vaccinant les enfants contre la rougeole.

Kinshasa
Kinshasa

En 2019

Nous avons effectué :

  • 91 438 vaccinations d’enfants de 6 à 59 mois

 

 

FEMMES & ENFANTS

Programme de santé sexuelle et reproductive pour les jeunes et adolescents de Kinshasa

MdM intervient depuis plus de 10 ans à Kinshasa sur des programmes en Santé Sexuelle et Reproductive (SSRinfo-icon) et de protection de l'enfance. Au niveau opérationnel, deux nouvelles stratégies ont été consolidées à Kinshasa en 2019 : la stratégie des Droits à la Santé Sexuelle et Reproductive (accès à un avortement sécurisé, plaidoyer), et l’intervention avancée au niveau communautaire et dans les écoles. Tout ce travail est réalisé avec l’ONGinfo-icon locale Afia Mama, très active autant au niveau communautaire qu’au niveau plaidoyer (activisme des droits humains) au sein de la Coalition contre les grossesses non désirées notamment.

 

Faire de la prévention sanitaire et sexuelle dans les écoles congolaises

 

Le programme prévoit le renforcement de l’offre de services de santé basée sur une ap­proche adaptée aux jeunes, la mobilisation communautaire et enfin le plaidoyer, pour un accès légal aux services de planification familiale pour les jeunes et adolescents et une application effective du Protocole de Maputo (accord international qui garantit des droits des femmes, y compris le droit de participer au processus politique, l'égalité sociale et politique avec les hommes, une autonomie améliorée dans leurs décisions en matière de santé et la fin des mutilations génitales féminines.).

Cette approche est innovante par sa stratégie avancée dans les écoles pour rapprocher les services SSRinfo-icon adaptés aux jeunes et adolescents dans le milieu scolaire et par sa stratégie de réduction de risques liées aux avortements clandestins afin de réduire la morbi-mortalité maternelle liée aux avortements non-sécurisés.

 

Kinshasa
Kinshasa

En 2019

Nous avons :

  • informé 6 830 personnes sur la SSRinfo-icon
  • sensibilisé 1 340 autorités administratives et sanitaires
  • sensibilisé 132 447 personnes en SRR
  • référé 16 374 personnes de la communauté vers le centre de santé       
  • pris en charge 146 survivants de violences liées au genre

 

  • © Luc Valigny

    Tina

    Tina n’a que 12 ans quand elle tombe enceinte pour la première fois. Trop jeune pour comprendre ce qui se passe dans son corps, elle ne réalise ce qui lui arrive qu’au bout du sixième mois. Ses parents hésitent à interrompre cette grossesse précoce et non désirée : ils ont trop peur que Tina ne perde la vie. Ils préfèrent demander au père de l’enfant d’assumer ses responsabilités. Contrainte et forcée par cette grossesse inattendue, Tina se retrouve obligée de poursuivre sa relation avec cet homme. Deux autres enfants suivront rapidement, mais la vie du couple se dégrade à tel point que Tina doit demander au père de ses enfants de partir. Elle a trouvé depuis un nouveau copain, et souhaite désormais prendre le temps avant de faire un nouvel enfant et décider librement du moment opportun. Sur les conseils d’une amie, elle s’est fait poser un implant qui la protège pour 5 ans, mais c’est un secret : elle n’ose pas en parler à son nouvel ami, de crainte de sa réaction s’il l’apprenait.

    Tina
  • © Luc Valigny

    Omba

    L’aîné a 12 ans, le dernier 2 mois. Les autres 10, 8 et 4 ans. Leur mère, Omba, n’a que 28 ans et 6 enfants déjà. Pourtant, elle n’en voulait que deux, mais les grossesses se sont suivies les unes après les autres. Pour cette femme qui n’a pas accès aux informations sur la planification familiale, c’est à chaque fois une malédiction. Même ses voisines se moquent d’elles de la voir tomber enceinte si souvent : elles lui proposent de l’aide pour avorter, mais Omba a trop peur de mourir. Aujourd’hui, Omba et son mari sont tous les deux au chômage : ils vivent dans l’angoisse de ne pouvoir nourrir correctement leurs enfants et seul le petit de 4 ans est scolarisé, faute de moyens. Omba est allée dans un centre de santé où on lui a parlé d’une méthode d’implant qui la mettrait à l’abri d’une nouvelle grossesse durant 5 ans. Mais pour cela, il faudrait de l’argent. Omba n’en a pas : elle n’a que des enfants. 

    Omba
  • © Luc Valigny

    Audrey

    Après une première grossesse non désirée à l’âge de 21 ans, Audrey enchaîne trois autres grossesses, chacune à un an d’intervalle. Le médecin l’a pourtant prévenue des risques que cela représente pour sa santé comme pour celle de ses enfants, mais Audrey n’est pas suffisamment informée sur les méthodes de contraception et n’a pas les moyens de faire autrement. Elle décide alors de s’intéresser à la planification familiale, et d’en parler à son mari Sustan. D’un commun accord, ils optent pour le préservatif afin de contrôler les naissances à venir : neuf ans passeront ainsi avant l’arrivée de leur dernier enfant suite à une grossesse désirée et planifiée. À 36 ans, Audrey est mère de 5 enfants, âgés respectivement de 15 ans, 11 ans, 10 ans, 9 ans et 9 mois. Elle en est désormais convaincue : la planification des naissances est une affaire de couple, et c’est à deux que doit se prendre la décision de faire ou non des enfants. Un avis heureusement partagé par son mari.

    Audrey
  • © Luc Valigny

    Irène

    Irène a un ami depuis peu de temps, et l’annonce de sa grossesse est un choc. Ils n’ont eu que quatre rapports sexuels, et elle ne pensait pas tomber enceinte si rapidement : ni ses parents, ni l’école ne lui ont expliqué pourquoi et comment se protéger. Pour cette brillante élève de 19 ans, en dernière année d’étude, une grossesse signifie l’arrêt de sa scolarité. De cette grossesse non désirée, elle n’ose même pas parler à son copain, qui l’a déjà menacée plusieurs fois de la quitter si elle tombait enceinte. Elle essaye d’abord d’avorter par tous les moyens, mais cela demande de l’argent qu’elle n’a pas. Quand elle se résout enfin à dire la vérité, son copain la quitte, la laissant seule face à cette grossesse pour laquelle elle ne se sent pas prête… À la naissance de Moïse, son ami décide finalement de revenir et d’assumer son rôle de père. Mais Irène, a été profondément marquée par cette grossesse qu'elle ne désirait pas.. Elle impose désormais l’usage du préservatif à son ami : la prochaine fois qu’elle sera enceinte, c’est qu’elle l’aura décidé. En toute liberté.

    Irène
  • © Luc Valigny

    Nadège

    Orpheline très jeune, Nadège a été élevée par sa tante qui n’avait pas les moyens de l’envoyer à l’école. Après une adolescence marquée par la pauvreté, elle n’a que 20 ans lorsqu’elle se retrouve enceinte de son premier enfant. Pour Nadège, cette grossesse sonne comme « la fin du monde ». Elle ne s’y attendait pas et ne désire pas cet enfant. Elle cherche alors à se faire avorter à tout prix : moyennant finance, un infirmier accepte de l’aider. Mais le jour de l’intervention, ce dernier lui explique qu’il a fait un mauvais rêve durant la nuit, dans lequel il a vu Nadège mourir. Il refuse de pratiquer l’intervention et lui rend son argent. Depuis, Nadège a eu deux autres enfants, dont le dernier n’a qu’un an : deux grossesses non désirées de plus… Bien sûr, elle a entendu parler des moyens de contraception, et notamment de l’implant qui dure 5 ans et coûte environ 20 dollars. Nadège espère un jour pouvoir réunir une telle somme. En attendant, elle utilise des préservatifs.

    Nadège
  • © Luc Valigny

    Merlyne

    « Si tu oses avorter, tu vas mourir! » Voilà ce que lui a répondu l’infirmier qu’a consulté Merlyne lorsqu’elle a appris qu’elle était enceinte. Elle ne désirait pas cet enfant, son fiancé non plus : Merlyne ne pensait pas pouvoir tomber enceinte, et n’utilisait aucun contraceptif, faute d’information sur les différentes méthodes disponibles. Quand son fiancé a compris qu’elle n’avorterait pas, il n’a pas assumé et s’est enfui : le jour où Merlyne a accouché, cela faisait déjà plusieurs mois qu’il n’avait plus donné signe de vie.
    Merlyne a aujourd’hui 20 ans, et même si elle est heureuse d’avoir une petite fille de 4 mois, Grady, elle aurait préféré attendre de pouvoir subvenir seule à ses besoins. Elle et sa fille sont une charge supplémentaire pour ses parents. Merlyne ne veut pas entendre parler d’une nouvelle grossesse, mais ne prend aucune méthode contraceptive pour l’éviter. Elle est pourtant bien décidée à prendre le temps de voir son premier enfant grandir, et à accomplir son rêve : ouvrir un salon de coiffure et acquérir son autonomie.

    Merlyne

Santé environnementale à Kinshasa

 

La santé environnementale est un des cinq axes prioritaires d’intervention pour Médecins du Monde. La priorité tourne autour des problématiques suivantes : les lieux de vie, les lieux et les conditions de travail, et les pesticides.

C’est dans ce contexte qu’une réflexion autour d’une intervention en Santé Environnement a été lancée au cours de l’année 2018 à Kinshasa. Elle s’est concrétisée grâce à une mission exploratoire menée fin 2019.

 

 

Ils nous soutiennent

10 000 000 € (2016-2020)
Fondation Packard Médecins du Monde
Historique
1994
Programmes d’urgence dans les provinces du Kasaï, du Sud et du Nord-Kivu puis de Province Orientale. Fermeture en 1998.
1999
Ouverture d’un programme destiné aux enfants des rues à Kinshasa.
2002
Ouverture, dans la région du lac Tanganyika, d’un programme d’accès aux soins et de prise en charge du choléra. Fermeture en 2011.
2003
Ouverture d’un programme de lutte contre le sida à Goma, dans la province du Nord-Kivu. Fermeture en 2015.
2008
Ouverture d’un programme de santé mentale liée aux violences liées au genre au Nord-Kivu. Fermeture en 2013.
2014
Ouverture d’un programme de santé sexuelle et reproductive spécifique pour les adolescents de Kinshasa.
2016
Ouverture d’un programme de renforcement de la prévention, du dépistage et de la prise en charge du VIH chez les jeunes
2018
Fin du projet de prévention, de dépistage et de prise en charge VIH chez les jeunes.
2019
Démarrage de la 2e phase du programme SSR pour les adolescents de Kinshasa en mai.
2019
Ouverture du projet de renforcement du système de santé pour les victimes du conflit dans la province du Tanganyika, avec MdM Belgique.

Votre soutien

S'informer

Je m'inscris à la newsletter.

Nous rejoindre
Chargé de projet urgence Covid-19 (H/F)
 
Global loader